Gouvernance et IA : Conakry réunit 13 pays pour le 2ᵉ Forum international des Secrétariats Généraux de Gouvernement
Conakry abrite la deuxième édition du Forum international des Secrétariats Généraux de Gouvernement. Placés sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », les travaux de la rencontre ont été lancés ce mercredi 14 octobre 2026. Ils rassemblent des délégations de 13 pays d’Afrique, d’Europe et des Caraïbes.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Premier ministre. Selon Amadou Oury Bah, le thème retenu pour ce forum place les décideurs devant une responsabilité majeure : celle de faire de la transformation technologique un progrès réel dans la manière de gouverner et de servir les citoyens.

« Pour les secrétariats généraux de gouvernements, cette question touche au cœur même de leur mission, notamment la qualité du droit, la préparation du travail gouvernemental, la continuité de l’État et la préservation de sa mémoire. Comment l’intelligence artificielle peut-elle renforcer ces missions ? À quelles conditions pouvons-nous lui faire confiance ? Quelles compétences et quelles garanties devons-nous construire ensemble ? Voilà les questions auxquelles ce forum doit apporter des réponses concrètes », a déclaré le chef du gouvernement. Amadou Oury Bah a détaillé les atouts pratiques de cette technologie au sein de l’appareil d’État.
« L’intelligence artificielle facilite la recherche dans les textes et les archives, aide à détecter les incohérences juridiques, prépare des synthèses documentaires et signale les retards dans le traitement des dossiers. Bien utilisée, elle peut dégager du temps pour l’analyse, améliorer la préparation des arbitrages et rendre l’information publique plus accessible. Sa valeur se mesurera à la fiabilité du travail accompli, aux délais réduits et à la qualité du service rendu. C’est pourquoi vos échanges sur les indicateurs communs de performance sont essentiels. Ils doivent nous permettre de vérifier les progrès réalisés et de partager les solutions qui fonctionnent », a souligné le Premier ministre.
Vigilance, souveraineté numérique et lutte contre les inégalités
Pour Amadou Oury Bah, la puissance de l’IA doit renforcer les devoirs de vigilance puisque, rappelle-t-il, la confidentialité, la sécurité des données et la souveraineté numérique doivent guider les choix dès la conception des outils.

« Il faut que l’on soit particulièrement vigilant. Le monde avance à une telle allure que parfois on peut avoir le vertige. Nos administrations doivent pouvoir vérifier les sources, contrôler les résultats et expliquer les décisions prises. Les Nations unies nous alertent également sur le risque que l’intelligence artificielle accentue les inégalités entre les pays. Pour saisir ses bénéfices, nous devons investir dans la formation des agents, mobiliser nos chercheurs et donner toute leur place aux compétences de notre jeunesse. C’est ici que notre réseau prend toute sa valeur : partager l’expertise, mutualiser les efforts et permettre à chaque administration de progresser », a indiqué le Premier ministre.
« Faisons de ce forum une étape décisive vers des administrations qui décident avec davantage de discernement, agissent avec davantage d’efficacité et répondent mieux aux attentes de nos peuples », a demandé le chef du gouvernement guinéen.
Un réseau consolidé et une feuille de route pour l’avenir
Le Ministre Secrétaire général du Gouvernement guinéen a rappelé les jalons posés lors de la première édition qui s’était tenue à Conakry du 9 au 12 avril 2025.

« Lors du premier rendez-vous, nous avons institutionnalisé le réseau et nous avons décidé d’en faire une plateforme de coopération. Nous avons privilégié la collaboration afin de favoriser une approche inclusive, durable et adaptée au contexte de chaque pays en matière d’organisation du travail gouvernemental et de production normative. Le rendez-vous a été pris pour 2026, nous y sommes. Les secrétariats généraux de gouvernements appuient les premiers ministres, chefs de gouvernement et chefs d’État dans l’impulsion, la coordination et le contrôle de l’action publique et de l’action gouvernementale. À ce titre, nous avons l’obligation de confidentialité, de loyauté, d’engagement et de responsabilité vis-à-vis des actes auxquels nous participons à la mise en place, tout en restant dans la discrétion », a rappelé Tamba Benoît Kamano.
Les participants ont l’obligation de construire un réseau solide, permettant d’établir une feuille de route claire lors de cette deuxième édition de Conakry, rappelle-t-il :

« Cette feuille de route nous invitera donc à consolider l’institutionnalisation du réseau, à formuler une position commune sur le rôle de l’IA dans l’administration publique, notamment au sein des secrétariats généraux de gouvernements, en affirmant solennellement, sur la base des déclarations de l’Union africaine et des déclarations sur l’IA du Rwanda, une déclaration commune pour concevoir une IA responsable et éthique. Ces deux objectifs déclinés en ateliers se traduiront formellement par deux déclarations : une déclaration de Conakry 2 et une déclaration formelle sur l’IA responsable. L’objectif est de produire des documents », a précisé Tamba Benoît Kamano.
Huit (8) ateliers seront organisés durant ce forum. Deux d’entre eux seront dédiés aux chefs de délégation sur la formalisation et la gestion responsable de l’IA. Les six autres seront co-animés par un représentant de la Guinée et un représentant de chaque pays invité.

« Ces ateliers thématiques vont donc nous donner de la matière. Ce sont ces matières qui serviront de bréviaire pour continuer à renforcer le travail gouvernemental, car le contexte dans lequel nous évoluons fragilise nos institutions, fragilise nos administrations. Mettre à disposition les informations stratégiques contribuerait davantage à fragiliser les États au-delà des administrations. Notre feuille de route 2027-2029 sera donc préparée à l’issue de ces travaux. Les conclusions qui seront tirées seront signées par les présidents et les responsables des délégations, y compris ceux qui vont contribuer à distance », a ajouté Benoît Kamano.
« L’administration n’a pas vocation à produire des IA ou des solutions, mais plutôt à les utiliser avec responsabilité. Donc, nous aurons l’occasion d’écouter les responsables d’initiatives des délégations des pays qui participent à ce forum », a-t-il expliqué.
Voici la liste des pays membres du Forum international des Secrétariats généraux du Gouvernement :

Le Burkina Faso, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, la France, le Ghana, la Guinée (pays hôte et président du bureau tournant), la Guinée-Bissau, Haïti, le Mali, le Maroc (élu vice-président du forum), la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Tchad.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 14 octobre 2026 19:01Nous vous proposons aussi
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