Fermeture de la Décharge de Dar-es-Salam: Où en est-on?

CONAKRY-Où en est-on dans le processus de fermeture de la Dar-es-Salam annoncé par le Premier Ministre?  Chargé de la stratégie de la gestion de l’eau et de la salubrité publique au sein du Cabinet du Premier ministre, Daouda Gassama vient d’apporter des précisions. Dans cet entretien, il détaille les mesures envisagées pour sa fermeture définitive, la coordination entre les différents ministères et partenaires, ainsi que la vision du gouvernement pour une gestion durable et décentralisée des déchets à Conakry.

AFRICAGUINEE.COM: Quelle est la position du gouvernement face à la problématique de la décharge de Dar-es-Salam ?

DAOUDA GASSAMA : Depuis des années, la décharge de Dar-es-Salam constitue une préoccupation majeure pour l’État. Avec l’avènement du CNRD (comité national du rassemblement pour le développement), le 5 septembre 2021, la volonté de fermer cette décharge a été clairement exprimée par les autorités, notamment par le Général Mamadi Doumbouya.

Le principal obstacle à cette fermeture reste la question de la séparation et du commerce des déchets. Avant toute fermeture, il est nécessaire d’identifier des sites adéquats pour réorienter les déchets produits dans la capitale, car cette décharge reçoit les déchets de toutes les communes de Conakry.

Le gouvernement a une position claire : nous voulons fermer la décharge de Dar-es-Salam, mais de manière structurée. Cela passe par sa sécurisation, la réalisation d’études de faisabilité, la mise en place de centres de transfert et de zones de stockage, ainsi que la création d’un centre d’enfouissement technique qui permettra une fermeture définitive et durable du site.

Quelle est la situation actuelle de la décharge en termes de capacité, de sécurité et d’impact environnemental ?

Initialement, la décharge couvrait plus de cinquante hectares. Aujourd’hui, en raison de l’occupation progressive par les riverains, il ne reste qu’environ quinze hectares. Ces espaces résiduels sont dans un état critique : les habitants vivent dans des conditions insalubres, exposés à des fumées et émanations dangereuses.

Sous la direction du Premier ministre, le gouvernement s’emploie activement à trouver des solutions durables. Des études sérieuses, financées par l’Ambassade de France et exécutées par le cabinet Artelia, ont permis de formuler des recommandations précises. Nous recherchons actuellement des financements pour transformer cette décharge en un site fermé et réhabilité, à l’image de ce qui se fait dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire.

Comment la Primature coordonne-t-elle les actions entre les différents ministères et acteurs impliqués ?

Il existe un Plan national de gestion des déchets solides, dont la mise en œuvre est assurée par l’Agence nationale de la salubrité publique (ANSP). Parallèlement, un Code des déchets solides est en cours d’élaboration pour encadrer la politique nationale en la matière.

La Primature, en tant qu’organe de coordination, travaille en étroite collaboration avec les ministères concernés :

Le ministère de l’Administration du territoire,

Le ministère de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales,

Le ministère de l’Hydraulique, des Hydrocarbures et de l’Assainissement, ainsi que le ministère de l’Environnement, notamment pour la gestion des déchets liquides.

Les collectivités locales sont également associées au processus. L’étude d’Artelia a d’ailleurs intégré les préoccupations des résidents à travers des consultations publiques.

Quels sont les partenaires techniques et financiers impliqués dans le processus de relocalisation et de fermeture ?

La fermeture se fera en plusieurs étapes : la mise en place de centres de stockage temporaires, suivie de la construction du centre d’enfouissement technique de Baritodé. Parmi nos partenaires, nous comptons notamment l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD), qui apportent un appui important à la mise en œuvre du projet.

Quelle vision le gouvernement porte-t-il pour une gestion durable des déchets à Conakry ?

Le Premier ministre, M. Amadou Oury Bah, souhaite décentraliser la gestion des déchets au niveau des collectivités locales. L’objectif est de diversifier les acteurs pour éviter qu’une seule entreprise ne concentre toutes les responsabilités. Cette approche favorisera une concurrence saine et une meilleure efficacité sur le terrain.

Actuellement, Albayrak et Amanlar assurent la collecte et le transfert des déchets, tandis que Pizzimé gère la décharge de Dar-es-Salam. À terme, nous voulons passer d’une logique d’élimination à une économie circulaire, où le déchet devient une ressource : production de biogaz, d’énergie ou de matériaux réutilisables.

Nous savons que la tâche est difficile, mais le gouvernement agit dans le bon sens pour fermer définitivement la décharge et réhabiliter le site. L’objectif est d’en faire un espace vert, un lieu de bien-être et de promenade pour les habitants.

Enfin, nous lançons un appel à la mobilisation citoyenne : la réussite de cette politique dépendra de la participation de tous — collectivités, opérateurs et citoyens.

Entretien réalisé par Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 22 octobre 2025 09:43

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