Bras de fer Gouvernement-Syndicat : l’ultime appel des enseignants contractuels non retenus
CONAKRY – À quelques heures d’une rencontre décisive entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, prévue ce mardi 25 novembre 2025, les enseignants contractuels non retenus, lancent un ultime appel aux deux protagonistes.
Mamadou Diaka Sow, porte-parole national du collectif des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée, que nous avons joint par téléphone ce lundi, a tenu à interpeller l’intersyndicale de l’éducation – composée de la FSPE, du SLECG et du SNE – ainsi que le gouvernement et le Conseil National de Dialogue Social (CNDS), sur la situation de son groupe.
« Nous sommes à une phase extrêmement décisive de notre histoire et de l’avenir de notre pays. Depuis l’indépendance, il n’y a jamais eu un dossier aussi clair et sensible que le nôtre. Ce dossier a connu une telle lenteur et a engendré une souffrance considérable pour les enseignants qui auraient dû en bénéficier. Il faut rappeler que tous les enfants de la Guinée, filles et garçons, méritent l’égalité des chances en matière d’éducation.
Cela n’est possible que si des écoles existent dans toutes les préfectures et communes de Conakry. Et ces écoles ne peuvent fonctionner sans enseignants. C’est pourquoi, face aux besoins déjà exprimés par le ministère de tutelle — plus de 18 000 enseignants — il est évident qu’il y a un déficit énorme.
Or, nous, contractuels non retenus, ne représentons même pas la moitié de ce chiffre. Nous ne sommes qu’un peu plus de 4 000. À cela s’ajoutera le départ en retraite d’un nombre important de fonctionnaires à la fin de l’année.
Autrement dit, les besoins sur le terrain pourraient passer de 20 000 à 25 000, voire 30 000 enseignants. Pour y faire face, le gouvernement guinéen doit agir rapidement et prendre en compte l’engagement des non-retenus, qui ont servi la République de façon très patriotique. À ce sujet, le MEPU-A a également précisé que l’accomplissement de 80 heures de service était requis. »

Pour compléter les 1 080 heures, comme dans d’autres pays de la sous-région, il faut également que des enseignants soient en situation de classe, ce qui montre clairement le besoin existant, selon M. Sow. Le CNT a même approuvé cette démarche pour permettre l’engagement des contractuels non retenus, soutient-il.
“Nous sommes actuellement à une phase où l’intersyndicale entame les négociations. Nous avons soutenu cette intersyndicale et l’appelons à ne pas céder à la division ni à la manipulation, afin de défendre de manière légale et équitable les enseignants et enseignantes de Guinée. Tout le monde observe attentivement leurs actions. Ce qu’ils feront demain sera jugé tout au long de leur carrière. Nous avons confiance en eux.
Pourquoi engager les non-retenus ? Parce que nous avons, malgré la souffrance endurée, franchi toutes les étapes : identification, préenrôlement, biométrie, concours pratique de classe et concours spécifique. Tout cela démontre que nous avons rempli les conditions requises pour intégrer la fonction publique. Agir maintenant, c’est réparer l’injustice des deux ans et six mois de salaire que l’État nous doit, et préserver l’honneur du président de la République qui affirme que la justice guidera cette transition, en particulier pour les jeunes victimes d’injustice.
Nous interpellons le président de la République et toutes les entités concernées. Lors de notre rencontre du 8 septembre dernier devant la présidence et le ministère, nous avions été rassurés que nous aurions gain de cause après le référendum. Nous avons soutenu la nouvelle Constitution, mais les promesses n’ont pas été tenues. Nous avons foi que cette fois-ci, le président fera face à la situation des enseignants contractuels non retenus et que l’intersyndicale FPSE‑SLECG‑SNE défendra nos intérêts de manière juste et légale, afin d’éviter tout trouble à l’approche des élections présidentielles.
Nous ne voulons plus voir de manifestations dans les rues de la capitale. La frustration des enseignants victimes de cette injustice est palpable. Nous comptons sur le président du CNDS, Dr Alia Camara, interpellé par le Premier ministre, pour calmer les tensions et garantir notre intégration, la signature de notre arrêté d’engagement et le paiement de nos droits”.
A suivre.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 novembre 2025 06:14Nous vous proposons aussi
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