Lutte contre le VIH-SIDA en Guinée : Médecins Sans Frontières appelle à « bannir la stigmatisation » des personnes affectées…

CONAKRY- En prélude à la célébration de la 35ème journée mondiale de la lutte contre le VIH-SIDA, Médecins Sans Frontières a organisé un ‘’Café Presse’’, ce mardi 28 novembre 2023, à Conakry. Objectif, faire part de la situation de la lutte contre cette pandémie en Guinée aux professionnels des médias.


Au cours de cette rencontre qui a eu lieu au siège de l’Unité de Soins, Formation et Recherche (USFR) de Donka, Médecins Sans Frontières a mis un accent particulier sur les difficultés liées à la prise en charge du VIH-SIDA avancé à travers le pays, le manque de soutien aux Organisations de la Société Civile et le témoignage des PVVIH (Personnes Vivant avec le VIH).

Dans sa prise de parole lors ces échanges, le chef de mission MSF en Guinée a expliqué que Médecins Sans Frontières (MSF) a apporté un soutien important au ministère de la Santé dans la lutte contre le SIDA en Guinée. D’après David Therond, grâce à cet appui, des progrès considérables ont été réalisés dans le cadre de la lutte contre le VIH-SIDA, ces trois dernières années. A titre d’exemple, il a cité quelques chiffres :

« 29 816 charges virales, suivi du patient important ++ ; 3 617 diagnostics précoces du VIH chez les enfants nés de mères séropositives pour mieux combattre ; 12 activités de sensibilisation/dépistage organisées par année ; 36 émissions interactives en langues nationales suivies de témoignages à visages découverts par des personnes vivant avec le VIH/Sida ; Un réseau de collaboration avec 336 leaders d’opinion composés de leaders religieux de leaders communautaires, de leaders de jeunesse, de journalistes, d’artistes et de comédiens. Aussi MSF a apporté un appui au ministère de la Santé dans la mise en place de plusieurs documents nationaux de normes et procédures et des guides », a énuméré le chef de mission MSF en Guinée.

Selon lui, ces résultats sont le fruit d’un travail acharné de la part de MSF en collaboration avec le ministère de la Santé et d’autres partenaires. Ces résultats témoignent de la détermination de tous à lutter contre le sida en Guinée. Mais, ajoute-t-il, malgré ces progrès, des défis persistent notamment :

  • La faible mobilisation des ressources financières (seulement 64% des ressources financières nécessaires ont été mobilises) ;
  • La faible disponibilité des traitements chez les enfants ;
  • La faible disponibilité des tests de labo, surtout chez les enfants ; Le faible accès au statut VIH chez les enfants;
  • La faible rétention dans les soins VIH (notamment pédiatrie et PTME++) ;
  • La non-gratuité de certains examens labo dans les structures non appuyées par MSF ;
  • Le traitement des infections opportunistes dans les sites non appuyés par MSF ;
  • La forte stigmatisation.

« Ces défis sont importants et nécessitent une réponse concertée de toutes les parties prenantesLe gouvernement doit s’engager à mobiliser davantage de ressources pour lutter contre le sida. Les partenaires internationaux doivent également augmenter leur soutien financier et technique. La société civile doit jouer un rôle actif dans la sensibilisation et la lutte contre la stigmatisation. Et les personnes vivant avec le VIH doivent être au cœur de la prise en charge et de l’élaboration des politiques. La Journée mondiale de lutte contre le sida est l’occasion de réaffirmer notre engagement à lutter contre cette pandémie. MSF appelle chacun et chacune à se joindre aux 15 jours d’activisme tout au long du mois de décembre 2023. C’est ensemble que nous pourrons atteindre l’objectif « trois 95 » d’ici fin 2030 », a indiqué David Therond.

Pour sa part, le Coordonnateur national du programme national de la lutte contre le VIHSIDA et les Hépatites a fait savoir que la lutte contre le VIHSIDA se porte très bien en Guinée. Dr Mamadou Aliou Diallo assure que tous les moyens sont mis en place pour la prise en charge des personnes vivant avec le VIHSIDA grâce à l’appui de MSF.

« Médecins Sans Frontières (MSF) est un partenaire privilégié et important pour le programme national de la lutte contre le VIHSIDA et le ministère de la santé. Donc j’invite Médecins Sans Frontières (MSF) à renforcer le partenariat avec le ministère de la santé et particulièrement le programme national de la lutte contre le VIHSIDA et les Hépatites », a lancé Dr Mamadou Aliou Diallo avant de faire part des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la lutte contre cette pandémie en Guinée.

« On ne peut pas citer toutes les difficultés ici mais entre autres nous allons dire qu’on a des difficultés d’accès aux traitements. La plupart des malades du VIH SIDA sont pris en charges par MSF. En plus, nous avons des difficultés sur la couverture totale du pays en ARV (anti-rétro-viraux) », a ajouté le Coordonnateur national du programme national de la lutte contre le VIHSIDA et les Hépatites.

De son côté, le responsable des activités de renforcement de la société civile chez Médecins Sans Frontières (MSF) en Guinée a expliqué que cette année Médecins Sans Frontières va célébrer la communauté. Car, dit-il, le slogan mondial de cette année c’est ‘’laissez diriger la communauté’’.

 « Le combat contre le VIH SIDA ne peut pas se passer sans la communauté. Donc c’est pour cette raison qu’on a mis les associations des personnes infectées et affectées par le VIH SIDA en avant cette année. Ils sont aujourd’hui dans l’ensemble des structures de prise en charge du VIH SIDA qui accompagnent au quotidien les personnes vivant avec le VIH SIDA. Donc le 1er décembre, nous aurons une série de sensibilisation de la communauté à la Mairie de Matoto et au-delà, nous aurons 15 jours de sensibilisation dans la communauté ici à Conakry et dans la préfecture de Coyah », a aussi expliqué Sékou Tidiane Touré.

La Présidente du Réseau guinéen des associations des personnes infectées et affectées par le VIH SIDA (REGARD+) a quant à elle témoigné que l’appui de Médecins Sans Frontières à son égard est inestimable. Madame Kadiatou Bodjè indique que cette assistance se traduit non seulement par un appui psycho social, médical et même financier mais aussi avec des formations. Selon elle, pour mieux lutter contre cette pandémie en Guinée, tout un chacun doit combattre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH SIDA.

« Le taux de la stigmatisation et de la discrimination est très élevé chez nous. Par la méconnaissance de la maladie, les gens ne savent pas qu’on peut avoir le VIH et vivre avec. Donc, il faut faire tout pour inverser cette perception. Car c’est cette méconnaissance qui joue sur la personne infectée par le VIH SIDA psychologiquement et qui la plonge dans une détresse. Ce n’est pas le VIH qui tue mais c’est le plutôt le taux de stigmatisation », a expliqué Kadiatou Bodjè Diallo qui vit avec le VIH SIDA depuis maintenant plus de 20 ans.

« Ceux qui stigmatisent les personnes vivant avec le VIH SIDA sont en train d’accélérer la mort de ces personnes et ils sont en train de les encourager à propager la maladie. Une fois qu’une personne vivant le VIH SIDA se sent stigmatisée elle aura un esprit de vengeance. Donc soutenons, encourageons et protégeons les personnes qui vivent avec le VIH SIDA à être utiles », a lancé la Présidente du Réseau guinéen des associations des personnes infectées et affectées par le VIH SIDA (REGARD+).

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 28 novembre 2023 16:18

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