Dar-es-Salam: Touché par balle, Thierno Bella Diallo succombe à ses blessures (famille)

CONAKRY – Le drame s’est produit dans la soirée du mercredi 24 juin 2026 à Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia. Thierno Bella Diallo, âgé de 17 ans, a perdu la vie après avoir été atteint d’une balle à la poitrine alors qu’il participait à une séance de football sur un terrain du quartier.

Selon les témoignages recueillis par notre rédaction, le jeune homme aurait été touché lors d’échauffourées ayant éclaté dans le secteur à la suite d’une manifestation contre un chef de quartier “décrié”. Rencontré ce jeudi 25 juin 2026 à Hamdallaye-Kabalayah, son oncle, Hassan Diallo, est revenu en détail sur les circonstances de ce drame qui a plongé toute une famille dans la douleur.

« Je suis rentré du travail aux environs de 14 heures. J’étais fatigué et je me suis couché pour me reposer. Aux alentours de 17 heures, on est venu me réveiller brusquement pour m’annoncer que mon neveu avait été touché par balle en pleine poitrine. Sur le coup, je n’arrivais même pas à croire à ce qu’on me disait. J’ai immédiatement cherché à comprendre ce qui s’était passé. Les jeunes qui l’avaient transporté à l’hôpital m’ont expliqué qu’une manifestation avait éclaté à Dar-es-Salam autour d’un problème lié à un chef de quartier qui ne faisait pas l’unanimité parmi les habitants », a-t-il relaté.

Thierno Bella Diallo

Selon lui, les troubles se sont ensuite propagés jusqu’au terrain où le jeune homme s’entraînait. « Cette manifestation s’est déplacée vers le terrain de football où mon neveu jouait. C’était un passionné de football. Tous les jours ou presque, il s’entraînait entre 16 heures et 17 heures. Les manifestants auraient été poursuivis dans le quartier et, lorsqu’ils sont arrivés au niveau du terrain, la situation s’est transformée en échauffourées. C’est à ce moment-là que des tirs auraient été effectués. Une balle l’a atteint en pleine poitrine, pratiquement au niveau du cœur. Les jeunes présents sur place l’ont immédiatement évacué vers l’hôpital Jean Paul II », a expliqué Hassan Diallo.

Hassan Diallo

L’oncle de la victime affirme que le jeune garçon a d’abord été pris en charge avant d’être transféré vers un autre centre hospitalier. « À l’hôpital Jean Paul II, les médecins ont fait ce qu’ils pouvaient pour le stabiliser. Mais ils nous ont expliqué qu’ils ne disposaient pas du matériel nécessaire pour retirer la balle qui s’était logée à proximité du cœur. Pendant ce temps, il faisait une importante hémorragie interne. Les médecins nous ont alors recommandé de le transférer d’urgence à l’hôpital national Donka afin qu’une intervention plus adaptée puisse être réalisée. Nous avons suivi cette recommandation et il a été conduit à Donka. Malheureusement, malgré tous les efforts entrepris, il a fini par succomber à ses blessures aux environs de 18 heures », a-t-il poursuivi.

Âgé de seulement de 17 ans, Thierno Bella Diallo était élève et nourrissait de grandes ambitions dans le domaine du football, raconte son oncle.« C’était un enfant plein de vie, un élève sérieux mais aussi un très grand rêveur. Son plus grand rêve était de devenir footballeur professionnel. Toute la famille connaissait cette passion qui l’animait depuis plusieurs années. Nous faisions de notre mieux pour l’accompagner. Chaque fois qu’il avait besoin d’équipements sportifs ou d’un quelconque soutien pour progresser dans cette voie, nous essayions de répondre présents. Nous voulions lui donner toutes les chances de réussir. Aujourd’hui, ce rêve s’est brutalement arrêté. C’est une immense douleur pour nous parce qu’un jeune qui avait toute la vie devant lui vient de disparaître », a-t-il regretté.

Hassan Diallo affirme également avoir vécu des moments difficiles lorsqu’il tentait de rejoindre son neveu après avoir appris qu’il avait été blessé. « Lorsque j’ai quitté la maison pour aller voir ce qui se passait, j’ai trouvé un important dispositif sécuritaire à proximité. Il y avait plusieurs pick-up stationnés. J’ai voulu passer pour rejoindre mon neveu, mais on m’en a empêché. J’ai expliqué ma situation et présenté mon badge. Au départ, les agents ne voulaient pas me laisser passer. J’avais l’impression qu’ils ne souhaitaient pas coopérer. Heureusement, certains ont compris que j’étais simplement un proche inquiet qui cherchait à secourir un membre de sa famille. Finalement, ils m’ont autorisé à continuer », a-t-il expliqué.

Il dit avoir été confronté à une autre altercation alors qu’il se rendait à l’hôpital. « Une seconde fois, alors que je me trouvais au niveau de l’échangeur de Dixinn pour chercher une poche de sang, j’ai reçu un appel m’annonçant le décès du petit. J’étais complètement bouleversé. Le jeune qui m’accompagnait à moto pleurait également. À ce moment-là, des policiers nous ont demandé de quitter les lieux d’une manière que nous avons jugée très brutale. Je leur ai dit que nous venions d’apprendre la mort d’un proche et qu’il fallait faire preuve d’un minimum d’humanité. Ils m’ont répondu que même si nous avions perdu quelqu’un, nous n’avions rien à faire à cet endroit. La discussion est devenue tendue avant que d’autres agents n’interviennent pour calmer la situation », a-t-il ajouté.

Concernant une éventuelle action judiciaire, la famille n’a pas encore arrêté sa position.« Pour le moment, aucune décision définitive n’a été prise. J’ai des grands frères, des oncles et d’autres proches avec qui nous devons nous concerter. Nous allons réfléchir ensemble et voir quelles démarches entreprendre dans les prochains jours. Aujourd’hui, notre priorité reste d’abord de faire notre deuil », a indiqué Hassan Diallo.

Selon lui, les démarches administratives étaient en cours pour permettre la restitution du corps à la famille. « Certains membres de la famille sont à Donka afin de finaliser les formalités nécessaires à la libération du corps. On nous a demandé de fournir certains documents administratifs. Dès que toutes les procédures seront achevées, nous pourrons récupérer le corps et organiser l’inhumation. Si tout se déroule comme prévu, l’enterrement pourrait avoir lieu après la prière de 14 heures », a-t-il précisé.

La douleur est d’autant plus grande que le père du jeune garçon est décédé récemment, confie notre interlocuteur. « Son père est mort il n’y a même pas un an. Aujourd’hui, c’est son fils qui disparaît à son tour. Pour la famille, c’est une épreuve extrêmement difficile. Nous souffrons énormément, mais face à certaines situations, on se sent impuissant. Nous demandons simplement à Dieu de lui accorder Son paradis et de donner à toute la famille la force de supporter cette douleur ».

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

 

Créé le 25 juin 2026 13:30

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