Détournement présumé de 12 milliards GNF: Premier “revers” pour Soriba Soumah

CONAKRY-C’est une première “défaite” pour Soriba Soumah, poursuivi pour un détournement présumé de deniers publics estimé à une dizaine de milliards. En marge de sa première comparution ce lundi 4 mai 2026, ses conseils ont déposé une demande de liberté provisoire. Une requête rejetée par la chambre de jugement de la CRIEF. Le Directeur Général du Centre National de Formation Sociale Appliquée Jean-Paul II, qui a plaidé non-coupable, restera donc en prison.

Au cœur de ce procès, c’est une subvention de plusieurs milliards Gnf qui aurait été détournée. Soriba Soumah est sommé de justifier l’utilisation de 12 milliards de GNF alloués au Centre national de formation sociale Jean Paul II. À la barre, le prévenu a lui-même retracé l’historique des budgets alloués à cet Établissement Public Administratif (EPA) ces dernières années.

Selon lui, en 2022 le centre a reçu plus de 2 milliards GNF. 2023 à 2025, une moyenne constante de 6 milliards GNF par an. Puis en 2026, un pic de 12 milliards GNF. Ce montant a été alloué par l’État guinéen pour l’acquisition d’équipements médicaux destinés à la rénovation et à l’équipement du centre Jean Paul II.

C’est précisément la gestion de cette enveloppe “exceptionnelle” qui se trouve aujourd’hui sous le scanner de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. Un contrat signé entre les parties concernées aurait donné lieu à plusieurs opérations de décaissement sans pièces justificatives clairement établies.

Devant la Cour, Soriba Soumah a tenté de défendre son intégrité, détaillant  ses revenus et ses biens personnels. Le haut cadre indique avoir un salaire de fonctionnaire de 3,5 millions GNF avec une prime mensuelle de 15,5 millions GNF. Il affirme ne posséder aucun bien immobilier bâti, mais un seul terrain acquis en 2023 à Kenendé (Dubréka) pour 150 millions GNF, ainsi qu’un véhicule acheté à 33 millions GNF.

Malgré les arguments de la défense plaidant un « défaut de preuves » contre son client ainsi que contre l’entrepreneur Ismaël Traoré parton de la société AT Service, le Parquet Spécial s’est fermement opposé à toute mise en liberté. Le Procureur Charles Wright défend la nécessité de maintenir les prévenus en détention jusqu’à ce que « la vérité éclate au grand jour ».

Tranchant sur siège, la cour a rejeté les demandes de mise en liberté provisoire et a renvoyé l’affaire  au 11 mai prochain, date à laquelle la partie civile devra comparaître pour la suite des débats.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 4 mai 2026 18:06

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