Construction des routes: le centre-ville de Kindia « oublié », des usagers à bout…
KINDIA – Le centre-ville de Kindia, habituellement animé, se débat actuellement sous le poids d’une voirie urbaine en piteux état, rendue presque impraticable par les pluies torrentielles de la saison. Nids-de-poule béants, boue omniprésente et embouteillages monstres sont le lot quotidien des habitants, qui expriment leur désarroi et lancent un appel pressant aux autorités.
Les plaintes fusent de toutes parts, décrivant un centre-ville particulièrement touché, où la circulation est devenue un véritable calvaire. Les usagers, qu’ils soient riverains, commerçants ou conducteurs, sont unanimes : la dégradation des routes impacte lourdement leur quotidien.

Mamadou Sanoussy Diallo, riverain et vendeur au marché Yenguèma dans le quartier Abattoir 2, ne cache pas son exaspération : « Les routes du centre-ville de Kindia sont toutes impraticables. La route qui mène vers Yenguèma est complètement dégradée. Partout c’est de la boue, des nids de poules surtout pendant cette période de grandes pluies. Les autorités doivent réagir vite afin de trouver une solution. Nous qui sommes au bord de la route comme vous le constatez nous sommes assis dans la boue. C’est cette boue qui nous fatigue ici. Les autorités n’ont qu´à nous aider à avoir une route. Tous les charretiers, les conducteurs de motos et de véhicules roulent dans la boue de jour comme de nuit. Honnêtement nous souffrons sur ce tronçon. »

Sâakaba Leno, jeune diplômé et conducteur de mototaxi sur le tronçon Ligne Rouge dans le quartier Manquepas, exprime son « calvaire » quotidien : « L’état de la route n’est pas bon, surtout au centre-ville de Kindia. Ils ont mis le bitume dans les quartiers périphériques et oublié le centre-ville. Nous demandons le soutien de notre maire qui a accès au président, de nous aider par rapport à la voirie urbaine. En longueur de journée, les embouteillages nous fatiguent. Tu peux te retrouver dans l’embouteillage pendant trente minutes au centre-ville. Autre problème, ce sont les camions stationnés au bord de la route. Vous voyez la route de la Ligne Rouge en partance vers Condetta, elle est impraticable. Ils ont mis le bitume dans tous les quartiers, mais ici il reste encore. Le centre-ville, la boucherie à la sortie, c’est un véritable calvaire. »

Mamadou Chérif Barry, conducteur de tricycle habitué du tronçon CFAO Grand Marché, abonde dans le même sens, soulignant la chute de qualité des routes à l’approche du centre-ville : « Nous rencontrons beaucoup de difficultés sur cette route qui a atteint un niveau de dégradation inquiétant. Tu peux venir des quartiers périphériques dans des très bonnes conditions, mais arriver en ville c’est tout un calvaire. Tu subis tellement de mouvements de cascade. Les autorités doivent prendre les dispositions nécessaires pour arranger les routes, surtout au centre-ville ici. »

Caravansérail, oublié du bitumage
N´famoussa Sylla, conducteur de mototaxi sur la ligne Caravansérail – Rails, partage également les difficultés de son parcours : « Nous sommes confrontés à d’énormes difficultés. La route est impraticable. Regardez même le pont qui relie les quartiers Caravansérail et Gada-wawa risque de céder si des dispositions ne sont pas envisagées dans les jours à venir. Si tu croises un camion sur cette route, tu es obligé de céder le passage. S’il pleut c’est le pire calvaire. Nous demandons aux autorités de mieux faire pour trouver une solution par rapport aux routes urbaines. »

Le sentiment d’abandon est particulièrement palpable dans le quartier Caravansérail. Youssouf Daffé, un citoyen de la localité, rappelle qu’un projet de bitumage n’a pas inclus cette zone : « Un projet était venu pour bitumer la voirie de Kindia, mais ce sont quelques quartiers qui en avaient bénéficié et le centre-ville est resté en marge de ce projet. À Caravansérail, c’est de la boue qu´ils sont venus verser chez nous, c’est ce qui fait qu’il y a assez de saletés chez nous. Pendant cette période de pluie, quand tu sors, tu rentres avec ta moto très sale. D’ici Tanèné Kella, il n’y a pas de route. Depuis le temps de Lansana Conté cette route n’a pas connu de bitumage. Nous demandons aux autorités de nous aider à avoir une bonne route. »

Un appel urgent à l’action
Face à cette situation critique, les habitants interrogés lancent un appel vibrant aux autorités locales et nationales. Ils espèrent que des mesures concrètes seront rapidement prises pour réhabiliter la voirie urbaine, afin de redonner à Kindia des routes dignes de ce nom et d’améliorer le quotidien de ses citoyens.
Depuis Kindia, Chérif Keita
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 juillet 2025 13:54
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