Guinée : Comment Alpha Condé a perdu la bataille face à Mamadi Doumbouya ?

CONAKRY- Après le putsch 05 septembre 2021, l’ancien Président guinéen Alpha Condé vient de perdre une nouvelle bataille face au colonel Mamadi Doumbouya, l’homme qui l’a reversé.

Il aura beau exprimer toute sa réprobation sur fond de menace contre toute implication de la junte dans l’organisation des funérailles de son épouse, il aura beau revendiquer le droit de propriété de la dépouille de sa regrettée bienaimée Djénè Condé née Kaba, l’homme qui dirigea la Guinée pendant une décennie n’a rien pu faire pour changer le cours du destin. L’ex première dame a eu droit à tous les hommages qu’un Etat puisse offrir à ses dignes serviteurs.

Malgré les mises en garde et récriminations du veuf, qui voulait se recueillir, pour une dernière fois sur le corps de sa femme avant que celle-ci ne regagne sa dernière demeure, les militaires qui l’ont éjecté du pouvoir, fidèles à leurs habitudes, sont restés inflexibles.

Mamadi Doumbouya semble avoir fait de l’organisation des funérailles de dame Djénè Kaba un point d’honneur qu’il fallait tenir à tout prix, quitte à faire languir le veuf davantage de douleurs.

Mais comment Alpha Condé a-t-il perdu cette nouvelle bataille autour du cercueil de l’ex première dame ? Il faut dire que l’ancien chef de l’Etat qui manifestait déjà toute sa « haine » contre la junte, n’a pas attendu longtemps pour lancer de nouvelles hostilités alors que son épouse venait à peine de s’éteindre.

« Je vous prie de ne mêler en aucun cas les autorités de GUINÉE AUX FUNÉRAILLES DE MON ÉPOUSE. JE VOUS PRIE DE NE PAS VOUS EN MÊLER. En aucun cas, je ne permets ni à vous ni à quiconque de se mêler du décès de ma femme », a écrit Alpha Condé dans les heures qui ont suivi le décès de sa femme. Une réaction musclée, qui de l’avis de maints observateurs, vient en réponse au communiqué jugé laconique de la présidence qui s’est abstenue de lui adresser les condoléances. Pour certains, l’ancien président a manqué de sagesse, en réagissant de la sorte pendant ce moment de douleur.

Alors qu’il se trouvait à mille-lieue de Paris où sa femme est décédée et privé de ses documents de voyage, Alpha Condé savait que ses marges de manœuvre étaient minces pour pouvoir dicter les choses à sa façon.  Cette polémique née sur « le cadavre chaud » de l’ex première dame a contribué à crisper les positions, ne laissant aucune chance de compromis.

Comme envahi par une sorte de « paranoïa » face à une junte intransigeante, l’octogénaire a aussitôt crié à un complot ourdi par la France, jugée trop accommodante vis-à-vis de la junte militaire au pouvoir en Guinée. L’audio explosif de sa conversation avec sa belle-fille Gnalen Kaba, conforte davantage cette thèse de complot soutenue becs et ongles par le veuf. Ce que la fille ainée de la défunte a démenti.

Ayant vu à l’avance les manœuvres et la détermination des autorités de la transition d’organiser les obsèques sous les bénédictions de sa belle-fille, Alpha Condé et ses soutiens ont préféré ranger leurs armes, tout en demandant à leurs partisans de bouder les cérémonies funéraires. Toutefois, il faut reconnaître à l’ancien chef de l’Etat, le fait d’avoir eu la « sage décision » de renoncer au recours judiciaire qu’il avait brandi pour mettre son véto sur le rapatriement de la dépouille mortelle de son épouse vers la Guinée sans son accord.

Arrivée vendredi 14 avril à Conakry en provenance de Paris, feue l’ancienne première dame a eu droit à tous les honneurs. Ce samedi 15 avril 2023, le colonel Mamadi Doumbouya l’a élevée au grade de grand commandeur de l’ordre national du mérite à titre posthume. Le chef de la transition a ensuite affrété son hélicoptère de commandement pour acheminer le corps de l’épouse d’Alpha Condé vers Kankan, où elle sera inhumée demain dimanche 16 avril.

Focus Africaguinee.com

Créé le 15 avril 2023 18:18

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes:

SONOCO

TOTALENERGIES

UNICEF

LONAGUI

cbg_gif_300x300

CBG

UBA

smb-2

Consortium SMB-Winning

Annonces

Recommandé pour vous

Annonces