Crypto-actifs et placements financiers en ligne : la Banque centrale alerte sur les plateformes non autorisées de trading
CONAKRY- La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des plateformes, groupes et personnes proposant au public des services de trading, d’investissement en crypto-actifs ou de placement financier en ligne. Dans un communiqué publié ce 19 août 2026, l’institution appelle les citoyens à la vigilance et rappelle qu’aucune entité n’a, à ce jour, reçu son agrément pour exercer des activités de trading sur crypto-actifs ou de placement financier en ligne en Guinée.
Ces offres sont notamment diffusées à travers les réseaux sociaux, les applications de messagerie et différents supports numériques. Des victimes interrogées par Africaguinee.com ont confié leur amère expérience avec certaines de ces plateformes. La BCRG affirme également avoir été saisie par des citoyens se déclarant victimes de ces pratiques.
« Certaines communications font état d’entités se présentant comme des plateformes ou courtiers enregistrés à l’étranger. Ces entités prétendraient offrir des services d’investissement, de trading de cryptomonnaies, de change, de gestion de capitaux ou de rendement financier, parfois en association avec des groupes ou équipes locales », explique la Banque centrale.
Dans sa communication, la BCRG rappelle que toute activité de collecte de fonds, de placement, d’intermédiation financière, de change, de transfert de fonds ou de services financiers exercée en République de Guinée doit être préalablement autorisée par les autorités compétentes, conformément à la réglementation en vigueur.
« À ce jour, la BCRG n’a délivré aucun agrément ni aucune autorisation à une entité pour l’exercice d’activités de trading sur crypto-actifs ou de placements financiers en ligne », a indiqué l’institution dirigée par Dr Karamo Kaba.
Les pratiques qui doivent alerter
Selon la BCRG, les citoyens doivent faire preuve de vigilance face aux offres présentant notamment les caractéristiques suivantes :
- promesse de gains élevés, rapides ou garantis ;
- obligation de recruter de nouveaux membres ou investisseurs ;
- demandes de versement par Mobile Money, virement bancaire, crypto-actifs ou par des canaux informels ;
- blocage des retraits, suivi d’exigences de paiement de frais supplémentaires ;
- utilisation de documents, certificats ou captures d’écran censés prouver l’existence d’un agrément à l’étranger ;
- absence d’adresse physique vérifiable, de registre officiel, de numéro d’agrément ou de responsable légal clairement identifié ;
- recours à des groupes WhatsApp, Telegram, Facebook ou à d’autres canaux non officiels pour collecter des fonds.
Elle précise qu’un éventuel enregistrement auprès d’une autorité étrangère ne constitue pas automatiquement une autorisation d’exercer en République de Guinée. « De même, une simple inscription déclarative à l’étranger ne saurait être assimilée à un agrément bancaire ou financier délivré par la BCRG », souligne l’institution.
Les recommandations de la BCRG
Face à l’ampleur du phénomène, la Banque centrale formule plusieurs recommandations à l’endroit du public. Elle invite notamment les citoyens à :
- ne remettre aucun fonds à des plateformes ou personnes non autorisées ;
- vérifier systématiquement l’agrément des établissements financiers avant toute opération ;
- se méfier des offres de placement présentant des rendements anormalement élevés ;
- conserver toute preuve de paiement, conversation, contrat, capture d’écran ou document reçu ;
- signaler sans délai toute activité suspecte aux autorités compétentes.
Selon la Banque centrale, les personnes qui participent à la promotion, à la collecte de fonds ou à la représentation d’entités non autorisées s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
« La Banque Centrale se réserve le droit de saisir les autorités judiciaires compétentes en cas d’indices d’exercice illégal d’activités financières, de collecte illicite de fonds, de blanchiment de capitaux, d’escroquerie ou de toute autre infraction connexe », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié ce 19 août 2026.
Ce que prévoit le Code pénal
Selon Elhadj Boubacar Bah, juriste, ces infractions renvoient notamment à l’article 403 du Code pénal guinéen, qui définit l’escroquerie comme le fait d’utiliser un faux nom, une fausse qualité, l’abus d’une qualité vraie ou des manœuvres frauduleuses afin de tromper une personne et de la déterminer à remettre des fonds ou des biens.
« L’infraction est passible d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 1 à 50 millions de francs guinéens, ou de l’une de ces deux peines seulement », a-t-il fait savoir.
Africaguinee.com
Créé le 20 août 2026 15:08Nous vous proposons aussi
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