« Nous n’avons plus où dormir »: A Kindia, les déguerpis du quartier Gare implorent l’aide de l’État

KINDIA – Le projet de reconstruction d’un pont et d’aménagement d’une route en béton armé dans le quartier Dar-es-Salam, dans la commune urbaine de Kindia, fait des victimes collatérales.

Une opération de déguerpissement menée ce jeudi 6 août 2026 dans le quartier Gare a plongé de nombreuses familles dans le désarroi. Si elles reconnaissent avoir été informées en amont, elles affirment aujourd’hui se retrouver sans logement et lancent un appel aux autorités pour obtenir une assistance.

Le projet porte sur la reconstruction d’un pont affaissé, la réhabilitation de la voirie ainsi que l’aménagement d’une route d’accès de 700 mètres en béton armé. Pour permettre l’exécution des travaux, plusieurs concessions situées dans l’emprise de la future route ont été partiellement démolies.

Parmi les sinistrés figure Sekouna Soumah, mécanicien. Selon lui, les bâtiments avaient d’abord été marqués avant le début des démolitions.

« Ils sont venus mettre des croix rouges sur nos bâtiments. Nous avons ensuite rencontré les responsables à la mairie. Ils nous ont expliqué qu’il fallait respecter l’emprise de 12 mètres. Nous avons fini par accepter et nous avons nous-mêmes démoli les parties concernées. Mais aujourd’hui, les engins Caterpillar sont revenus poursuivre la démolition », explique-t-il.

Selon lui, les conséquences sont particulièrement lourdes pour les familles concernées.

« Nous n’avons plus où dormir. Je n’ai même plus de quoi manger. Trouver une maison en cette saison des pluies est très difficile et les loyers sont devenus très élevés. Nous demandons au gouvernement de nous aider à trouver un endroit où nous installer, car personne ne nous a parlé d’une indemnisation », plaide-t-il.

Même sentiment chez Bibatou Camara, qui dit accepter la décision des autorités tout en sollicitant leur accompagnement.

« L’État est le plus fort et personne ne peut s’y opposer. Cette opération nous fait énormément souffrir. Nous demandons seulement aux autorités de nous venir en aide. Nous n’avons connu que cet endroit. Je n’ai rien à reprocher à l’État, mais j’aimerais qu’il nous aide à surmonter cette épreuve », déclare-t-elle.

Elle précise toutefois que seules les parties situées dans l’emprise du projet ont été démolies.

Les habitants avaient été informés quelques jours avant le lancement de l’opération et avaient eux-mêmes commencé à retirer les parties identifiées, confirme Maferin Sylla, une autre personne déguerpie.

« Nous savons que nul n’est au-dessus de l’État, mais aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Il y a des malades, des enfants et nous sommes en pleine saison des pluies. Nous n’avons même plus de toilettes et nous n’avons aucun moyen de reconstruire ailleurs », déplore-t-elle.

Mme Sylla ajoute que les riverains ne s’attendaient pas à ce que les démolitions aillent au-delà des parties qu’ils avaient déjà retirées.

Face à cette situation, les familles concernées espèrent une réponse des autorités, notamment sous la forme d’une assistance ou de mesures d’accompagnement, afin de leur permettre de se reloger et de faire face aux conséquences sociales de cette opération d’aménagement urbain.

Kindia, Chérif Kéita
Pour Africaguinee.com

Créé le 6 août 2026 16:45

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