Ballet diplomatique en Guinée : Que cache la visite des émissaires de Macron, Poutine et Biden ?

CONAKRY- En l’espace d’une semaine, au moins trois diplomates de grandes puissances ont été reçus par les autorités de la transition. Officiellement, les délégués de Vladimir Poutine, d’Emmanuel Macron et de Joe Biden étaient là pour renforcer les relations de coopération et d’amitié entre la Guinée et leurs pays. Mais est-ce que c’est tout ? Pas forcément selon un acteur politique bien averti. Dans un entretien qu’il a accordé à Africaguinee.com ce samedi 15 juin 2024, Dr Edouard Zotoumou Kpogomou, président de l’UDRP (Union démocratique pour le Renouveau et le Progrès)  a donné sa lecture de la visite du conseiller Afrique du président français M. Jérémie Robert, de Sergueï Lavrov, ministre Russe des affaires étrangères et dernièrement Mme Uzra Zeya, sous-secrétaire américain à la sécurité civile, à la démocratie et aux droits de l’homme dans l’administration Biden .

 Africaguinee.com :  ces derniers jours, un ballet de diplomates de puissances occidentales s’est succédé à Conakry. Quelle analyse faites-vous de la visite de ces délégués des présidents Français, Russe et Américain ?      

Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou

Dr Edouard Zotoumou Kpoghomou : Je suis en train de penser que c’est un jeu de positionnement qui a commencé ou qui se poursuit parce qu’à l’heure actuelle, les grandes puissances (France, Russie et États-Unis d’Amérique) cherchent à consolider leur mission en Afrique surtout cette partie du continent où une sorte d’équilibre semble être joué. Les puissances qui étaient là comme la France, comme vous l’avez remarqué, dans les trois Etats (Burkina, Mali et au Niger) semblent avoir perdu un peu de leur emprise. C’est donc le temps pour elles de venir se rassurer effectivement que de bonnes relations existent et chercher peut-être des voies et moyens pour les consolider davantage. Mais ça c’est dans un cadre absolument normal, des relations entre Etats et des relations entre nations.

A votre avis est-ce qu’il y a un problème que ces diplomates devraient prendre en compte ?

Le seul problème que nous avons présentement, nous le faisons en Guinée dans le cadre d’une transition qui peine à donner une lecture claire de ce qu’elle veut faire de ce pays pour sortir de cette situation. Nous nous sommes en train de leur dire qu’au lieu de sauter directement et de signer des accords qui pourraient être remis en cause, parce qu’il y a une possibilité, si la transition échoue, ça veut dire que le peuple reste souverain et s’il y a des accords, alors ils pourront être remis en cause. Nous leur disons, de travailler pour qu’il y ait un cadre serein, de paix, d’accalmie dans lequel toutes les négociations peuvent aboutir à des résultats durables, sinon, même les grosses compagnies minières, c’est des accords qui peuvent être remis en cause. Et dans ces conditions-là, ce ne sont pas les investisseurs qui vont perdre mais nous, peuple de Guinée qui allons perdre parce que les investisseurs ont des grosses compagnies d’assurances. Alors, nous faisons comprendre aux uns et aux autres que c’est plus beau de tisser des relations ou de les consolider, mais c’est encore meilleur de chercher à soutenir la voix du peuple et celle d’une équipe parce qu’une nation, ce ne sont pas les hommes mais plutôt le peuple.

Selon vous, en quoi la Guinée peut-elle être aussi utile à ces puissances ?

La Guinée a toujours été un point crucial. C’est un pays nanti, il y a des ressources naturelles et minérales qui font l’objet de convoitise de la part de ces États, de ces puissances. Mais il ne faut pas qu’on se trompe, ces puissances ne viennent pas chez nous parce qu’elles nous aiment, c’est plutôt parce qu’elles ont des intérêts en Guinée. Et partout il y a des réserves, d’éléments dont ils ont besoin dans leur industrie, ils vont y aller. Prenez l’exemple du Congo (RDC), c’est un pays qui est assis sur des fabuleuses richesses, tout comme la Guinée. Aujourd’hui on tient à faire des relations, on crée même, tout récemment il y a eu cet accord avec les puissances qui sont allées signer avec le Rwanda. Si vous voyez l’étendue de la catastrophe humaine qui est en train de se passer à l’Est du Congo, vous allez vous dire que les valeurs sur lesquelles justement les grandes puissances ont basé leurs relations n’existent plus. Parce que c’est à la base de la souffrance des millions de congolais et congolaises qu’on cherche à établir des relations avec les gens qui n’ont pas ces ressources chez eux.

Nous nous disons à l’heure qu’il fait, il ne faut pas que les puissances se trompent. En tout cas ce message là nous, nous le considérons crucial. Ce que nous voyons, c’est qu’il est temps que les gens parlent d’élections pour sortir les peuples dans leur souffrance pas les juntes qui sont au pouvoir et ne cherchent que des complices pour dilapider ces ressources-là qui doivent retomber justement et être recadrer dans le développement de ce pays.  

A suivre

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com 

Créé le 18 juin 2024 13:02

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