Fin imminente de la guerre contre l’Iran? Téhéran contredit Trump et se dit « prêt » à un conflit de longue durée
L’Iran a affirmé ce mardi 10 mars qu’il était prêt à se battre « aussi longtemps que nécessaire » contre les États-Unis et Israël, contredisant le président américain Donald Trump qui avait assuré la veille que la guerre allait « se terminer bientôt » et que Téhéran « n’avait plus de marine » ni de « communications » ou de « force aérienne ». De son côté, Benjamin Netanyahu déclare qu’Israël n’en « a pas encore fini » avec le pouvoir iranien.
« Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ajoutant que des négociations avec Washington « ne sont plus à l’ordre du jour ».
« La guerre va se terminer bientôt »
Quelques heures plus tôt, lors d’une conférence de presse à Miami, sa première depuis le début le 28 février de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique, Donald Trump avait affirmé: « La guerre va se terminer bientôt », sans fournir plus de précisions. Il avait aussi annoncé qu’il allait lever certaines sanctions sur le pétrole « afin de réduire les prix » qui se sont envolés ces derniers jours.
Le président américain a menacé de frapper l’Iran « beaucoup plus fort » si Téhéran « prenait le monde en otage » en bloquant l’acheminement de pétrole dans la région via le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). Ce passage maritime stratégique restera impraticable tant que la guerre durera, a averti lundi le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.
Donald Trump a maintenu l’ambiguïté sur les buts réellement poursuivis par les États-Unis dans cette offensive menée conjointement avec Israël. S’il souhaite ouvertement la chute de la République islamique, ou a minima l’émergence de dirigeants alignés sur les intérêts américains, Washington affiche comme objectif de détruire les capacités balistiques de l’Iran et l’empêcher de se doter de la bombe atomique, intention que Téhéran dément nourrir.
Les États-Unis ont frappé en dix jours plus de 5.000 cibles, notamment plus de 50 navires iraniens, a annoncé lundi l’armée américaine. Et lundi soir, l’armée israélienne a annoncé le lancement d’une nouvelle vague de frappes « de grande ampleur » sur Téhéran.
Pour sa part, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu’Israël « brisait les os » du pouvoir iranien depuis le début de l’offensive menée conjointement avec les États-Unis depuis le 28 février, mais n’en avait « pas encore fini ». « Nous aspirons à amener le peuple iranien à briser le joug de la tyrannie, en fin de compte, cela dépend d’eux » a déclaré Benjamin Netanyahu lors d’une visite dans un centre d’urgence du ministère de la Santé israélien.
1.200 tués en 10 jours, selon l’Iran
Les frappes américano-israéliennes ont fait plus de 1.200 tués en 10 jours, selon l’Iran. L’AFP n’est pas en mesure de vérifier indépendamment les bilans fournis par les protagonistes
L’embrasement du Moyen-Orient a entraîné une flambée des cours pétroliers qui, si la guerre se prolonge, pourrait plomber l’économie mondiale. Mais les prix refluent mardi: vers 02H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, plongeait de 10,09% à 85,21 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 10,46% à 88,61 dollars.
L’Égypte augmente les prix des carburants de 30%
L’Égypte a annoncé ce mardi une hausse des prix des carburants de 30% à cause des pressions « exceptionnelles » sur les marchés mondiaux de l’énergie causées par la guerre au Moyen-Orient. Sont concernés les prix de l’essence, du gazole, et du gaz naturel utilisés par les voitures, ainsi que le prix du butane. Le conflit a « entrainé une hausse significative des coûts d’importation et de production nationale », explique dans un communiqué le ministère du Pétrole égyptien.
Lundi, Donald Trump avait annoncé la levée de sanctions pesant sur « certains pays » afin « de réduire les prix », sans préciser la liste des concernés. Le dirigeant américain a tenu ses propos après un appel qualifié par lui de « positif » avec Vladimir Poutine. Ce dernier avait assuré lundi être prêt à fournir les pays européens en pétrole et gaz s’ils se déclaraient en faveur d’une « collaboration durable et stable » avec Moscou. Le secteur russe des hydrocarbures est visé par de multiples sanctions occidentales et deux de ses principales conduites d’exportation vers l’Europe sont à l’arrêt.
Lundi aussi, les ministres des Finances du G7 avaient évoqué une possible utilisation des réserves stratégiques d’or noir. Des infrastructures pétrolières iraniennes ont été visées par des frappes israélo-américaines. De son côté, l’Iran poursuit ses attaques, à titre de représailles, visant le territoire israélien mais aussi ses voisins du Golfe, y compris leurs infrastructures pétrolières. Les Émirats arabes unis ont dit mardi matin être la cible de drones et missiles iraniens. Le Koweït et l’Arabie saoudite ont dit avoir abattu des drones.
Bahreïn a, lui, fait état de deux morts tôt mardi dans une attaque iranienne qui a touché un immeuble résidentiel à Manama, la capitale. Un deuxième missile iranien a aussi été intercepté au-dessus de la Turquie, provoquant une mise en garde d’Ankara à Téhéran. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a proposé lundi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qu’une « équipe conjointe » enquête sur ces incidents, selon les médias iraniens.
L’armée israélienne a prévenu mardi qu’elle allait mener des frappes imminentes sur Tyr et Saïda, dans le sud du Liban, contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, et appelé les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.
L’armée « va bientôt attaquer des infrastructures militaires appartenant à l’organisation terroriste du Hezbollah » dans ces deux villes, annonce un communiqué qui appelle les habitants d’immeubles signalés sur une carte à « évacuer immédiatement » dans un rayon d’au moins 300 mètres. Au moins 486 morts ont été dénombrés dans les frappes israéliennes au Liban, et plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées, selon les autorités.
TV5
Créé le 10 mars 2026 08:45Nous vous proposons aussi
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