Disparition de deux commerçants guinéens au Mali : « Nous vivons très difficilement son absence », témoigne le fils d’Ousmane Baldé
CONAKRY- Depuis l’attaque rebelle du 25 avril 2026 au Mali, deux marchands de bétail guinéens, Mamadou Nadika Bah et Ousmane Baldé, partis à Bamako pour acheter des moutons en prélude à la Tabaski, restent introuvables. Interrogé ce mardi 12 mai 2026 par Africaguinee.com, Baldé Mamadou Ba, fils aîné d’Ousmane Baldé, originaire de la préfecture de Labé, sous-préfecture de Dionfo, village Koko, revient sur les circonstances de cette disparition inquiétante et lance un appel aux autorités maliennes et guinéennes. (Exclusif)
AFRICAGUINEE.COM : Votre père et son compagnon étaient partis au Mali pour acheter du bétail. Comment avez-vous appris leur arrestation ?

BALDÉ MAMADOU BA :Nous avons appris leur arrestation dans la soirée du samedi 25 avril. C’est un de leurs collaborateurs qui nous a appelés pour nous informer qu’ils avaient été arrêtés au cours des événements survenus ce matin-là au Mali.
Quelles démarches avez-vous entreprises depuis cette disparition ?
Dès les premières heures, nous avons contacté l’ambassade de Guinée au Mali. Ensuite, nous avons fait une déclaration auprès du ministère des Affaires étrangères. Nous avons également saisi le consulat de Guinée au Mali ainsi que plusieurs organisations et structures syndicales qui se sont impliquées dans les recherches.
Aujourd’hui, êtes-vous inquiet ?
Oui, énormément inquiet. Nous vivons très difficilement cette absence. Mon père a l’habitude de voyager pour le commerce du bétail et, généralement, il revient rapidement. Mais aujourd’hui, cela fait plus de deux semaines sans aucune nouvelle. La famille traverse une situation très difficile, surtout notre grand-mère qui a appris la nouvelle à travers la radio. Nous ne savons même pas dans quelles conditions ils sont détenus ni où exactement ils se trouvent. Cette incertitude nous inquiète profondément.
Votre père avait-il l’habitude de se rendre au Mali pour ses activités commerciales ?

Oui, cela fait plus de vingt ans qu’il se rend au Mali pour le commerce du bétail. Il est connu au niveau des marchés, des frontières et des structures commerciales là-bas. Ce voyage n’avait rien d’exceptionnel.Ils ont quitté la Guinée le jeudi, sont arrivés au Mali le vendredi et devaient se rendre, comme d’habitude, au marché hebdomadaire de Kati le samedi matin. C’est malheureusement à ce moment qu’ils seraient tombés sur ces événements tragiques. Selon les informations que nous avons reçues, ils auraient été arrêtés aux environs de Kati par des militaires maliens alors qu’ils se rendaient au marché.
Avez-vous pu communiquer avec eux depuis leur arrestation ?
Non, jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun contact avec eux.
Le ministère guinéen des Affaires étrangères a-t-il entrepris des démarches ?
Oui, nous avons été informés que le ministère suit le dossier avec sérieux. Les autorités guinéennes auraient écrit au ministère malien des Affaires étrangères et instruit l’ambassade de Guinée au Mali de s’impliquer activement afin de retrouver nos parents et faciliter leur libération.
Quel message lancez-vous aujourd’hui aux autorités maliennes ?

Nous présentons d’abord nos condoléances au peuple malien suite aux événements douloureux qui ont frappé le pays. Mais nous demandons humblement aux autorités maliennes de comprendre qu’il s’agit de simples commerçants, des pères de famille innocents partis exercer leur activité habituelle.Cela fait plus de vingt ans qu’ils fréquentent ces marchés. Ils ne sont mêlés à aucune activité suspecte. Nous demandons simplement que leur situation soit clarifiée et qu’ils soient libérés le plus rapidement possible.
Nous avons transmis leurs photos et leurs pièces d’identité. Au niveau des marchés de Kati, ils sont connus. Tous ces éléments peuvent prouver leur innocence.
Et quel appel adressez-vous aux autorités guinéennes ?

Nous demandons aux autorités guinéennes de renforcer davantage les démarches diplomatiques. Derrière ces hommes, il y a des familles entières qui dépendent d’eux et qui vivent aujourd’hui dans une angoisse totale.Plus cette situation dure, plus elle devient difficile pour tout le monde. Mon père, par exemple, n’est pas en très bonne santé. Nous espérons sincèrement qu’ils se portent bien et qu’ils pourront retrouver leurs familles dans les meilleurs délais.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 12 mai 2026 12:16









