Criminalité: Quand des escrocs inventent une « fausse » ambassade de Guinée en Sierra Leone, plusieurs arrestations
FREETOWN / CONAKRY – Un vaste réseau transfrontalier d’escroquerie et de traite d’êtres humains vient d’être “partiellement” démantelé en Sierra Leone. Les suspects, des ressortissants guinéens, géraient une fausse ambassade et ciblaient de jeunes migrants en quête d’un voyage pour l’Europe ou l’Amérique, a appris Africaguinee.com.
C’est un coup de filet majeur dans la lutte contre la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest. Les forces de l’ordre sierra-léonaises, en étroite collaboration avec les services de sécurité guinéens, ont mis fin aux activités d’un groupe criminel qui avait poussé l’audace jusqu’à ouvrir une représentation diplomatique fictive en province. (Image d’illustration).
Une « ambassade » de façade au cœur de l’arnaque
D’après nos informations, les cerveaux de ce réseau opéraient depuis une villa située à Makeni, dans le nord de la Sierra Leone. Ils avaient frauduleusement baptisé cette demeure « Ambassade de Guinée » et s’y faisaient passer pour des diplomates accrédités.
Pour attirer leurs victimes, principalement de jeunes Guinéens, les escrocs utilisaient le modèle de vente pyramidale QNET comme levier de recrutement et d’extorsion de fonds, apprend-on. Ils miroitaient de fausses promesses de voyage et de visas vers des destinations très prisées, notamment le Canada, les États-Unis, l’Australie et l’Europe, assorties d’opportunités d’embauche fictives. À ce jour, des dizaines de familles guinéennes flouées ont déjà porté plainte.
Arrestations et extraditions en série
Les investigations policières ont mené à l’interpellation de plusieurs suspects clés à travers le territoire sierra-léonais :
- Mamadi Condé, arrêté à Makeni, identifié comme le locataire de la villa incriminée.
- Mamoudou Diawara et Kaba Konaté (dit Kabakè), tous deux interpellés dans la ville de Bo.
Dans le cadre des accords de coopération sécuritaire et judiciaire entre Freetown et Conakry, les trois hommes ont été extradés vers la Guinée à la mi-mars dernier. Après avoir transité par le poste-frontière de Pamlap, ils ont été remis à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) à Conakry, d’après nos sources. Pris en charge par Interpol Guinée, leur procès a d’ores et déjà débuté devant les juridictions guinéennes.

Par ailleurs, une autre opération distincte menée par l’Unité spécialisée de lutte contre la criminalité Transfrontalière Organisée (TOCU) a permis l’arrestation de 25 autres ressortissants guinéens également impliqués dans des arnaques au voyage vers l’Australie et le Canada.
Des cerveaux toujours en fuite
Malgré ce coup d’arrêt, la traque continue. D’après nos informations, les autorités recherchent activement le principal instigateur du réseau, Mamadi Douno, qui usurpait la fonction de consul de Guinée en prétendant que les services consulaires avaient été délocalisés à Makeni. Ce dernier se terrerait actuellement à Conakry.

Deux autres complices, Bailo Sow (basé à Waterloo, près de Freetown) et un certain Baldé (faisant la navette entre les deux capitales), sont également dans le collimateur de la police.
Face à la gravité de cette affaire, qui entache l’image de l’État à l’étranger et ruine de nombreux citoyens, des mesures d’urgence sont préconisées, notamment le démantèlement définitif de tous les locaux liés à QNET et l’extradition systématique vers la Guinée de tout ressortissant impliqué dans ces réseaux criminels.
Affaire à suivre!
Africaguinee.com
Créé le 25 mai 2026 16:31Nous vous proposons aussi
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