Dubréka : 61 familles impactées par les travaux de l’ENA reçoivent leurs parcelles de recasement

DUBRÉKA — Le gouvernement guinéen a officiellement remis, ce mercredi 16 septembre 2026, les documents administratifs d’attribution de parcelles à 61 familles impactées par les travaux de construction de l’École nationale d’administration (ENA) à Kénendé. Présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, cette cérémonie marque une étape clé vers le relogement définitif des sinistrés après plus de dix ans d’attente.

Au total, 61 familles sont concernées par cette opération. Le site aménagé s’étend sur près de 9 hectares et comprend 158 parcelles ainsi que neuf équipements collectifs (infrastructures scolaires et sportives, marché, lieux de culte et cimetière). Cette cérémonie concrétise un engagement attendu depuis de nombreuses années par les ménages déplacés.

Un soulagement après 11 ans d’attente

Prenant la parole au nom des sinistrés, Mme Keïta Mafoudia a exprimé un profond soulagement tout en rappelant le calvaire enduré par les riverains :

« Depuis 2015, cela fait 11 ans que notre domaine a été choisi pour abriter un édifice d’une importance capitale pour notre nation. Si nous avons tous compris la portée stratégique de ce grand projet de développement pour la Guinée, le déguerpissement qui s’en est suivi a été pour nous une épreuve particulièrement rude et difficile à supporter. Perdre sa terre, son cadre de vie et ses repères n’est jamais facile. Mais aujourd’hui, nous tenons à saluer la grandeur d’esprit, l’écoute et le sens de justice des autorités de notre pays. »

Les bénéficiaires ont toutefois profité de la cérémonie pour exprimer une préoccupation majeure : le paiement des indemnisations relatives aux biens et constructions détruits lors des opérations de dégagement.

Réparation, équité et justice sociale

Face aux doléances exprimées, le Premier ministre Amadou Oury Bah a reconnu l’épreuve traversée par les citoyens et s’est engagé à faire étudier la question des compensations financières :

« C’est un grand jour pour Kénendé, un jour attendu par des familles dont la vie a été impactée par les travaux de construction de l’École nationale d’administration publique… Perdre son habitation, c’est avoir des années d’efforts compromis et l’avenir devenir incertain. Il faut construire. Il faut assainir. Mais tout cela doit être accompagné de l’indispensable nécessité d’assurer l’équité, la justice et la réparation. J’ai entendu votre doléance et les services concernés à travers les ministères respectifs se chargeront d’étudier cela avec sérénité pour assurer une juste répartition des dégâts commis. »

Une démarche technique et interministérielle détaillée par le ministre Bourouno

Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a souligné la dimension morale de cet acte :

« C’est avec une sincère émotion et surtout avec un sentiment du devoir accompli que je prends la parole devant vous en ce jour important pour les 61 familles reconnues bénéficiaires… Le gouvernement, sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Premier ministre, s’est engagé à ce que ce sacrifice consenti pour le développement de notre administration publique soit justement et dignement compensé. »

Il est également revenu sur le processus technique issu d’une directive gouvernementale :

« Conformément à l’instruction de Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, du 30 juin 2026, mon département, en étroite collaboration avec le ministère de l’Urbanisme (…), notamment la Direction nationale des domaines et cadastres et l’ensemble des acteurs concernés, a œuvré sans relâche pour consolider la liste définitive des bénéficiaires, achever la viabilisation du site et préparer les actes d’affectation et le plan de masse. »

Au-delà du simple recasement, les autorités ambitionnent de faire de Ouassou Tafori Sosso un projet intégré et désenclavé :

« Nous voulons en faire un projet intégré. Nous avons pris contact avec d’autres acteurs, notamment le ministère du Tourisme, pour développer aussi des activités écotouristiques autour de ce projet qui a permis aussi de désenclaver cette zone. La route bitumée que vous avez parcourue du carrefour jusqu’ici est un volet du projet (…) et aujourd’hui cette route est pratiquée par l’ensemble des communautés qui vivent aux abords. »

La dimension humaine saluée par l’Urbanisme et les autorités locales

De son côté, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a rappelé la priorité accordée à l’humain :

« Cette cérémonie est avant tout une cérémonie humaine. Derrière chaque parcelle, il y a une famille, une histoire et un avenir. La construction de l’ENA est un projet d’intérêt national, mais sa réalisation devait également apporter une réponse responsable aux personnes directement impactées. »

Le maire de la commune urbaine de Dubréka, Youssouf Bangoura, a quant à lui salué une démarche conciliant développement des infrastructures et respect de la dignité des populations, réaffirmant le soutien de l’administration communale auprès des 61 familles dans leur réinstallation.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 septembre 2026 19:55

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