Boké : Quand l’impact de l’activité minière “asphyxie” le maraîchage à Tolagui

BOKÉ – À Tolagui, dans la commune urbaine de Boké, le quotidien des femmes maraîchères est devenu un véritable parcours du combattant. Confrontées à l’assèchement des cours d’eau provoqué par l’expansion des activités minières et à la flambée du prix des intrants agricoles, ces mères de famille voient leur principale source de revenus menacée. Entre détermination et désespoir, elles appellent les autorités à l’aide pour sauver une activité vitale pour la scolarisation de leurs enfants et l’équilibre de leurs foyers. Reportage.

Dans le secteur de Tolagui, situé dans le quartier Correrah de la commune urbaine de Boké, des dizaines de femmes maraîchères se battent quotidiennement pour assurer la survie de leurs familles. Loin des bureaux et des grands marchés, elles cultivent les bas-fonds pour subvenir à leurs besoins.

Chaque année, plusieurs hectares de tomates, piments, aubergines et gombos sont cultivés à la main par ces femmes courageuses. Malgré leur détermination, elles font face à de nombreuses difficultés, notamment le manque d’eau, la cherté des intrants agricoles et l’impact des activités des sociétés minières installées dans la zone. Djenabou Camara, maraîchère depuis plusieurs années, explique les réalités auxquelles elles sont confrontées.

« Nos maris comptent sur nous et nous avons des enfants à scolariser. C’est grâce à ce travail que nous nous occupons de la famille. J’ai commencé cette activité depuis longtemps. J’ai eu mon premier fils pendant que je faisais ce travail et aujourd’hui j’ai même des petits-enfants. Mais les difficultés sont nombreuses. Nous manquons d’engrais et d’argent. Un sac d’engrais coûte entre 450 000 et 550 000 francs guinéens, ce qui est très cher pour nous. Souvent nous sommes obligées d’acheter en détail », explique-t-elle.

L’accès à l’eau reste l’un des plus grands défis, surtout pendant la saison sèche, ajoute Djénabou Camara. « Le manque d’eau nous fatigue beaucoup. Avec l’arrivée des sociétés, la rivière de Tolagui est dégradée. À partir de mars ou avril, le marigot se tarit complètement. Chaque saison, nos cultures sont impactées. Malgré tout, nous continuons parce que c’est ce travail qui nous permet de vivre », déplore-t-elle.

Même constat pour Aïchata Kalabane, également maraîchère depuis près de vingt ans. « Je fais ce travail depuis environ vingt ans. Mais aujourd’hui les difficultés sont énormes. Il n’y a pas assez d’eau et nos cultures sèchent souvent. L’effet des usines des sociétés installées à Tolagui se fait sentir. L’engrais est très cher. Pourtant, c’est grâce à ce travail que nous vivons et que nous nous occupons de nos enfants. Nous ne connaissons pas d’autre activité », affirme-t-elle.

Face à cette situation, ces femmes lancent un appel aux autorités afin de bénéficier d’un soutien pour améliorer leurs conditions de travail. Dans cette localité de Boké, le maraîchage constitue la principale activité génératrice de revenus pour de nombreuses femmes et jeunes. Cependant, la proximité des sociétés minières et des unités de fabrication de produits miniers continue d’accentuer leurs difficultés.

Depuis Boké

Oumarsory Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 mars 2026 11:20

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