Dar Es Salam: Le désarroi des riverains de la décharge, déguerpis par l’Etat
CONAKRY – Suite à l’éboulement meurtrier de la décharge de Dar Es Salam qui a coûté la vie à plus de trente personnes, le gouvernement guinéen a lancé, ce mercredi 26 août 2026, une opération de déguerpissement d’envergure. L’objectif affiché par les autorités est de “raser” les habitations situées dans la zone de danger immédiat afin de “préserver” les vies humaines et “d’éviter” un nouveau drame. L’opération frappe de plein fouet des dizaines de familles installées sur le site depuis plusieurs décennies.

Une course contre la montre sous la menace des engins
Sur place, le paysage est chargé. Alors que des bulldozers s’activent, certains riverains semblent pris de court. Une véritable course contre la montre s’est engagée pour sauver ce qui peut encore l’être : tôles, meubles, matelas et effets personnels sont entassés à la hâte au milieu du chaos.

La détresse et l’incompréhension prédominent chez des citoyens qui affirment vivre sur les lieux depuis plus de 40 ans et qui se retrouvent subitement sans toit. Témoin de ce sinistre, Madame Kadiatou Diallo peine à masquer son émotion.

« Les mots me manquent. Ça, c’est mon oncle qui est là. Un vieux… depuis qu’il est venu à Conakry, c’est ici qu’il est connu », confie-t-elle.
Son oncle, désormais aveugle et affaibli, a dû être évacué en urgence vers le quartier Cosa, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qui arrivait à sa demeure. Madame Diallo rappelle par ailleurs que les autorités avaient préalablement procédé à un recensement des bâtiments sur le site.

Elle exhorte aujourd’hui le pouvoir public à respecter ses engagements : « Comme ils sont venus recenser les bâtiments, qu’ils nous aident… On demande à l’État de nous venir en secours ».
Résignation, scepticisme et appel à une indemnisation
Si les autorités avaient appelé la veille à la compréhension et assuré que des mesures de relogement ou d’accompagnement seraient prévues, sur le terrain, l’urgence de la situation laisse peu de place à l’espoir. Les habitants déplorent un préavis trop court et l’absence d’alternatives immédiates.

« Vraiment, on est dans la tristesse aujourd’hui. On n’a pas un mot à dire, seulement que l’État est fort. Ce n’est pas notre choix de quitter ici, mais on n’a pas le choix. Si l’État demande de quitter, il faut suivre à la lettre », lance ce sinistré.
Il poursuit : « C’est hier qu’on nous a informés, et les démolitions ont commencé dès le lendemain matin à la première heure. On ne sait même pas où aller… On est là, sous la belle étoile. La terre appartient à l’État, mais on adresse une doléance au gouvernement : s’ils peuvent nous indemniser un peu pour qu’on puisse chercher un toit ailleurs. Ça fait au moins 40 ans que nous sommes là, nous ne connaissons nulle part ailleurs ».

Nous y reviendrons!
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 août 2026 19:23Nous vous proposons aussi
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