Exclusif-Affaire Tadi Kourouma : la version de l’OPROGEM qui contredit les accusations de viol

CONAKRY – Alors que Mme Tadi Kourouma accuse son médecin de l’avoir violée en 2022, l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) livre une version des faits sensiblement différente. Selon des responsables de cette unité spécialisée de la police, jamais la plaignante n’aurait évoqué un cas de viol lors de sa saisine. Explications.

Lundi 6 avril, devant plusieurs médias dont Africaguinee.com, Mme Tadi Kourouma a affirmé avoir été victime de viol de la part de son médecin. Une agression qui aurait, selon elle, débouché sur une grossesse. La femme a également expliqué avoir saisi l’OPROGEM après les faits.

Mais selon les informations recueillies par un de nos journalistes qui s’est rendu auprès de cette structure ce mardi 07 avril 2026, la procédure engagée à l’époque portait exclusivement sur la recherche de paternité et la prise en charge d’un enfant, et non sur des accusations de viol.

« Elle est venue porter plainte concernant deux points : la recherche de paternité de son enfant et la prise en charge de celui-ci », affirme un officier de police judiciaire ayant suivi le dossier.

Une relation et un différend autour de la prise en charge

D’après les explications fournies, les deux parties se connaissaient déjà dans un cadre professionnel. La dame, alors stagiaire sage-femme, et le médecin travaillaient dans la même structure sanitaire à Ratoma. Entendus séparément, leurs déclarations ont fait apparaître des divergences, conduisant les enquêteurs à organiser une confrontation.

« Le docteur nous a fait savoir qu’il prenait en charge l’enfant. Il versait 1,5 million de francs guinéens par mois, payait le logement et subvenait aux besoins de la dame », explique la même source, qui ajoute que le médecin aurait également présenté des preuves de paiement, notamment via Orange Money.

Des tensions liées à la relation entre les deux parties

Toujours selon l’OPROGEM, le différend ne se limitait pas à la question de la pension alimentaire. « J’ai compris qu’il y avait un non-dit. Elle souhaitait être avec le docteur, c’était là le fond du problème », confie l’officier.

Ce dernier affirme que le médecin aurait pris ses distances en raison de certains comportements reprochés à la plaignante, notamment des accusations d’escroquerie.

« Il a expliqué qu’elle prenait de l’argent auprès de certaines personnes en se faisant passer pour une parente du Président de la République, leur promettant une intégration à la fonction publique », ajoute notre source.

Un accord financier trouvé puis interrompu

Plusieurs personnes se seraient d’ailleurs présentées pour dénoncer des faits similaires. Selon les témoignages recueillis, les deux parties auraient finalement trouvé un terrain d’entente sur une pension mensuelle avoisinant 3 millions de francs guinéens. Pendant plusieurs mois, les paiements auraient été effectués sous la supervision de l’OPROGEM afin d’éviter tout litige.

« Chaque fin de mois, le docteur déposait l’argent sur le compte orange Money de Tadi et mettait l’officier en copie », précise la source. Mais cette procédure aurait été interrompue après la diffusion de publications sur les réseaux sociaux attribuées à la plaignante.

Une nouvelle procédure pour des faits présumés de cybercriminalité

Face à ces publications, l’OPROGEM affirme avoir saisi le parquet de Dixinn pour des faits distincts.

« J’ai contacté le procureur, estimant qu’il s’agissait d’un cas de cybercriminalité. Pendant plusieurs mois, nous avons tenté de la retrouver, mais elle restait introuvable », indique l’officier. Selon lui, la plaignante aurait cessé de se présenter pour percevoir les paiements, entraînant l’arrêt du dispositif mis en place.

Le point de rupture, des accusations de viol jamais évoquées auparavant

L’élément le plus marquant dans cette affaire reste, selon l’OPROGEM, l’absence d’allégations de viol dans la procédure initiale. « Tadi n’a jamais parlé de viol ici. Il n’a jamais été question de viol. Les faits portaient uniquement sur la paternité et la prise en charge de l’enfant », insiste l’officier.

Selon lui, même la question de la paternité ne constituait plus un litige majeur, le médecin ayant reconnu l’enfant et établi son acte de naissance.

Un dossier ancien relancé par des déclarations publiques

D’après les éléments recueillis, le dossier remonterait à l’année 2024 et aurait été transmis à la justice. « Aujourd’hui encore, je suis surpris d’entendre ces accusations. C’est regrettable », conclut la source, qui affirme que les faits initiaux relevaient davantage d’un différend personnel que d’une infraction pénale de type viol.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 7 avril 2026 23:32

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