Modernisation de l’Administration en Guinée : l’ENA forme des cadres de la haute fonction publique à l’IA et à la cybersécurité
CONAKRY-Le Ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique, à travers l’École Nationale d’Administration (ENA), accélère la concrétisation de la Vision Simandou 2040.
Dans l’optique d’améliorer la qualité des services publics, de renforcer la gouvernance et de stimuler la performance des institutions, la transformation numérique et l’intelligence artificielle (IA) s’imposent aujourd’hui comme des leviers stratégiques majeurs. Ces technologies clés permettent d’optimiser la prise de décision, de moderniser les processus administratifs et de bâtir une administration plus transparente, efficace et axée sur les résultats.
Acteurs clés de la mise en œuvre des politiques publiques, les Directeurs nationaux et Directeurs généraux occupent une position centrale dans cette dynamique d’innovation. Pour conduire efficacement cette transition, il est essentiel qu’ils maîtrisent les outils numériques modernes et développent les compétences nécessaires pour accompagner le changement au sein de leurs départements respectifs.
C’est dans cette dynamique que l’ENA, par l’intermédiaire de son Département Perfectionnement et Stage (DPS), organise du mardi 13 au jeudi 15 octobre 2026 une session de formation de haut niveau dédiée à la transformation digitale de l’État, l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

Cette initiative réunit 30 hauts cadres (Directeurs nationaux et généraux) afin de renforcer leurs capacités stratégiques et opérationnelles, posant ainsi les jalons d’une administration publique moderne, sécurisée et performante.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, N’Fally Sylla, a souligné le rôle des responsables administratifs dans la réussite de cette transformation.
Il a rappelé que la digitalisation ne doit pas être considérée comme une simple évolution technologique, mais comme un moyen d’améliorer la qualité des services publics et de renforcer la confiance des citoyens envers l’administration.
« En formant ceux qui dirigent nos services, l’ENA donne à la modernisation de l’État les moyens de devenir une réalité », a-t-il déclaré, avant de souligner l’importance de la cybersécurité dans la continuité des services publics.

Pour illustrer les risques liés aux systèmes informatiques, N’Fally Sylla a évoqué la cyberattaque WannaCry de mai 2017, qui avait perturbé plusieurs services de santé au Royaume-Uni. Selon lui, cet exemple montre que les incidents numériques peuvent avoir des conséquences directes sur les populations. « Cette histoire nous concerne tous : la sécurité numérique protège aussi la continuité du service public et la confiance des citoyens », a-t-il indiqué.
Le secrétaire général a également rappelé que les citoyens attendent désormais une administration capable de répondre rapidement à leurs préoccupations, de limiter les déplacements inutiles et de traiter leurs dossiers avec davantage de diligence et d’équité.
La digitalisation pour simplifier les procédures administratives
Intervenant au cours de cette formation, Souleymane Magassouba, développeur d’applications informatiques, ingénieur en technologie et formateur, a expliqué que les participants doivent notamment apprendre à distinguer plusieurs notions essentielles : la numérisation, la digitalisation, l’automatisation et la dématérialisation.
« Il faut apprendre aujourd’hui à cette administration à faire la différence entre ces notions. C’est dans cette nuance que se trouvent les bons gestes et les bonnes pratiques pour sécuriser les systèmes et savoir utiliser l’intelligence artificielle afin d’améliorer les activités », a-t-il expliqué.

Pour le formateur, la maîtrise de ces outils permettra aux cadres de mieux comprendre les possibilités offertes par les nouvelles technologies et de les intégrer progressivement dans le fonctionnement de leurs services.
De son côté, Amadou Yaya Diallo, inspecteur des finances au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a mis l’accent sur l’importance de cette transformation pour l’efficacité de l’administration publique. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans les objectifs du programme Simandou 2040, notamment en matière de valorisation des ressources humaines et de modernisation des procédures administratives.
« La nécessité, ici, c’est de pouvoir simplifier les procédures. L’administration est un service public au service des usagers. Dans l’approche du nouveau management public, le citoyen est considéré comme un client de l’administration. Sa satisfaction, en termes de services rendus, est très importante », a-t-il souligné.

Il a cité plusieurs exemples concrets, notamment la possibilité de s’inscrire à un concours à travers une plateforme numérique, de déclarer ses impôts ou encore d’effectuer certaines démarches administratives sans avoir à se déplacer systématiquement.
« Au niveau du ministère de l’Économie et des Finances, des plateformes ont été mises en place, notamment à la Direction générale des impôts et à la Direction générale des douanes. Il existe également des systèmes numériques au niveau de la Banque centrale et du Trésor. Ces outils contribuent à faciliter les procédures et à permettre aux usagers d’accéder plus simplement aux services de l’administration publique », a-t-il ajouté.
L’intelligence artificielle, un outil à utiliser avec responsabilité
Au-delà de la digitalisation, la formation aborde également les possibilités offertes par l’intelligence artificielle dans la gestion des services publics. Celle-ci peut notamment aider à analyser des données, à anticiper certains besoins et à préparer des décisions administratives.
Toutefois, N’Fally Sylla a invité les responsables publics à faire preuve de discernement dans l’utilisation de ces technologies, en insistant sur la vérification des informations produites, la protection des données confidentielles et la responsabilité des décideurs.

Cette démarche rejoint plusieurs chantiers engagés par le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, sous l’impulsion du ministre Faya François Bourouno. Il s’agit notamment du PREMAP, de la fiabilisation de la gestion des agents publics à travers le système FUGAS, de la digitalisation des courriers, de l’interopérabilité des systèmes et de la mise en place du Guichet unique du service public.
Pour les autorités, la réussite de ces réformes dépendra aussi de la capacité des directeurs et responsables de services à accompagner le changement au sein de leurs institutions.
À travers cette session de trois jours, l’ENA entend ainsi contribuer à la préparation de cadres capables d’intégrer les outils numériques dans leurs pratiques professionnelles, avec un objectif précis : rendre l’administration guinéenne plus accessible, plus efficace et davantage tournée vers les besoins des citoyens.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 13 octobre 2026 15:51Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: ENA









