Bissau : le retour de Sissoco Embalo bloqué par l’armée, l’ancien président réagit

En Guinée-Bissau, le haut commandement militaire a annoncé qu’Umaro Sissoco Embaló ne pourra pas rentrer au pays pour le moment. Prévu initialement pour ce dimanche 4 octobre, son retour a été jugé prématuré par les autorités en raison de risques sécuritaires.

Dans un communiqué officiel publié jeudi 1er octobre, le Haut Commandement Militaire indique qu’après avoir évalué la situation nationale et le contexte sécuritaire actuel, il a conclu que « les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas, pour le moment, réunies pour garantir le retour sur le territoire national de l’ancien Président de la République, M. Umaro Sissoco Embaló ».

Pour l’armée bissau-guinéenne, cette mesure préventive se justifie par la nécessité de préserver l’ordre public, de garantir la sécurité nationale et d’éviter toute situation susceptible de compromettre la stabilité retrouvée.

Maintien des restrictions politiques

Le Haut Commandement a également réaffirmé le maintien des mesures de sécurité adoptées dans le cadre de la transition politique. Celles-ci incluent notamment :

  • L’interdiction stricte des manifestations, rassemblements et réunions à caractère politique jusqu’à nouvel ordre.
  • Un avertissement ferme : « Tout acte de désobéissance ou de non-respect des ordres annoncés engagera la seule responsabilité des auteurs, sans préjudice des conséquences juridiques prévues par la réglementation en vigueur. »

Les militaires en appellent au sens des responsabilités civiques de la population guinéenne. Ils sollicitent également la collaboration de la communauté internationale, du corps diplomatique accrédité, de la société civile, des confessions religieuses et des autorités traditionnelles pour préserver la paix et l’ordre public.

La réaction d’Umaro Sissoco Embaló

Dans la foulée de cette décision, l’ancien président Umaro Sissoco Embaló a réagi. Tout en réaffirmant son intention de se présenter à l’élection présidentielle prévue en décembre, il a lancé un appel au calme à l’adresse de ses partisans.

Dans un message publié jeudi 1ᵉʳ octobre 2026 au soir sur sa page officielle, il a exhorté la population à éviter tout acte susceptible de provoquer de l’instabilité ou des affrontements :

« Notre lutte doit continuer d’être une lutte pacifique et démocratique qui respecte la loi. »

L’ancien chef de l’État a souligné que la préservation de la vie humaine devait primer sur toute ambition politique. Il a ajouté espérer que les autorités judiciaires examineraient sa candidature avec impartialité, indépendance et dans le respect des principes de la justice. Malgré l’interdiction de son retour, il s’est dit confiant et déterminé à poursuivre son combat politique par des voies pacifiques.

Vers des élections générales en décembre

Renversé le 26 novembre 2025 par un coup de force militaire, l’ex-dirigeant bissau-guinéen vit actuellement en exil politique à Rabat, au Maroc. S’il s’incline face à cette décision, il maintient son engagement en faveur de la transition et de la stabilité du pays.

Pour rappel, les élections générales sont fixées au 6 décembre prochain en Guinée-Bissau, selon le calendrier établi par les autorités de la transition. Ce scrutin doit marquer la fin de la période militaire et le retour à l’ordre constitutionnel.

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 2 octobre 2026 09:41

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