Labé : la hausse des taxes au parc à bétail de Thiaguel Bori provoque la colère des commerçants
LABÉ – La décision des autorités communales de relever les taxes de stationnement au parc à bétail de Thianguel Bori a suscité une vive contestation chez les commerçants de bétail. Jugeant cette augmentation excessive, ces derniers ont suspendu, la semaine dernière, l’approvisionnement du parc, entraînant un net ralentissement des activités. À l’issue de discussions avec les autorités locales, un compromis provisoire a finalement été trouvé.

Selon Abdoulaye Ley Bilel Diallo, commerçant de bétail, la taxe de stationnement des bovins est passée de 10 000 à 20 000 francs guinéens, soit une hausse de 100 %. Une décision que les vendeurs estiment insoutenable.
« À Thianguel Bori, le stationnement d’un bovin coûtait 10 000 francs guinéens, alors que dans la plupart des autres marchés, il est fixé à 5 000 francs. Nous avons été surpris d’apprendre qu’il passait désormais à 20 000 francs. Nous avons donc décidé de ne plus envoyer de bétail au parc tant qu’un accord ne serait pas trouvé avec la commune. Personnellement, j’ai préféré acheter mes bêtes à Gaoual pour les revendre directement à Labé. Si les autorités ne reviennent pas sur leur décision, nous n’approvisionnerons plus le parc », explique-t-il.

Le percepteur du parc à bétail de Thianguel Bori, Abdoul Wahabi Baldé, confirme cette augmentation décidée par les nouvelles autorités communales. Il précise que les taxes applicables au petit bétail sont passées de 5 000 à 10 000 francs guinéens, tandis que celles concernant les gros ruminants sont passées de 10 000 à 20 000 francs guinéens. Selon lui, cette décision a entraîné le boycott du dernier marché hebdomadaire.
« Les commerçants ont estimé qu’ils ne pouvaient pas supporter cette hausse, d’autant plus qu’à partir du mois d’août, le kilogramme de viande devrait être vendu à 50 000 francs guinéens. Le dimanche dernier, le marché était quasiment vide. J’avais pourtant alerté les autorités communales sur les risques de cette augmentation, mais mes observations n’ont pas été prises en compte. Après une rencontre avec les autorités, il a été décidé de revenir provisoirement aux anciens tarifs pendant les deux prochains marchés hebdomadaires, soit 10 000 francs pour les bovins et 5 000 francs pour les ovins et caprins », indique-t-il.

La pénurie de viande à Labé a une autre origine
Abdoulaye Ley Bilel Diallo tient toutefois à préciser que les difficultés d’approvisionnement en viande constatées ces derniers jours à Labé ne sont pas liées à la suspension des activités au parc de Thiaguel Bori.
Selon lui, cette situation résulte plutôt d’un accord conclu entre les bouchers et les autorités sur le prix du kilogramme de viande.
« Les bouchers s’étaient engagés à vendre le kilogramme de viande à 50 000 francs guinéens à partir du 1er août. Habituellement, les prix du bétail baissent pendant la saison des pluies, mais cette année, ce n’est pas le cas. Avec les prix actuels des bovins, ils auront du mal à couvrir leurs coûts. C’est pourquoi ils ont cessé d’abattre des animaux ces derniers jours. Toutefois, une réunion s’est tenue afin de trouver une solution permettant notamment d’approvisionner les restaurateurs », explique-t-il.

Interrogé sur le dossier, le Dr Ibrahima Kanté, vétérinaire du parc à bétail de Thiaguel Bori, indique que cette hausse des taxes s’inscrit dans une politique de mobilisation des ressources de la commune.
Il précise qu’à l’issue des échanges entre les autorités et les commerçants, un compromis temporaire a été trouvé.
« La commune a adopté cette mesure dans le cadre de la mobilisation de ses ressources. Les commerçants avaient été informés une semaine à l’avance, mais ils ont exprimé leur désaccord. Après des discussions avec le maire et le sous-préfet, un terrain d’entente a été trouvé. Les commerçants continueront de payer les anciens tarifs pendant deux semaines, avant une augmentation de 5 000 francs pour les gros ruminants. »

Le vétérinaire souligne également que la baisse de fréquentation du marché s’explique en partie par la saison des pluies.
« Durant cette période, beaucoup d’éleveurs sont occupés par les travaux agricoles. De plus, certains doivent traverser le fleuve Komba avec leurs animaux, ce qui devient difficile lorsque le niveau de l’eau monte », explique-t-il.
En attendant une décision définitive des autorités communales, les anciens tarifs resteront donc applicables lors des deux prochains marchés hebdomadaires.
Thierno Oumar Tounkara
Correspondant régional à Labé pour Africaguinee.com
Créé le 5 août 2026 14:26Nous vous proposons aussi
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