Expulsion de migrants clandestins aux États-Unis : les mesures ordonnées par Trump sèment la « panique » chez certains guinéens…

NEW-YORK- Les mesures sévères prises par la nouvelle administration Trump contre les migrants sans-papiers, laissent un climat d’incertitude aux Etats-Unis. Méfiance, réduction de mouvements, désertion des lieux de cultes…les migrants « illégaux » ont la peur au ventre.

Parmi ces millions de personnes dans l’inquiétude, les guinéens ne sont pas en reste. Ils sont des milliers ces guinéens éprouvés, bien que l’opération en cours cible principalement les délinquants et les criminels reconnus et qui seraient au nombre de 750 mille. En dépit des appels à la sérénité, les sans-papiers sont dans le qui-vive. C’est un climat de peur qui les animent pour la plupart.

« C’est vrai, présentement, tout le monde est apeuré. Mais on ne devrait pas l’être, surtout ceux qui ne sont pas en lien avec un crime commis dans le pays. Maintenant là où nous parlons, l’administration ne vise que des figures criminelles déjà connues ici. Ils sont bien connus dans la mauvaise réputation à cause de leurs crimes. La liste de ces personnes et leurs adresses sont tenues par les services de sécurité. Les vagues d’arrestation ne visent que ces individus pour le moment. Au temps de Biden également, c’était connu mais il était dit partout où l’administration locale n’avait pas donné l’ordre d’arrêter cette catégorie de personnes en lien avec des crimes, l’Etat fédéral ne doit pas s’autosaisir pour les arrêter. Ils avaient ce sursis. Vous savez l’Amérique réunis des Etats fédéraux. Il y a un pouvoir local, un pouvoir étatique et fédéral.

Du contenu du décret de Trump…

Le décret de Donald Trump dit que toute personne responsable de crime ou en conflit avec la loi avec un degré élevé, s’ils ont son adresse, son nom, même si le pouvoir local n’a pas donné son feu vert ou ne le livre pas, ils iront le chercher dans son retranchement. Dans cette vague, ils sont 750 000 (sept cent cinquante milles), c’est ceux-là qui sont directement visés par les arrestations pour ce premier temps. Trump a rajouté si les agents arrivent dans la maison d’une personne responsable de crime pour l’arrêter au cas où ils trouveront une autre personne en situation irrégulière, qu’ils la prennent aussi. C’est ce qu’on appelle les arrestations collatérales. Voici la réalité qui prévaut ici. Ce qui veut dire qu’on doit éviter de vivre dans la maison de n’importe qui.

Maintenant, nos parents entrés illégalement par les frontières récemment ou depuis des années sur le territoire américain mais qui disposent d’un permis de travail et son dossier dans les mains de la justice ou les services de l’immigration, ceux-là ne doivent pas s’inquiéter du tout. Pratiquement il y a plus de peur que de mal. Les gens ont vraiment peur mais les actes sur le terrain sont tout autre pour le moment. Ceux qui n’ont commis aucun crime peuvent rester tranquilles mais qu’ils évitent tout problème avec la loi du pays. A défaut ils peuvent se retrouver dans les mains de la police, facilement on peut les mettre à la disposition des services de l’immigration qui peuvent les sortir du pays. Si on est sérieux, on est tranquille au contraire vous serez dans les registres de la police et c’est une mauvaise réputation » précise Mohamed Saliou Sow, consultant en immigration qui vit aux USA depuis 25 ans.

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Mbemba Camara, guinéen originaire de Dabola est arrivé aux Etats-Unis en septembre 2023. A son arrivée, il a fait sa demande d’asile, quelques mois après il a obtenu son permis de travail. Il attend son jugement. Depuis le 20 Janvier, comme beaucoup d’autres migrants, il a perdu sa quiétude et a réduit au maximum ses mouvements dans les rues, par peur d’être arrêté.

