Orpaillage « illégal » en Guinée : plus de 1 200 contrevenants interpellés et conduits à Conakry

CONAKRY– Le gouvernement guinéen poursuit son offensive contre l’exploitation anarchique et clandestine de l’or dans la région administrative de Siguiri. Depuis l’entrée en vigueur, le 2 novembre 2026, de la mesure d’interdiction totale de cette activité, plusieurs orpailleurs qualifiés de « récalcitrants » ont été interpellés sur les sites concernés.

Au total, 1 263 personnes de nationalités guinéenne, burkinabè, malienne, togolaise, nigérienne, ivoirienne et ghanéenne ont été arrêtées et conduites à Conakry pour les besoins de la procédure judiciaire. L’information a été rendue publique par les ministres délégués à la Défense nationale, le général Ibrahima Kalil Condé, et à la Sécurité et à la Protection civile, le général Ahmed Mohamed Oury Diallo, dans un communiqué conjoint.

Les deux membres du gouvernement précisent que les opérations menées sur le terrain, conformément à la décision portant interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri, se déroulent dans le respect des lois et règlements en vigueur en République de Guinée. Ils assurent que ces opérations se poursuivront avec « rigueur et professionnalisme ».

Ils rappellent également que les éléments factuels recueillis sur le terrain ont déjà fait l’objet d’une communication du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, le jeudi 5 novembre 2026, devant les chefs des missions diplomatiques accrédités en Guinée.

« À date, mille deux cent soixante-trois (1 263) personnes composées de Guinéens, Burkinabè, Maliens, Togolais, Nigériens, Ivoiriens et Ghanéens, considérées comme des récalcitrants, ont été interpellées et conduites à Conakry pour des fins de procédure », indiquent les deux ministres.

Selon le communiqué en date du 7 novembre 2026, les officiers de police judiciaire de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale procèdent actuellement aux auditions des personnes interpellées. À l’issue de ces auditions, celles-ci seront déférées devant les juridictions compétentes, conformément à la loi.

Les autorités assurent par ailleurs que les personnes interpellées seront traitées dans le respect de leur dignité et de leurs droits tout au long de la procédure. Les deux départements réaffirment leur détermination à veiller à ce que « force reste à la loi ».

Dans leur communication, les ministres rappellent également que des sanctions ont déjà été prises à l’encontre de responsables guinéens impliqués dans cette situation. Ils citent notamment la radiation de la Fonction publique de vingt-deux (22) administrateurs territoriaux civils et militaires de la région administrative de Siguiri, dont le gouverneur par intérim, quatre (4) préfets et dix-sept (17) sous-préfets, à la suite d’un décret du président de la République, Mamadi Doumbouya.

À cela s’ajoute le limogeage de quatre cent soixante-dix-neuf (479) présidents de district et de quartier par la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Ces responsables sont également poursuivis et mis à la disposition de la Justice, selon le communiqué.

Les autorités précisent enfin que les mêmes opérations se poursuivent dans les préfectures de Mandiana, Kérouané et Kouroussa, ainsi que dans toutes les localités confrontées à l’exploitation anarchique et illégale de l’or.

« Toute personne, guinéenne ou étrangère, qui exploite illégalement nos ressources sera traduite en justice et punie avec toute la rigueur de la loi », préviennent les deux ministres.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 8 novembre 2026 07:18

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