Vulgarisation du Code de l’Enfant : le ministre de la Justice mobilise les étudiants de l’UGLC de Sonfonia

CONAKRY – La campagne nationale de vulgarisation du nouveau Code de l’Enfant guinéen se poursuit. Dans ce cadre, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, accompagné du procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, Fallou Doumbouya, du procureur spécial près le Tribunal pour Enfants, Cé Avis Gamy, ainsi que de plusieurs chefs de juridictions et hauts cadres de l’appareil judiciaire, a pris part, ce samedi 20 juin 2026, à une activité de sensibilisation organisée à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Présidée par le Garde des Sceaux, cette rencontre visait à renforcer les capacités des étudiants et des enseignants sur les questions liées à la protection de l’enfant et à la justice pour mineurs. L’activité a été marquée par un procès fictif animé par des étudiants, à l’initiative du Tribunal pour Enfants de Conakry.

Prenant la parole, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a souligné l’importance de cette initiative pédagogique dans la compréhension des mécanismes de protection judiciaire. « Cette simulation permet aux étudiants de mieux appréhender les principes fondamentaux de la justice juvénile : la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, le respect de sa dignité, la présomption de son potentiel de réinsertion et la nécessité de privilégier son éducation plutôt que sa stigmatisation. Un enfant n’est jamais un adulte en miniature, c’est un être en construction pour l’avenir d’une nation. Lorsqu’un enfant est abandonné, violenté, exploité ou privé de ses droits, c’est l’avenir même du pays qui est menacé », a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara.

Le ministre a rappelé que le Code de l’Enfant constitue l’un des instruments majeurs de protection en Guinée, consacrant notamment le droit à l’identité, à l’éducation, à la santé, ainsi que la protection contre toutes les formes de violence, d’abus, d’exploitation, de traite, de mariage précoce et de discrimination.

Insistant sur la nécessité de diffuser ce texte, le ministre a ajouté : « Une loi, aussi moderne soit-elle, ne produit ses effets que lorsqu’elle est connue, comprise et appliquée. C’est pourquoi de telles activités sont essentielles. Nous devons faire du Code de l’Enfant un outil vivant, accessible à tous : magistrats, avocats, policiers, enseignants, parents, leaders communautaires et étudiants. »

S’adressant directement aux étudiants, le Garde des Sceaux les a invités à s’approprier les dispositions du texte et à devenir des acteurs engagés : « Je vous invite à développer une expertise en matière de justice juvénile et à devenir des ambassadeurs de la protection de l’enfance partout où vous serez appelés à servir. L’histoire d’une nation s’écrit dans la manière dont elle traite ses enfants. Chaque droit garanti est un pas supplémentaire vers une société plus juste et plus humaine. »

De son côté, le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry a rappelé que la protection de l’enfance n’est pas une simple assistance sociale. « Ce n’est ni une faveur accordée aux enfants ni une œuvre de bienfaisance. C’est une exigence juridique, une obligation morale, une responsabilité sociale et un impératif national. La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît à chaque mineur le droit de grandir dans un environnement empreint de sécurité, d’amour et de respect de sa dignité », a expliqué Fallou Doumbouya.

Le procureur général a également insisté sur la place centrale de l’intérêt supérieur de l’enfant : « Ce n’est pas un simple principe théorique, c’est une règle d’action. Il doit orienter les comportements des parents, guider les éducateurs, inspirer les autorités administratives et éclairer les décisions judiciaires. Protéger un enfant, c’est garantir son droit à la vie, préserver sa santé, favoriser son épanouissement et lui permettre de développer pleinement son potentiel. »

Évoquant les conséquences des atteintes aux droits des enfants, M. Doumbouya a averti : « Ces situations fragilisent l’estime de soi, compromettent les apprentissages et favorisent l’exclusion sociale. Elles affaiblissent le tissu social et nuisent au développement harmonieux de la société. À l’inverse, chaque enfant protégé et valorisé représente une richesse inestimable pour la Nation. » Le magistrat conclut en rappelant que la protection de l’enfance exige une synergie entre la famille, l’école, la communauté et les institutions publiques.

Présent à cette activité, le chef de section politique, presse et information de la délégation de l’Union européenne en Guinée, a salué les avancées enregistrées. Selon Paulo Barroso Simoes, ce texte figure parmi les plus protecteurs de la sous-région, même s’il demeure encore insuffisamment connu du grand public.

« Avec l’appui de l’Union européenne, les procès simulés permettent aux étudiants en droit de découvrir concrètement le fonctionnement de la justice des mineurs. En renforçant les compétences pratiques des étudiants, nous espérons que les plus vulnérables, les jeunes, seront mieux entendus et mieux défendus », a affirmé M. Simoes.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 juin 2026 18:25

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