Mobilité des joueurs du Syli : « Rien n’a changé, c’est inadmissible », fustige Paulo Duarte 

CONAKRY – Des problèmes d’ordre organisationnel freinent la marche du Syli National. C’est le coup de gueule poussé ce mercredi en conférence de presse par le sélectionneur national, Paulo Duarte. Le technicien portugais a fermement déploré la lourdeur administrative qui perturbe le rassemblement de ses internationaux.

Paulo Duarte n’est pas y allé par quatre chemins pour pointer du doigt les dysfonctionnements logistiques auxquels son staff et lui font face au quotidien.

« Quand je suis là, c’est pour me battre au maximum et avec un grand professionnalisme pour le pays. Ce n’est pas du bluff. Je suis un professionnel, je ne cautionne pas la désorganisation. Je veux que la Guinée progresse dans son organisation, dans ses ambitions et dans le respect. Aujourd’hui, nous faisons face à un énorme problème de visas. En tant que sélectionneur national, je trouve inadmissible que la Guinée ne garantisse pas un passeport de service à ses joueurs. Lorsqu’on se déplace à l’extérieur, c’est une confusion totale… Je ne peux pas le cacher, il faut que je vous le dise », a déclaré le technicien portugais.

Un frein à la performance sportive

Sur le plan personnel, le sélectionneur affirme ne pas avoir de revendications particulières, mais estime que la situation globale nuit gravement aux résultats sportifs.

« Pour obtenir un visa ici, c’est trop compliqué. On oblige des joueurs à faire six heures de voyage d’un pays à un autre, ou d’une ville à une autre, simplement pour se rendre à l’ambassade dans la capitale. Ce n’est pas au joueur de gérer ces démarches, d’autant que certains clubs s’y opposent », a-t-il précisé.

Pour Paulo Duarte, la Guinée doit assumer son rang sur la scène continentale.

« La Guinée est une grande nation qui a des responsabilités sur le plan africain. Toutes les sélections nationales disposent de passeports de service. La procédure normale veut que les passeports restent à la fédération pour l’obtention des visas, et qu’ils soient remis aux joueurs à leur arrivée. Ici, c’est tout le contraire. »

Malgré plusieurs relances auprès de sa hiérarchie, le patron du banc guinéen constate qu’aucune mesure corrective n’a été prise :

« J’ai alerté au moins cinq fois sur l’urgence d’établir des passeports de service. Cela éviterait aux joueurs de perdre du temps en déplacements inutiles entre différentes capitales. Nous sommes au XXIᵉ siècle ! Ces détails nous font perdre des points précieux face à nos adversaires. Quand un joueur arrive avec deux jours de retard à cause d’un problème de visa, cela déstabilise toute la préparation. Sur un stage où l’on dispose normalement de quatre jours d’entraînement, entre la fatigue et le décalage horaire, il ne nous reste parfois que deux séances effectives. Un tel retard perturbe la qualité du travail d’équipe et envoie un très mauvais signal. »

Appel pressant aux autorités

Le sélectionneur du Syli National demande une intervention immédiate des autorités sportives et gouvernementales pour régler la question des titres de voyage et la délivrance des billets d’avion, souvent tardive.

« Je demande officiellement aux autorités de mettre à disposition des passeports de service. Nous ne demandons pas de passeports diplomatiques, juste des passeports de service qui restent sous la garde de la fédération. De plus, nous avons besoin d’une plus grande réactivité pour l’émission des billets d’avion. Jusqu’à aujourd’hui, certains billets ne sont pas émis. Il faut dire les choses telles qu’elles sont ! »

Il explique notamment que l’absence de plan de vol bloque l’obtention des visas, révélant qu’au moment où il s’exprimait, deux joueurs manquaient encore à l’appel.

« Je sais que personne n’aime qu’on remette le couteau dans la plaie, mais je le fais. C’est inadmissible, nous versons parfois dans l’amateurisme. Et au final, c’est le coach qu’on pointe du doigt en disant qu’il travaille mal ou qu’il fait de mauvais choix. Mais est-ce que tout fonctionne correctement à côté ? Non ! Un an après mon arrivée, beaucoup de choses n’ont pas évolué. Je ne suis pas venu pour me tourner les pouces ou repartir au Portugal après chaque match sans m’investir. Je suis là pour donner mon avis, qu’on gagne ou qu’on perde. »

Un frein au recrutement des binationaux

Selon Paulo Duarte, ce manque de professionnalisme décourage également les jeunes talents binationaux sollicités pour rejoindre l’équipe nationale :

« Comment puis-je convaincre de nouveaux joueurs d’adhérer à notre projet et de croire en notre progression si la réalité montre que les choses ne fonctionnent pas ? On critique parfois les joueurs qui hésitent à venir, mais ils voient bien que le cadre logistique n’évolue pas sur des sujets pourtant simples à régler. Sur ce point, vous, médias, devez aussi jouer votre rôle d’alerte. Concernant le staff technique, je suis satisfait. Si nous pouvons ajouter un kinésithérapeute supplémentaire, ce serait une bonne chose — c’est une demande que nous avons formulée. Nous ne demandons ni cuisinier ni chauffeur, nous demandons simplement 25 bons joueurs, motivés et placés dans les meilleures conditions pour défendre les couleurs de la Guinée », a conclu le sélectionneur.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 septembre 2026 13:41

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