Crise à la Fédération de Boxe : Bogola Haba sort les gants et recarde les belligérants (exclusif)

CONAKRY – Une crise latente mine la Fédération guinéenne de boxe depuis plus d’une année. Deux camps s’opposent à la tête de cette organisation sportive autour de l’organisation d’un congrès visant à changer l’équipe dirigeante actuelle. Alors que les belligérants s’affrontent par médias interposés, le ministre des Sports, que nous avons interrogé, a donné la position de son département.

AFRICAGUINEE.COM : La Fédération guinéenne de boxe traverse une crise. Qu’en savez-vous ?

KÉAMOU BOGOLA HABA : Non, il n’y a pas de crise là-bas. Je crois que vous pouvez bien le comprendre. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons demandé à chacun de respecter l’État et de respecter la loi sur le sport. Cette loi impose qu’il n’y ait qu’une seule fédération par discipline. Il ne doit donc pas y avoir de multiplication des fédérations. Nous ne pouvons pas accepter un bicéphalisme, ce n’est pas la règle.

Lorsque j’ai été saisi du dossier, j’ai appelé les deux parties pour clarifier la situation et leur rappeler que la dernière assemblée générale ayant mis en place le bureau actuel s’est tenue, je crois, en 2021 ou 2022 — je ne me souviens pas de la date exacte. Mais le bureau issu de cette assemblée a un mandat qui prend fin en 2025. Nous leur avons donc demandé d’être tous d’accord et de travailler ensemble. Il s’agit d’un différend entre un secrétaire général et son président. Si vous n’êtes pas satisfait de votre président, il faut attendre la fin de son mandat et ensuite faire acte de candidature. Nous sommes dans un État organisé. Vous ne pouvez pas, parce que vous n’aimez pas un président, créer une deuxième République. Et cela, pour nous, n’est pas acceptable.

Nous reconnaissons donc une seule fédération : celle qui a été élue lors de la dernière assemblée générale. C’est cette fédération que nous soutenons officiellement. Maintenant, afin d’être à l’écoute de tout un chacun, nous avons demandé à l’ensemble des belligérants de nous transmettre la liste des clubs, des affiliés et de tous les membres. Nous allons mener une inspection pour identifier les véritables pratiquants, car notre mission n’est pas d’hériter des crises, mais de nous assurer que la boxe est effectivement pratiquée par nos athlètes.

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Les listes des clubs, qui auraient dû nous parvenir depuis le mois dernier, nous permettront de réaliser un audit afin de déterminer qui sont réellement les acteurs de la boxe et quel rôle chacun joue. Ce sont ces acteurs qui doivent constituer l’assemblée générale à venir. Nous ne voulons pas d’une assemblée composée de membres fictifs. Nous voulons de vrais pratiquants, des personnes qui ont investi leurs moyens et qui ont encadré des jeunes. Ce sont eux qui doivent se retrouver pour participer à cette assemblée, afin de mettre en place un bureau reconnu par tous. C’est ce que nous sommes en train de faire.

La fédération dirigée par M. Baldé, actuellement en place, a décidé d’organiser une assemblée à Fria. Nous lui avons demandé de surseoir à cette initiative jusqu’à la fin de notre travail. Ils peuvent organiser leur championnat à Fria, mais pas une assemblée, tant que le ministère n’a pas donné son feu vert. Nous devons d’abord mener cet audit, puis, sur la base des données fournies par toutes les parties, nous accorder sur la suite à donner. Si les textes doivent être révisés pour être conformes à la loi 018, nous leur demanderons de le faire. Seuls les acteurs reconnus par tous participeront à cette assemblée, afin d’aboutir à un vote crédible.

Le reste relève de la spéculation. Le plus important pour nous, ce sont les athlètes et ceux qui les accompagnent. Que ce soit les membres de la fédération, le ministère ou les managers, nous sommes là pour les athlètes. Personne ne doit mettre son intérêt personnel au-dessus de cette cause. Les fédérations ne sont pas des propriétés privées. Elles relèvent de l’État, qui leur délègue une partie de son pouvoir. Elles sont des entités d’utilité publique. Personne ne devrait se considérer comme propriétaire d’une fédération.

Les fédérations appartiennent à l’État. Elles reçoivent une délégation pour réglementer une discipline au niveau national. Ensuite, elles s’affilient aux organisations africaines et internationales. Ce n’est pas l’inverse. Ce ne sont pas les associations internationales ou africaines qui créent les fédérations nationales. C’est l’État qui crée la fédération, laquelle s’affilie ensuite aux instances continentales et mondiales. Tout cela a été clarifié. Chacun doit donc mettre de l’eau dans son vin et se soumettre à ces principes s’il veut contribuer au développement de la boxe.

Donc, pour vous, il n’est pas question d’organiser un congrès avant la fin du mandat de la fédération actuelle ?

Le mandat officiel de l’équipe actuelle prend fin en 2025, selon les informations dont nous disposons. Nous souhaitons donc que cela soit organisé en janvier. La fédération avait envisagé d’anticiper en organisant le congrès en décembre, mais nous leur avons demandé de ne pas le faire, de se limiter à l’organisation de leur championnat et d’attendre que le ministère achève son inspection.

Sur la base des données fournies par toutes les parties, nos directeurs préfectoraux de la jeunesse et des sports, nos inspecteurs ainsi que les cadres de la direction connaissent les véritables acteurs de la boxe, que ce soit à Conakry ou dans les régions. Moi-même, je participe activement aux activités de la boxe. Nous savons qui peut prendre des décisions pour cette discipline et qui sont les intrus. Chaque groupe a fourni des listes, mais certaines ne correspondent pas à la réalité du terrain. Il faut donc tout vérifier afin que seuls les véritables acteurs soient autour de la table pour l’élection.

Dossier à suivre!

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

Créé le 24 décembre 2025 09:31

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