Guinée-Bissau : les militaires au pouvoir assouplissent les restrictions sur les activités politiques
BISSAU-Le Haut Commandement militaire, organe central de la transition en Guinée-Bissau, a annoncé, ce 5 novembre 2026, un assouplissement partiel de l’interdiction des activités politiques. La mesure qui entrera en vigueur le 24 novembre prochain, intervient à deux jours du premier anniversaire du coup d’État militaire du 26 novembre 2025, qui avait renversé le président sortant Umaro Sissoco Embaló.
Dans un communiqué, le Haut Commandement militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public a annoncé cette décision, tout en fixant plusieurs conditions aux partis politiques.
Selon les autorités de transition, cette mesure s’inscrit dans le cadre des délibérations du Haut Commandement et conformément à la Charte politique de transition, aux communiqués et résolutions précédemment publiés ainsi qu’à la législation nationale en vigueur.
« Compte tenu de l’évolution de la situation en matière de sécurité nationale et de la nécessité d’assurer le fonctionnement normal des organisations politiques, la restriction relative à la tenue de réunions et d’activités de nature partisane est partiellement levée, exclusivement dans le cadre interne des organisations politiques légalement constituées », indique le communiqué.
Ainsi, les réunions internes, les rencontres de coordination, les assemblées et les congrès des partis sont désormais autorisés, à condition qu’ils se tiennent dans des lieux préalablement définis et après notification aux autorités compétentes.
Les autorités militaires précisent toutefois que cette mesure ne concerne pas les marches, les manifestations, les défilés, les rassemblements politiques ou toute autre initiative publique « susceptible de compromettre la sécurité nationale, la tranquillité sociale et l’ordre public ». Les restrictions précédemment établies restent donc en vigueur, conformément aux textes juridiques applicables, sauf disposition expresse contraire.
Le communiqué ajoute que les partis politiques et leurs dirigeants sont tenus de veiller au strict respect des dispositions légales en vigueur, des directives des autorités compétentes et des conditions de sécurité fixées pour la tenue des activités autorisées. Ils doivent également s’abstenir de tout acte susceptible d’inciter à la violence, au tribalisme, à la confrontation ou de perturber la paix et la stabilité sociales.
« Le Haut Commandement militaire avertit que toute violation des dispositions légales en vigueur ou des mesures légitimement établies par les autorités compétentes peut entraîner l’intervention des entités responsables, les contrevenants étant tenus individuellement responsables, conformément à la loi, sans préjudice des garanties et droits légalement reconnus », souligne le communiqué.
Pour les dirigeants de la transition à Bissau, cette décision constitue une mesure d’allègement partiel et progressif des restrictions précédemment adoptées. Elle ne représente en aucun cas la révocation des autres mesures de sécurité qui restent juridiquement en vigueur.
Le Haut Commandement militaire a néanmoins appelé les acteurs politiques et l’ensemble de la population à faire preuve de responsabilité, de sérénité, de civisme et de patriotisme, dans l’intérêt de préserver la stabilité nationale, de renforcer la cohésion sociale et de rétablir la normalité constitutionnelle.
Une victoire pour la médiation sénégalaise ?
Cette annonce intervient dans un contexte d’incertitude politique en Guinée-Bissau, marqué ces derniers temps par plusieurs tensions. L’interdiction du retour de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló ainsi que d’autres décisions des autorités de transition ont notamment suscité des controverses.
C’est dans ce contexte que le président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye, chef de l’État sénégalais, avait appelé, en octobre dernier, les autorités de transition bissau-guinéennes à « lever les restrictions sur les activités politiques et civiles, afin de favoriser une préparation plus sereine des consultations électorales et l’instauration d’un climat de confiance indispensable à leur crédibilité ».
Un appel qui semble avoir été entendu, même si le report des élections générales, initialement prévues en fin d’année, semble désormais se dessiner.
À suivre !
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 6 novembre 2026 19:21Nous vous proposons aussi
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