VIH et tuberculose à Dabompa : MSF transmet la prise en charge après sept ans d’appui

CONAKRY- Ce vendredi 23 janvier 2026, le Centre de Santé de Dabompa a officiellement été remis aux autorités sanitaires guinéennes par MSF-Belgique après sept ans d’appui technique et médical. Cette cérémonie de passation, qui s’est tenue dans la commune de Tombolia, consacre un modèle de prise en charge du VIH et de la tuberculose arrivé à maturité, que les autorités sanitaires sont désormais appelées à poursuivre, dans le respect de la gratuité et de la qualité des soins.

A date,  tous les indicateurs sont au vert : infrastructures modernisées, personnel qualifié et, pour 90 % des patients, un niveau du virus suffisamment bas pour préserver leur santé et réduire les risques de transmission.

Cette cérémonie de passation marque une étape majeure dans le processus de pérennisation de la prise en charge du VIH à Conakry, après plusieurs années d’appui technique, médical et logistique de MSF-Belgique.

« Nous avons réussi collectivement » (Dr Adelard Shyaka, MSF)

Dans son discours, le Dr Adelard Shyaka, Coordinateur médical de MSF-Belgique, a salué les résultats obtenus grâce à un travail collectif mené depuis 2018.

« Cette cérémonie marque une étape importante. Oui, on peut être tristes, parce que nous avons beaucoup construit ensemble. Mais nous pouvons aussi dire que nous avons réussi collectivement », a-t-il déclaré.

Selon lui, le Centre de santé de Dabompa est devenu une structure de référence dans la lutte contre le VIH et la tuberculose à Conakry. Il a mis en avant des indicateurs sanitaires jugés « remarquables » :

  • 100 % des femmes enceintes dépistées sont mises sous traitement,
  • 90 % des patients suivis ont une charge virale supprimée,
  • une cohorte de patients ayant plus que décuplé en quelques années.

Le centre dispose désormais d’équipements modernes, notamment d’un système GeneXpert permettant de détecter la tuberculose, y compris les formes résistantes, ainsi que d’infrastructures répondant aux standards internationaux en matière d’hygiène et de gestion des déchets.

« Le personnel est aujourd’hui formé et capable d’assurer, de manière autonome, une prise en charge de qualité, éthique et durable des patients vivant avec le VIH », a-t-il assuré, tout en précisant que MSF accompagnera la transition avec un appui en médicaments sur six mois.

Un partenariat transformateur salué par le chef du centre

Prenant la parole, le Dr Michel Goepogui, chef du Centre de santé de Dabompa, a rendu un vibrant hommage à MSF pour son appui constant durant sept années.

« MSF n’a pas été un simple partenaire, mais un véritable bâtisseur. Grâce à cet accompagnement, nous sommes passés de 98 patients vivant avec le VIH à 2 270 aujourd’hui, faisant de Dabompa un centre à grande cohorte », a-t-il souligné.

Il a également souligné les formations régulières du personnel, l’amélioration du plateau technique, du laboratoire et la qualité de la prise en charge offerte aux patients. Le Dr Goepogui a rassuré les bénéficiaires que le départ de MSF n’affectera ni la gratuité ni la qualité des soins. Il appelle le Programme National de Lutte contre le Sida et les Hépatites -PNLSH à maintenir un appui constant au centre.

REGAP+ salue une passation porteuse d’espoir

Au nom du Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/Sida (REGAP+), Mme Kadiatou Bodié Baldé a salué une passation qui symbolise la durabilité et l’appropriation nationale de la riposte contre le VIH.

« Cette cérémonie consacre à la fois la mission accomplie par MSF-Belgique et le leadership de l’État guinéen à travers le PNLSH et le CNLS », a-t-elle affirmé. Mme Baldé a également rendu un hommage appuyé aux Agents de Soutien Psychosocial (APS), dont l’engagement de proximité a contribué à réduire la stigmatisation et à améliorer l’adhésion aux traitements.

L’État garantit la continuité des soins

Représentant le Comité National de Lutte contre le VIH (CNLS), le Dr Hawa Sidibé, responsable du cabinet du secrétariat exécutif, a rassuré sur l’engagement de l’État guinéen à assurer la continuité des services. « Le Centre de santé de Dabompa entre dans une nouvelle ère. L’État continuera la dispensation des médicaments, le suivi des patients et l’appui au personnel pour garantir des soins de qualité », a-t-elle indiqué.

Une transition vers la durabilité

À travers cette passation, le Centre de santé de Dabompa devient un symbole de réussite dans la collaboration entre acteurs humanitaires et institutions nationales. Un modèle de transition progressive, fondée sur le renforcement des capacités locales, au service des personnes vivant avec le VIH en Guinée.

Présent en Guinée depuis 2002 dans la lutte contre le VIH, MSF Belgique continue d’assurer la prise en charge d’environ 14 000 patients à Conakry, en appui à cinq autres structures sanitaires de la capitale, y compris les formes graves.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 janvier 2026 09:05

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