Crise du ciment à Faranah : « Nous ne savons plus où donner de la tête… »
La préfecture de Faranah n’est pas épargnée par la une pénurie de ciment qui “paralyse” depuis plusieurs mois, le secteur du BTP en Guinée. Cette crise a provoqué une flambée des prix, mettant à l’arrêt de nombreux chantiers et impactant durement le quotidien des professionnels. Les causes de cette situation sont multiples, allant de la dégradation des infrastructures routières à la concurrence des grands projets.

La dégradation des routes, facteur clé de l’augmentation des prix
Selon Bangaly Savané, distributeur de ciment dans le quartier de Tonkolonko, la vétusté du tronçon routier Faranah-Mamou est la principale raison de la hausse des prix. « Avant, le transport d’une tonne de ciment de Conakry à Faranah coûtait 300 000 GNF, soit 15 000 GNF par sac. Aujourd’hui, les transporteurs exigent 500 000 GNF pour la tonne, soit 25 000 GNF par sac« , explique-t-il. Pour contourner la mauvaise route, les transporteurs sont obligés de passer par Mamou-Dabola, ce qui allonge le trajet et alourdit les coûts.

Cette augmentation des frais de transport se répercute directement sur le prix de vente au détail. Le sac de ciment 42, qui se vendait à 85 000 GNF, est désormais à 120 000 GNF. De même, le ciment 32 est passé de 75 000 GNF à 110 000-115 000 GNF. M. Savané pointe également une possible rupture de stock de clinker, une matière première essentielle, comme autre explication de cette crise.
La concurrence des grands projets et la paralysie des petits entrepreneurs

La rareté du ciment n’est pas une première à Faranah. Par le passé, un manque de camions avait déjà été observé, car de nombreux transporteurs se sont mis au service des entreprises chinoises en charge de la construction des rails du projet Simandou, qui offraient des tarifs de transport plus avantageux.
Aujourd’hui, c’est l’explosion des prix qui pose problème. De nombreux chantiers sont à l’arrêt, et les particuliers comme les professionnels attendent une baisse des prix pour reprendre leurs travaux. Un entrepreneur d’un chantier d’État, souhaitant garder l’anonymat, confie avoir cessé ses activités il y a trois mois faute de ciment.
Saloum Condé, un artisan spécialisé dans la fabrication de balustres, témoigne des conséquences directes de cette crise.

« Nous rencontrons d’énormes difficultés à cause de la rareté et de la cherté du ciment. J’achetais le sac de ciment 42 à 85 000 GNF, et maintenant il est à 120 000 GNF. Si nous ajustons nos prix, les clients n’achèteront plus. Nous ne savons plus comment nous en sortir« , déplore-t-il. Il ajoute que l’arrêt des chantiers réduit considérablement la demande pour ses produits, le privant de sa principale source de revenus.
Les acteurs du secteur lancent un appel à l’État pour qu’il intervienne et trouve une solution à cette crise. Leur survie économique dépend d’une stabilisation rapide du marché.
Alpha Amadou Barry
Correspondant régional d’Africaguinee.com
à Faranah
Créé le 12 août 2025 12:18Nous vous proposons aussi
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