Guinée : « Les engagements du colonel Doumbouya sont encourageants… », selon Bah Oury

Bah Oury, leader de l'UDRG

CONAKRY-Le président de la transition a réitéré dans son discours de nouvel an que « ni lui, ni aucun membre du CNRD, du Gouvernement ou du CNT ne sont candidats aux prochaines élections » qu’il promet d’organiser de façon transparente, inclusive et apaisée. Comment ce discours du Colonel Mamadi Doumbouya est-il perçu au sein de la classe politique ? Africaguinee.com a interrogé Bah Oury, leader de l’UDRG.

AFRICAGUINEE.COM : Nous avons tourné la page de 2022. Qu’attendez-vous de 2023 qui vient de commencer ?

BAH OURY : Je souhaite que 2023 soit une meilleure année pour l’ensemble de la communauté nationale et même de la communauté régionale. 2022 a été le prolongement de 2021 avec les conséquences de la pandémie de Covid-19 qui ont rendu l’économie aussi bien nationale qu’internationale dans de sérieuses difficultés. Nous sommes dans une démarche de reconstruction. De ce fait, je souhaite que 2023 soit sur le plan économique et social meilleure que 2022.  

Comme vous le savez, les difficultés que le monde entier connait aujourd’hui, les guinéens en ont beaucoup souffert, non seulement de la pandémie mais aussi des errances de la gouvernance du régime précédent. Tout cela s’est accumulé dans un contexte particulièrement calamiteux pour tout le monde. Nous souhaitons que 2023 soit une année durant laquelle on pourra redresser la barre et que les gens vont se sentir dans les meilleures conditions, en ce qui concerne la vie quotidienne et leur pouvoir d’achat.

Quelle lecture faites-vous du discours de nouvel an du colonel Mamadi Doumbouya ?

C’est un discours qui réitère les engagements formulés dès le début. A savoir, la priorité accordée à l’indispensable nécessité de la refondation de l’Etat, à la lutte contre la corruption, à une amélioration de la gouvernance tant politique qu’économique et aussi à une certaine détermination à mener à terme le processus de la transition. Bien entendu, il a réaffirmé les engagements formulés dès le début, à savoir : ni lui, ni les membres du CNRD, ni les membres du Gouvernement, ni aussi les membres du CNT ne seront candidats aux prochaines élections.

Dans le contexte actuel, la réitération de ces engagements, avec l’accord conclu avec la Cedeao sont des signes encourageants pour montrer que la Guinée s’achemine vaille que vaille dans une direction de gestion apaisée de la transition dans le respect des normes, telles qu’ont été édictées dès le début. C’est un encouragement, c’est aussi une promesse d’un avenir meilleur pour notre pays et pour la région.

Parlant de la lutte contre la corruption, il a déclaré que sa main ne tremblera pas et qu’il n’a pas d’amis ni de familles. Mais à l’opposé on a vu Cellou Dalein Diallo déclaré que ce ne sont que des prétextes pour un apurement politique. Qu’en dites-vous ?

Ce qui m’intéresse, c’est beaucoup plus le discours du chef de l’Etat, président de la transition qui est en situation de responsabilité. Son action imprime une orientation à la Guinée toute entière. De ce point de vue, personnellement, j’en suis très heureux et très satisfait.

On vous a senti très en colère par rapport à la récente déclaration de l’ANAD, du FNDC politique et du RPG arc-en-ciel qui ont rejeté d’emblée les conclusions du dialogue. Vous dites qu’elle est truffée de contrevérités. Pourquoi ?

Ça se voit à l’œil nu. Je pense que débat contradictoire est nécessaire et fécond pour la démocratie. Mais il faut que cela se fasse dans le respect des faits et non pas dans la négation de la réalité. C’est ce qui m’a ulcéré en lisant cette déclaration qui de par son impact est une sorte de bashing sur la Guinée, sur l’action engagée et sur tout ce qui a été réalisé depuis le début de la transition. La question des assises nationales est fondamentale pour le présent et le futur parce qu’il faut qu’on s’achemine vers des politiques profondes de réconciliation, de revivification de la mémoire collective et aussi de la gestion saine du lourd passif historique que nous trainons.

Actuellement, nous sommes dans le cadre d’un procès historique. Celui du 28 septembre 2009, que nous sommes en train de gérer avec brio. Considérer tout cela comme véniel, je pense que c’est une négation fondamentale que la grande majorité des guinéens apprécie. C’est un premier point. Le deuxième, je ne peux pas comprendre que des intellectuels qui ont gouverné à un moment donné la Guinée puissent aller avec légèreté, en considérant que les accords que notre pays a conclus avec la Cedeao, les exhortations du médiateur, le président Boni Yayi, les appels incessants de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Guinée…vont à l’encontre des directives la conférence des chefs d’Etat de la Cedeao, ça manque de sincérité, d’honnêteté intellectuelle.  

A suivre…

Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 1 janvier 2023 17:58

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