Insalubrité, risques d’inondations: Voici l’ambitieux Plan du Gouvernement pour “assainir” Conakry et ses environs
CONAKRY – Face à l’urgence environnementale et aux risques de catastrophes à l’approche de la saison des pluies, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, tape du poing sur la table. Le chef du Gouvernement annonce une refonte complète de la politique de gestion des déchets, avec à la clef la fermeture imminente de la décharge de Dar Es Salam, véritable « bombe » environnementale au cœur de la capitale.
Dressant un constat sans concession des manquements passés, le chef du Gouvernement a fixé un ultimatum de quatre-vingt-dix jours pour clore les grands dossiers techniques et engager la transition vers de nouveaux sites de traitement. Il annonce une responsabilisation accrue des collectivités locales.
« Dans trois mois, tous les dossiers structurants liés à l’assainissement seront définitivement bouclés. Nous fermerons dans les prochains jours la décharge de Dar Es Salam. Il y aura deux décharges. Manéa va être une décharge transitoire, Zakopé également. Des travaux sont en train d’être engagés à Baritodé pour qu’avec l’Union Européenne, l’AFD, le site d’enfouissement technique de Baritodé puisse déjà commencer à être mis en chantier. Une mission ira à Accra pour approfondir les négociations entre le gouvernement guinéen et une entreprise qui est spécialisée dans la pré-collecte puis la transformation des déchets. Pour que nous sortions de cette logique qui n’a que trop duré. Depuis des années et des années, il y a beaucoup de situations qui par laxisme ou par le fait que la situation a créé des intérêts, ont amené à ce qu’il y a eu l’immobilisme et le statu quo », a martelé Amadou Oury Bah.

Dar Es Salam et l’urgence des pluies
Le cœur de cette stratégie repose sur l’arrêt définitif du site de Dar Es Salam, saturé depuis des décennies, et le déploiement opérationnel des alternatives de Manéah et Zakopé pour désengorger Conakry et ses environs. Pour Amadou Oury Bah, retarder ces décisions met directement en péril la vie des citoyens, rappelant au passage les récents événements tragiques liés aux intempéries.
« Dans les trois mois, il y aura l’organisation et les structures qui seront chargées du ramassage des ordures, de leur tri, de leur collecte et aussi des dynamiques permettant d’avoir d’autres décharges parce que la décharge de Dar es Salaam ne peut plus. C’est même une bombe qui est à Dar es Salaam et nous avons peur. C’est pour cela que je vous dis que le site de Manéah va être opérationnel dans les prochains jours ou semaines. Le site de Zakopé, il y a une accélération que le ministère est en train de mettre en œuvre pour répondre à cette attente et à ses besoins. Nous fermons la décharge de Dar es Salaam. Nous transformerons Dar es Salaam en une zone viable.

Nous avions indiqué qu’il faut anticiper sur l’arrivée des prochaines saisons de pluie. Nous avons eu une tragédie à Manéah. Heureusement, si je peux dire heureusement, que les dégâts humains ont été limités parce qu’auparavant j’avais tapé sur la table pour que le site de Zakopé soit déguerpi. Si tel n’avait été le cas, on aurait eu encore une tragédie d’une plus grande ampleur. Ceci dit, c’est pour dire lorsque vous êtes en situation de responsabilité, vous traînez les pieds par rapport aux objectifs majeurs, vous mettez en risque les populations. Par rapport aux zones critiques, les ministères qui sont concernés doivent continuer le travail. Je ne dirai pas plus, le curage a commencé. »
Un enjeu électoral pour les futures municipalités
Au-delà de la logistique étatique, le Premier ministre lie la salubrité publique aux prochaines échéances électorales (communales et législatives). Envoyant un avertissement clair aux futurs candidats, il rappelle que l’assainissement et la sécurité publique relèvent avant tout de la compétence directe des mairies et des quartiers.
« On parle de l’élections communales et législatives. La question de l’assainissement relève beaucoup plus de la compétence des collectivités locales. Si les collectivités locales n’ont pas pris conscience par le passé, parce qu’elles n’étaient pas élues, de la nécessité de prendre en charge la question de l’assainissement comme étant une priorité de leur compétence, c’était une situation qui a amené cela. Aujourd’hui, je dis et je répète, pour tous ceux qui sont candidats pour les prochaines élections communales, si votre quartier, les quartiers sont sales, si les collectivités, les mairies ne font pas leur travail, la population n’a qu’à s’en prendre à eux. Et le processus de gestion de l’assainissement, nous ferons en sorte que les collectivités locales soient intéressées comme étant des acteurs majeurs de l’assainissement. Et aussi les collectivités locales sont responsabilisées par rapport à la détection et la mise en œuvre des politiques publiques qui assurent la sécurité de la population. »

Restaurer l’autorité de l’État face aux incivilités
Bah Oury pointe aussi du doigt l’anarchie urbaine, notamment les constructions illégales qui bloquent les voies d’évacuation des eaux et provoquent les inondations meurtrières en milieu urbain. Le Premier ministre promet une tolérance zéro et une réhabilitation du rôle de chaque échelon de l’administration.
« Vous voyez des gens construire et barrer l’écoulement des eaux pluviales en toute impunité, qui est responsable ? De ce point de vue, nous allons restaurer progressivement l’autorité la plus positive de l’Etat en tout point de vue. Et l’Etat ce n’est pas simplement le gouvernement, l’Etat ce sont les collectivités locales qui ont le droit, dans le cadre de leurs compétences, d’assumer leurs responsabilités. »

A’suivre!
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 mai 2026 09:49Nous vous proposons aussi
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