Guinée : pourquoi le Gouvernement vise le zéro plastique à usage unique ?
CONAKRY- Depuis le 21 septembre 2026, la fabrication, l’importation, la vente et l’utilisation des objets plastiques jetables du quotidien sont interdits en Guinée. Sont explicitement visés les sacs de caisse, les sachets d’eau et de boisson, les pailles, les assiettes, gobelets et barquettes en polystyrène expansé, ainsi que les films de protection distribués par les pressings. Pourquoi cette décision des autorités ?
La prolifération des déchets plastiques constitue un obstacle au drainage des eaux pluviales en Guinée. Chaque année, la saison des pluies provoque des inondations meurtrières et dévastatrices à Conakry et dans plusieurs villes de l’intérieur. Le bouchage des canaux d’évacuation par les emballages jetables figure parmi les causes principales de ces crues urbaines.
La transition vers une gestion durable des plastiques exige toutefois des investissements continus dans les infrastructures de traitement. L’application rigoureuse des réglementations environnementales demeure la condition essentielle pour limiter les risques d’inondation et protéger les écosystèmes guinéens.
Pour l’environnementaliste Mouctar Diallo, les conséquences de la pollution des plastiques sur l’environnement sont nombreuses. « Les sachets abandonnés se fragmentent en petites particules. Celles-ci peuvent perturber les organismes qui participent au fonctionnement des sols. Les pluies entraînent aussi les déchets vers les rivières et la mer, où des animaux peuvent les avaler ou s’y retrouver piégés. Dans un pays comme la Guinée, protéger ces milieux concerne directement l’agriculture, la pêche et les conditions de vie des communautés. »
La stratégie des autorités guinéennes repose sur la réduction des polluants à la source. Le plan national d’assainissement intègre désormais des mesures restrictives visant les plastiques à usage unique et leur valorisation. Des campagnes de curage d’urgence accompagnent ces directives pour fluidifier le ruissellement des eaux avant les fortes précipitations.
Le Gouvernement a mis en place un Comité National de Valorisation des Déchets Plastiques. Son objectif est d’encourager la collecte, le tri, le recyclage à l’échelle nationale, réduire la pollution due aux plastiques dans la rue, les espaces publics, les réseaux d’assainissement et les milieux naturels.

La mission centrale du Comité est d’arrêter le prix de rachat du kilogramme de déchets plastiques par catégorie de matière, ainsi que les modalités de sa révision en cours d’année.
En parallèle, le secteur du recyclage local connaît une expansion rapide. Des entreprises privées et des initiatives communautaires collectent les résidus synthétiques pour les transformer en pavés, en objets d’utilité publique ou en matière première industrielle. Cette valorisation économique des déchets réduit la quantité de détritus acheminés vers les décharges à ciel ouvert.

A Sonfonia, une unité de transformation convertit le plastique en granulés et le verre en matériaux de construction. Elle assure la pré-collecte, la collecte, le transfert et la transformation de plusieurs types de déchets, notamment les plastiques souples, les plastiques durs et le verre. Son promoteur Mamadou Boussouriou Diallo fait face à l’insuffisance de matériels industriels pour traiter efficacement de grandes quantités de plastique récupérées.
Dossier à suivre !
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Créé le 23 septembre 2026 08:51Nous vous proposons aussi
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