Diabaty Doré sur l’appel à la fusion avec le GMD : « On peut être dans la mouvance tout en gardant son identité »

CONAKRY –L’échiquier politique guinéen est en pleine mutation. Alors que le Premier ministre Amadou Oury Bah accélère la restructuration de la « Génération pour la Modernité et le Développement » (GMD) vers une fusion globale des alliés, — à l’image du RPG Arc-en-ciel en 2010–, le Rassemblement pour la République (RPR) joue la carte de la prudence.

Dans cet entretien exclusif, Diabaty Doré, leader du RPR et de la coalition AFDD, réaffirme son appartenance à la mouvance présidentielle tout en posant ses conditions. Entre loyauté au pouvoir et volonté de préserver son identité politique, l’ancien allié de l’UFDG lève le voile sur sa stratégie. Il prévient que « fusionner tous les partis ne serait pas une bonne chose pour la démocratie ». Décryptage.

AFRICAGUINEE.COM : Le Premier ministre Amadou Oury Bah, chargé par le président de la restructuration du mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), a annoncé que les mouvements et partis alliés seront appelés à rejoindre un grand ensemble politique, à travers une fusion. Quelle est votre position sur cette initiative ?

DIABATY DORÉ :  Pour le moment, je n’ai pas encore de position définitive, dans la mesure où je n’ai pas réuni le bureau politique national de mon parti. Ensuite, je suis également président d’une coalition, l’AFDD, avec laquelle nous devons aussi échanger. Enfin, nous sommes alliés au sein de la mouvance, et je dois prendre langue avec mes collègues présidents des autres partis politiques afin d’analyser cette proposition.

En politique, on ne peut poser des actes aussi importants sans concertation. L’adhésion à une structure ou à une dynamique doit toujours se faire par conviction et par volonté. Ce n’est pas une première en Guinée ni en Afrique de voir des partis fusionner. Le RPG Arc-en-ciel, par exemple, a été créé de cette manière après la victoire de l’ancien président Alpha Condé. Mais personne n’y avait été contraint.

Je pense également qu’on peut rester pendant des années, voire des décennies, dans une mouvance présidentielle tout en conservant son identité politique, en contribuant au développement du pays et à la mise en œuvre des projets de société.

Nous serons bientôt reçus par le Premier ministre. Avant toute chose, nous devons nous retrouver d’abord au sein du parti, puis au niveau de la coalition. La fusion obéit à des conditions et à des préalables. Nous allons écouter, analyser, et ensuite définir notre position : fusionner ou rester alliés tout en conservant notre autonomie.

Aujourd’hui, nous ne nous considérons plus comme un parti d’opposition, mais comme faisant partie de la mouvance. Toutefois, pour qu’il y ait une véritable démocratie, il faut un minimum de pluralisme. Fusionner tous les partis dans un même ensemble ne serait pas, à mon sens, une bonne chose pour la démocratie guinéenne.

Avez-vous à perdre en fusionnant votre parti avec le GMD ?

Non, ce n’est pas la question, mon frère. On peut être leader politique, être à la tête d’une formation politique, sans forcément être dans l’opposition. Regardez, par exemple, en France : il y a des partis centristes, de gauche, de droite, et même des partis non alignés. Nous avons créé notre formation politique, et cela fait maintenant dix ans que je suis à la tête de ce parti. Pendant ces dix années, j’ai travaillé avec des hommes et des femmes qui ont cru en moi et en ce projet politique. Tous aspirent aujourd’hui à contribuer au développement de ce pays.

On ne peut donc pas venir nous dire, de façon automatique, qu’il faut absolument fusionner. Oui, je suis d’accord pour appartenir à la mouvance présidentielle, mais cela ne signifie pas nécessairement dissoudre ou fusionner notre parti au sein du GMD. Pour le moment, je ne peux pas dire si nous allons fusionner ou non. Je n’ai pas encore réuni le bureau politique ni consulté la coalition. J’attends que nous nous retrouvions pour en discuter sereinement, et ensuite nous aviserons.

Si vous deviez accepter une fusion, sous quelles conditions le feriez-vous ?

Je ne saurais le dire tant que je n’ai pas échangé avec le bureau politique national. Je ne suis pas seul dans ce parti. J’ai été élu tout récemment, mais le bureau politique compte au moins une cinquantaine de membres.

Je pense donc qu’il est indispensable de convoquer une réunion afin d’en discuter collectivement. S’il devait y avoir des conditions à poser, ce serait au bureau politique d’en décider. Et le moment venu, je transmettrai ces conditions aux autorités concernées.

A suivre !

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 31 janvier 2026 08:26

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