« Je suis tranquille ici depuis mon arrivée, au début je faisais la livraison, le lavage Auto, la plonge dans les restaurants. Depuis que j’ai eu mon permis de travail, j’ai trouvé un engagement dans deux (2) agences de finance sous forme de banque, je fais le nettoyage et certaines courses. Les week-ends je vais dans les restaurants. Mais avec le retour de Trump, j’ai décidé de réduire mes mouvements comme tout le monde. Parce que nous ne savons pas ce qui nous attend réellement dehors. On nous dit c’est les criminels qui sont recherchés et que notre cas n’est pas sur la table d’abord, néanmoins il faut être prudent. Depuis que je suis à New-York, c’est le vendredi passé que j’ai raté la prière de vendredi, je tenais à y aller, mais des amis m’ont dissuadé en attendant de voir clair. Par après j’ai appris que beaucoup n’ont pas été à la prière de vendredi.  Les livreurs aussi ont baissé ces jours-ci, face aux commandes des clients dans les restaurants, les plongeurs aussi se méfient, la peur est là. Nous sommes là, on se remet à Dieu », témoigne Mbemba Camara.

Imrana Diallo est aussi guinéen. Il est aux USA depuis fin 2023. Ce jeune migrant garde la sérénité en dépit des mouvements de panique. « Ça va pour le moment, ce qui se dit souvent et les réalités du terrain sont un peu différents, mais un mouvement de panique s’empare des guinéens. Pour le moment la Team Nicaragua est dans la procédure d’abord, le rapatriement de ceux-là n’est pas à l’ordre du jour. Je suis tranquille pour le moment avec certains ; nous suivons nos activités habituelles. A ma connaissance, ceux qui sont arrêtés, aucun membre venu de Nicaragua ne fait partie du lot. Les délinquants qui ont commis des crimes sont particulièrement visés… L’autre catégorie, c’est des sans-papiers dont le juge avait ordonné leur déportation mais qui sont encore sur le territoire américain. Pour le moment je n’ai pas appris qu’un guinéen fait partie de ceux qui sont arrêtés ».

Baaben Bhouria Diallo pointe une autre vérité crue. Selon lui, si des guinéens cherchent à s’accrocher dans les pays dits développés, c’est le résultat de la mal gouvernance et le (mauvais) comportement des dirigeants, sinon, dit-il, il n’y a pas mieux que de vivre chez soi.

 « Grâce à Dieu, nous sommes là, sinon tout est mélangé, nous frôlons la débandade ici actuellement. Le gouvernement a annoncé plus de 500 arrestations dans la zone de New-York d’abord mais pour le moment je n’ai pas entendu qu’un membre de la communauté guinéenne fait partie. Toutefois, c’est difficile de le savoir, car les Etats sont nombreux et vastes. Il y a un sentiment de peur, c’est vrai, mais ceux qui travaillent avec des avocats conseillent tout le monde de garder la sérénité et invitent chacun de marcher avec tout document que les étrangers peuvent disposer : permis de travail, carte de sécurité sociale, demande d’asile et l’application. On conseille de photocopier ces documents et circuler avec pour éviter toute situation difficile, tout en gardant le contact permanent avec son avocat.

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Ceux qui n’ont pas introduit leur demande d’asile jusque-là, il faut le faire immédiatement. Il est conseillé aussi d’éviter les lieux de mauvaise réputation. Le vendredi passé, les mosquées ont été désertes, beaucoup se sont abstenus d’y aller de peur d’être ramassés par la police. Parce qu’ils ont appris que l’autorisation est donnée aux agents de sécurité de visiter les lieux de culte (mosquées, Eglises), même les écoles. Je viens de déposer ma fille à l’école, mais je vois des agents partout, tout ça renforce la peur des sans-papiers. Chacun se sent menacer, aucune information ne rassure les gens. Que Dieu nous aide vraiment à passer ce moment difficile. Mais ici au moins lorsqu’on te prend, c’est pour te mettre en prison ou te ramener chez toi, mais en Guinée, les gens disparaissent » explique Baaben Bhouria, ce guinéen vivant aux USA depuis plus de 2 décennies.

En Guinée, des familles dont les enfants sont partis récemment aux Etats-Unis via Nicaragua ne cessent d’exprimer leur inquiétude quant au sort qui pourrait être réservé aux leurs.

A suivre…

Alpha Ousmane BAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le 27 janvier 2025 07:22

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