Congestion portuaire : “C’est une difficulté qui va encore perdurer”, selon Ousmane Gaoual

CONAKRY – Le port autonome de Conakry fait face à une saturation depuis plusieurs mois, pénalisant de nombreux citoyens, notamment les importateurs. Alors que cette situation perdure, le gouvernement guinéen semble peiner à trouver une solution durable, alors que l’impact commence à se faire sentir chez les consommateurs.

La congestion au port n’est pas un secret”, a admis le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, soulignant les difficultés des autorités à répondre aux besoins des importateurs. Selon lui, cette crise est le résultat d’un succès trop rapide.

On a connu une augmentation de près de 42 % des activités au cours du dernier trimestre au port de Conakry. Quand un enfant grandit vite, ses os deviennent fragiles car ils n’ont pas le temps d’absorber tout le calcium. C’est exactement ce qui nous est arrivé”, a-t-il expliqué.

Le ministre a également pointé du doigt un manque d’anticipation. “Nous n’avons pas prévu toute cette croissance rapide, notamment induite par le projet Simandou, pour réaliser les investissements nécessaires : augmentation des quais, des machines de déchargement et des capacités de stockage. Aujourd’hui, le port manque de capacité pour stocker les marchandises. Il faudrait 500 à 600 véhicules par jour pour évacuer les marchandises, ce que nous n’avons pas.”

Pour illustrer le problème, le ministre a donné l’exemple des bateaux transportant 40 000 tonnes de céréales : “Nous ne pouvons en décharger qu’environ 1 000 tonnes par jour. Il faut donc 40 jours pour vider un seul bateau. Si nous n’avons pas de magasins pour stocker, les véhicules s’entassent sur les routes, provoquant des files interminables.”

Le manque d’entrepôts et la faible capacité de stockage touchent également les cimentiers, dont les stocks de clinker ne dépassent pas 15 jours de consommation. Les bateaux qui arrivent restent souvent en attente, aggravant le problème.

À cela s’ajoute l’incendie des entrepôts d’hydrocarbures, obligeant les autorités à utiliser un bateau comme entrepôt temporaire. “Ce bateau occupe un quai, réduisant ainsi notre capacité d’accueil pour d’autres navires”, a précisé le ministre.

Selon Ousmane Gaoual Diallo, le manque d’investissements et l’incrédulité autour du projet Simandou ont contribué à la situation actuelle. “Personne n’imaginait que le président exigerait la fin du projet avant 2025, ce qui a accéléré la demande et contribué à la congestion.”

Malgré les mesures prises pour décongestionner le port, le ministre avertit que la crise est loin d’être résolue. “C‘est une difficulté qui va encore perdurer, même si on a réussi à jubiler. (…)Même après avoir libéré un quai, les conteneurs restent sur place car les armateurs ne viennent pas les récupérer. Cela réduit notre capacité d’accueil pour de nouvelles cargaisons. L’arrivée du Simandou complique encore la situation, car la route maritime principale vers Conakry risque d’être saturée.”

Concernant le port de Moribaya, construit pour le projet Simandou, il n’a pas la profondeur nécessaire pour accueillir de gros navires. “Nous devons utiliser des barges pour transporter le fer vers la haute mer et charger les supertankers. Ni Morebaya ni Conakry ne peuvent accueillir ces gigantesques bateaux de 200 à 400 000 tonnes. Des études sont en cours pour développer des ports en eau profonde à Dovali et Gonzales, qui accueilleront aussi les futurs chantiers navals.”

Ousmane Gaoual Diallo conclut : “Ces difficultés sont le signe de notre succès. C’est toujours mieux d’avoir des problèmes liés à la croissance qu’à l’échec, même si cela pénalise pour le moment.”

Siddy Koundara Diallo,

pour Africaguinee.com

Créé le 1 décembre 2025 16:59

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