Abdoulaye Sy, capitaine du Syli Basket : « Ce n’est même pas un rêve, nous irons à la Coupe du Monde, mais… »
CONAKRY- Fraîchement rentré de Luanda où la Guinée a décroché sa qualification pour le second tour des éliminatoires de la Coupe du Monde de Basket-ball 2027, le capitaine du Syli National, Abdoulaye Sy, s’est confié à Africaguinee.com. Entre la fierté du devoir accompli sur le terrain, les éternels couacs logistiques et d’hébergement qui minent la sélection à Conakry, et l’incertitude autour de l’encadrement technique, le leader du Syli met les pieds dans le plat. Rencontré en marge du camp de formation initié par son coéquipier Alpha Diallo ce vendredi 10 juillet 2026, le professionnel guinéen interpelle fermement les autorités sportives à un mois d’échéances cruciales. Interview exclusive
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour capitaine, enfin vous voilà à Conakry comment les choses se sont-elles passées à Luanda ?
ABDOULAYE SY : C’est un peu ce que j’expliquais dans l’article que vous avez mentionné. Nous avons essayé d’engranger un maximum de victoires, mais malheureusement, nous avons perdu d’un point contre le Nigeria. Nous avons ensuite gagné contre le Rwanda, avant de nous incliner face à la Tunisie lors du dernier match. Dans l’ensemble, le bilan reste positif car notre objectif principal était de nous qualifier pour le second tour, et c’est ce que nous avons fait.
Dans quelles conditions s’est déroulé votre retour ici à Conakry ?
Disons que les problèmes logistiques persistent, nous le savions très bien. Nous avons pris l’avion et, à notre arrivée à Conakry, nous avons rencontré quelques pépins, notamment des soucis d’hébergement. Heureusement, la fédération a fini par faire le nécessaire pour nous loger. Globalement, on peut dire que tout s’est bien terminé.
Vous êtes actuellement ici aux côtés de votre coéquipier Alpha Diallo. Dans quel cadre s’inscrit votre présence ?
C’est dans le cadre du camp de basket qu’Alpha organise pour les jeunes guinéens. Nous sommes venus apporter notre soutien à cet événement. Je pense que pour cette première journée, tout s’est très bien passé. Les enfants sont heureux, ils ont pu toucher au ballon. Alpha, moi-même ainsi que d’autres joueurs et entraîneurs venus pour l’occasion, avons partagé nos expériences avec eux. J’espère qu’ils sauront en tirer le meilleur profit.
Vous soutenez donc Alpha Diallo dans cette initiative. Concrètement, qu’avez-vous envie d’apporter à ces jeunes ?
Comme je le disais, ce que nous leur apportons avant tout, ce sont des encouragements. Le simple fait d’être présents ici leur montre que nous sommes passés par là nous aussi. J’ai moi-même commencé le basket ici, j’y ai fait mes classes. Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, je joue à l’étranger et j’évolue au niveau professionnel. Notre message est de leur dire que c’est possible, qu’il faut croire en leurs rêves. Inch’Allah, ils auront une carrière encore plus grande que la nôtre.
Y aura-t-il un suivi ou un coaching personnalisé après ces activités ?
Non, ce camp est ponctuel. Il sert à leur transmettre notre modeste expérience sur deux jours. Le suivi à long terme se fera directement avec les entraîneurs de leurs clubs ou centres de formation respectifs.
Parlons du basket guinéen de manière plus générale. On constate aujourd’hui un certain élan de relance. Comment voyez-vous l’avenir de cette discipline, surtout vous qui impulsez cette dynamique au sein de l’équipe nationale ?
Ça se passe très bien. Nous suivons le championnat local, qui est désormais diffusé en direct sur Facebook, il me semble. Le niveau monte, on voit qu’il y a de nombreuses équipes et pas mal de joueurs étrangers qui viennent renforcer les effectifs. Cela prouve que notre championnat est attractif et qu’il prend de la valeur. Nous espérons que cela va continuer à progresser et que l’équipe championne pourra représenter la Guinée à la BAL (Basketball Africa League) l’année prochaine. De notre côté, nous suivons de près tout ce qui se fait, nous les encourageons et nous félicitons la fédération en l’incitant à faire encore plus pour soutenir les clubs.
Le Syli Basket est qualifié pour le second tour. Quelles sont les perspectives pour la suite ?
Le second tour débute le 24 août prochain, normalement en Tunisie. Nous y allons avec quatre victoires à notre actif, tandis que d’autres équipes en comptent déjà cinq. Notre objectif dans ce groupe est de terminer parmi les deux premiers, ce qui nous offrirait un ticket direct pour la Coupe du Monde.
Pour y parvenir, qu’attendez-vous concrètement des autorités, surtout après les difficultés vécues à Luanda ?
Nous attendons d’elles qu’elles fassent beaucoup mieux que lors des dernières fenêtres de qualification. Nous avons besoin qu’elles nous accompagnent et nous soutiennent, car le délai est court : c’est dans un mois. Nous espérons un accompagnement de qualité pour nous préparer au mieux et arriver prêts. La compétition sera d’un niveau très relevé, tous les grands joueurs seront présents. Nous allons affronter de grosses équipes comme le Cameroun, l’Afrique du Sud ou le Cap-Vert — qui a participé à la dernière Coupe du Monde. Nous demandons vraiment un soutien moral et matériel fort pour nous aider à gagner ces matchs.
Votre entraîneur était revenu avec vous, mais il est de nouveau reparti. À un mois de cette compétition cruciale, comment cela va-t-il se passer ? Est-il parti définitivement ou est-il simplement rentré chez lui temporairement ?
Pour l’instant, on ne nous a pas communiqué grand-chose à ce sujet car notre retour est encore récent. Mais nous espérons que le coach — ou un autre technicien si nécessaire — saura nous apporter ce dont nous avons besoin pour franchir ce cap. Nous avons impérativement besoin de ces victoires pour aller en Coupe du Monde.
Le public guinéen peut-il légitimement rêver d’une qualification historique pour la Coupe du Monde avec vous ?
Ce n’est même pas un rêve, on va y aller ! On va y aller, inch’Allah. Il faut juste que nous soyons mieux accompagnés et que tout soit bien mis en place. Nous avons des joueurs de grande qualité dans l’effectif, qui évoluent au niveau européen. Pourquoi ne pas y croire ? Nous demandons au peuple de continuer à nous soutenir au maximum. De notre côté, nous allons tout donner, comme nous le faisons depuis le début, pour décrocher cette qualification historique.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 11 juillet 2026 10:03Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Basketball, Guinée, Sily National, Sport









