Cas des partis politiques : « Ce n’est pas une chasse aux sorcières », précise Zénab Camara

CONAKRY-Après la publication du rapport d’évaluation des partis politiques quelle va être la prochaine étape ? Comment le ministère de l’Administration du Territoire compte-t-il travailler pour aider les partis politiques à corriger les manquements ? Madame Camara Zeinab Touré, Directrice Nationale des Affaires Politiques et de l’Administration Électorale (DNAPAE) donne des explications.

MADAME CAMARA ZEINAB TOURÉ : La prochaine étape, les 37 partis politiques qui n’ont pas été évalués vont commencer à venir récupérer les outils d’évaluation à partir du 5 et 6 novembre. Ils auront deux jours pour récupérer les outils. Ensuite, ils auront trois semaines pour se préparer. Après les trois semaines, ils vont recevoir les équipes du Ministère. A la différence des premiers, il n’y a pas de mission à déployer, ce sont les directeurs préfectoraux qui vont faire l’évaluation avec les bureaux fédéraux de ces partis sur l’ensemble du territoire, dans les 33 préfectures et dans les communes. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que le ministre a pris une décision pour nommer ces responsables au niveau des préfectures et des communes de Conakry. Donc nous, au niveau central, on va visiter et ils seront soumis à la même procédure que les autres partis politiques qui ont été évalués. Ensuite, il y aura un résultat.

Deuxièmement, nous allons faire face aux partis qui sont suspendus. Les partis suspendus aussi, il y aura une commission qui va être formée et mise en place qui va les accompagner dans le processus de vérification, lever les suspensions au fur et à mesure en fonction de la documentation ou des états financiers à mettre en place et à faire certifier par des cabinets.

Et ensuite, on continuera avec les partis mis sous observation pour que les points qui ne sont pas satisfaits soient corrigés. Donc, cela va être une procédure. Mais il faut aussi se dire que c’est un processus continu qui ne va pas s’arrêter. Nous avons aujourd’hui une base de données et nous allons faire en sorte qu’en dernière position, les gens puissent soumettre leurs documents à distance, via notre plateforme que nous sommes en train de finaliser en termes de gestion des partis politiques.

Qu’est-ce qui justifie le retard de l’évaluation de ces partis politiques ?

C’est un processus. Et qui dit processus dit qu’il y a des phases. Ceux qui n’ont pas pu se faire évaluer, on leur donne une chance, on ne ferme la porte à qui que ce soit. Ils sont au nombre de 37 partis politiques sur les 211, il y en a dont les leaders n’étaient pas présents sur le territoire. Ils n’étaient pas prêts. Il y en a qui n’ont pas eu l’information parce qu’il y avait un problème d’adresse ou de géolocalisation de leur siège. Nous, on ne peut fermer la porte à aucune formation politique. Il faut donner la chance à tout le monde d’être évalué de la même façon que les autres ont été évalués.

Je pense qu’on n’a pas à se lamenter, ce n’est pas une chance de sortir. Nous avons toujours essayé de rassurer les uns et les autres. Ce qui est clair, c’est que les gens doivent respecter, premièrement, les contenus des statuts et règlements intérieurs de leur parti. Parce que le problème, c’est là où le bât blesse, et ce n’est même pas d’abord la loi. Quand vous avez mis des règles dans votre formation politique, il faut les respecter.

Quand vous dites que vous faites le congrès chaque 5 ans, vous êtes en retard de 5 ans sans congrès, 6 ans sans congrès, il faut le tenir. Donc, il faut que les gens, quand même, ne voient pas cela comme une chasse aux sorcières.

Nous sommes des techniciens, et nous sommes là depuis plusieurs régimes déjà, il faut le reconnaître. Et vous qui êtes de la presse, je ne dirais pas les plus jeunes, mais les anciens, ils savent que nous sommes là. On a servi beaucoup de régimes, on continue de travailler. Donc aujourd’hui, le CNRD et le gouvernement nous ont donné la possibilité de faire ce travail. C’est un handicap pour l’administration de ne pas pouvoir évaluer les partis politiques. Imaginez que la charte a été promulguée et mise en valeur sur place depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui.

On arrive maintenant à commencer réellement l’évaluation. Je pense qu’il y a notre part de responsabilité en tant qu’administrateur, il faut l’assumer. Il faut commencer quelque part pour faire ce travail et qu’il soit maintenant un processus continu, comme l’a dit M. le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation.

Propos recueillis par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 31 octobre 2024 16:52

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