Aboubacar Soumah : « Nous n’avons pas renoncé au mot d’ordre de grève… »

Aboubacar Soumah, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL du SLECG

CONAKRY-Le Mouvement Syndical guinéen ne compte pas reculer face au Gouvernement concernant la revalorisation de la Valeur Monétaire du Point d’Indice salarial à hauteur de 100% pour les Fonctionnaires. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, Aboubacar Soumah, le Secrétaire Général du SLECG avertit que si les négociations échouent ce vendredi 27 octobre, le Mouvement syndical tirera les conséquences qui s’imposent. Ce leader syndical indique qu’ils sont fatigués de l’impasse.

AFRICAGUINEE.COM : Pourquoi vous avez « renoncé  » au préavis de grève qui avait été annoncé la semaine dernière ?

ABOUBACAR SOUMAH : Je crois que les gens interprètent très mal les propos tenus par certains responsables syndicaux. Nous n’avons pas renoncé au mot d’ordre de grève. Nous n’avons même pas menacé d’abord de déposer un préavis de grève. Nous avons simplement dit au Gouvernement que s’il n’y a pas une nouvelle impasse nous allons nous replier, convoquer une assemblée générale et prendre des dispositions qui s’imposent.

C’est pour cela que nous, les 15 négociateurs plus les secrétaires généraux des centrales syndicales, nous sommes retrouvés pour échanger justement sur ce qui va prévaloir à partir de ce vendredi. Puisque, la semaine dernière lors des négociations, il nous a été dit par la partie gouvernementale, que les représentants du ministère du budget étaient en train de faire des simulations au niveau de leur département pour qu’ils puissent voir dans quel paramètre ils pourraient permettre à une éventuelle augmentation sur les 20%. Donc, nous les attendons.

En tout cas, nous-mêmes, sommes fatigués. Nous avons fait au moins trois mois de négociations mais jusqu’à présent il n’y a pas une offre consistante nous permettant vraiment de passer sur les autres points. La partie syndicale est fatiguée. Mais qu’à cela ne tienne, comme le dialogue est là et on discute. En tout cas, ils nous ont rassuré que demain, ils vont faire une nouvelle offre. Donc, on attend cela. C’est après ça maintenant, si on ne nous présente pas une offre vraiment satisfaisante, là nous allons organiser une assemblée générale pour que nous puissions analyser avec l’ensemble des travailleurs, quels sont les dispositions qu’il faut prendre par rapport à la nouvelle situation.

Jusqu’à quel seuil vous exigez d’être satisfaits ?

Nous sommes à 20% pour le moment.  Avec tout le temps que nous avons fait avec le gouvernement, on nous a présenté que 20%. Nous, nous estimons que ça c’est une insulte, par rapport à la vie qu’ils sont en train de mener. Ils mènent une vie ostentatoire et on dit aux autres travailleurs, on n’a pas d’argent. Ils se mettent à nous expliquer des paramètres macro-économiques, les incidences financières sur l’augmentation de plus de 20%. Nous ne comprenons pas cela. On peut accepter de continuer les négociations s’il y a une augmentation de plus de 50%. Tant que nous n’avons pas une offre égale ou supérieure à 50%, pour nous il n’y a pas de négociations.

Ce qui veut dire que vous rejetez ce qui a déjà été obtenu ?

En matière syndicale, ce qu’on vous offre, quelque soit le niveau, vous ne rejetez pas. Vous prenez et vous tendez la main. Nous prenons les 20% mais nous tendons la main.

Qu’est-ce que vous offrez en retour pour sortir de l’impasse ?

Lorsqu’ils ont proposé les 20% nous avons les accepté les 20%. Nous avons descendu la barre à 90%. Lorsque qu’ils nous ont fait une offre de 15%, nous avons baissé à 95%. Quand ils ont dépassé la barre de 15%, nous aussi nous avons baissé la barre à 90%, parce que nous savons que c’est du gagnant-gagnant.

Il y a également les travailleurs du secteur privé. Où en êtes-vous avec le patronat ?

C’est l’impasse avec nos partenaires concernant le secteur privé. Nous avons demandé au patronat de nous amener une proposition catégorielle, pour que nous puissions négocier au niveau des entreprises. Mais chaque fois ils nous tiennent des engagements, mais ils ne les respectent pas. Il y a trois engagements qu’ils ont donnés mais qu’ils n’ont pas respecté.

Un dernier message à l’endroit des travailleurs ?

Le message que j’ai, c’est de profiter de cette transition, qui a annoncé haut et fort dans le sillage de la rectification institutionnelle, se donner la main pour dire que ce mot d’ordre soit respecté au niveau des salaires aussi. Il faut que cette fois-ci, qu’on pense à la rectification salariale en Guinée, pour que le travailleur guinéen sorte de l’ornière.

A suivre…

Dansa Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 octobre 2023 15:28

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