État civil et enrôlement biométrique : les citoyens confrontés à de sérieuses difficultés à Mamou…

MAMOU-Le recensement biométrique suscite de l’engouement à Mamou. Cependant, un grand nombre de citoyens ne dispose pas les documents d’état civils requis pour se faire enrôler. Il s’agit notamment de l’extrait de naissance ou du jugement supplétif. L’obtention de ces documents est un vrai casse-tête pour de nombreux citoyens de la ville-carrefour, a constaté Africaguinee.com.

A trois semaines de la fin de l’opération prévue le 30 mai, l’envie de se faire enrôler à tout prix pousse certains nécessiteux à se faire délivrer de « faux » documents dans des cybers, moyennant 15000 Gnf. Une pratique illégale que les autorités entendent punir.

« Nous aussi nous en avons entendu parler. Une personne a déjà été interpellée pour ces genres d’agissements. Nous comptons sur tous les acteurs de la ville pour déceler ce réseau de malfaiteurs. Ces documents ont été maintes fois rejetés lors de l’enrôlement. Parce que ce sont des faux documents qui ne vont jamais passer. Vous savez que tous les actes ont des numéros. Nous, à notre arrivée, on s’est battu pour organiser tout cela. Dans les cybers, les informaticiens utilisent certainement des numéros qui avaient été utilisés par certains ou alors des faux numéros.

Arrivé aux lieux de recensement, on rejette les documents. Mais dorénavant, si on tombe sur ces actes, on va interpeller les concernés, ils vont nous indiquer où ils ont eu leurs documents, car la corruption c’est forcément entre deux personnes. Ce sont les présidents des conseils de quartiers qui doivent diriger leurs citoyens vers là où ils vont avoir les documents légaux par rapport à ce recensement. Malheureusement, ils ne le font pas. Nous, on a tout organisé.

Des registres ont été envoyés dans les quartiers pour inscrire tous ceux qui n’ont pas d’extraits d’acte de naissance. Ils vont nous ramener ces registres, on signe et on les aide à avoir ce qu’ils veulent. Donc je demande à tous les citoyens de la commune urbaine d’éviter de prendre des faux documents pour ce recensement-là, sinon ils vont perdre leur argent et on va les arrêter une fois au lieu de recensement, ils vont nous indiquer là où ils l’ont confectionné », prévient Nouhou Diogo Bah dans un ton ferme.

Nouhou Diogo Bah

La coordination des conseils de quartiers de la commune urbaine de Mamou a aussi soulevé des inquiétudes. Ils accusent l’État de les mettre en mal avec les citoyens. « Si ça continue comme ça, 70% de la population de Mamou ne vont pas se faire recenser. Les gens ne considéraient pas les extraits de naissance. Tout le monde a sa carte d’identité. On ne demandait que quelques documents et certificats de résidence. Il n’y avait pas d’extrait de naissance dans ça. Donc, c’est maintenant que tout le monde court vers nous. On a inscrit des milliers de personnes sur des registres. Nous avons remonté depuis un bon moment. Mais, les actes ne sont pas venus.

Tous les jours, les gens viennent nous demander.  Et ceux qui ne se sont pas fait inscrire, viennent à leur tour nous voir. Mais comment on va faire pendant qu’on ne connait même pas la suite de ceux déjà partis. C’est un problème à notre niveau. Nous voulions proposer un autre moyen de faire recenser nos citoyens par après, ils vont aller chercher les extraits car, la date butoir est presque arrivée. Mais, la majeure partie n’a pas été enrôlée. Sinon, qu’on nous accorde plus de temps pour que ces agents puissent recevoir d’abord leurs extraits », explique Thierno Bah, président de la coordination des conseils de quartiers.

Thierno Bah

Les citoyens, voulant coûte que coûte se faire recenser, rallient les lieux en grand nombre. Par manque de solution concrète, ils affichent des sentiments de désespoir.

« On ne sait plus que faire. On nous avait dit de venir se faire enregistrer chez le chef de quartier ici. On l’a fait depuis plusieurs semaines maintenant. Mais personne n’a reçu d’extrait. Tous les jours, c’est d’attendre encore. Ils vont arrêter ça bientôt pendant que nous on n’est pas recensé. Vous avez vu les gens. Beaucoup n’ont pas eu de suite. On a des cartes d’identité nationale. On a des anciennes cartes d’électeurs. On devrait nous faciliter la tâche. Moi, j’avais un extrait de naissance. Mais je l’ai perdu depuis un long moment.

J’ai toujours utilisé des jugements supplétifs pour les compléments de dossier. Mais, même à la justice on ne donne pas ça actuellement. Ils nous demandent de venir dans les quartiers pour s’inscrire au niveau des registres. Nous l’avions fait depuis mais sans suite. On a assez de parents ici qui n’ont pas d’extrait de naissance. C’est un grand problème actuellement. L’état doit nous aider car nous sommes guinéens et nous avons envie de nous faire recenser », raconte Foulah Barry, citoyen du quartier Petel.

Nos tentatives pour avoir la version du responsable de la délivrance des actes de naissances pour ce recensement n’ont jamais prospéré.

Habib Samaké

Pour Africaguinee.com

Créé le 8 mai 2025 07:00

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