Viol collectif à Mandiana : Moussa Condé condamné à 15 ans de réclusion criminelle, la défense fait appel
MANDIANA- Le tribunal de première instance (TPI) de Mandiana a rendu sa décision, ce jeudi 30 juillet, dans le dossier de Moussa Condé, poursuivi dans l’affaire du présumé viol collectif de Djoma-Balandougou.
Après examen du dossier, le tribunal l’a déclaré coupable de viol ainsi que d’enregistrement d’une représentation à caractère de pornographie infantile par le biais d’un système informatique. Il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de 700 millions de francs guinéens. L’accusé avait plaidé coupable.
La juridiction, statuant en matière criminelle et en premier ressort, a également mis les frais et dépens à la charge du condamné. Sur le plan civil, le tribunal a pris acte du désistement de la victime, FC, représentée par son père adoptif, Siaka Kéïta.
Pour motiver sa décision, le tribunal s’est appuyé sur les articles 268 et 294 du Code pénal, les articles 21 et 22 de la loi n°037 relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel, ainsi que sur les articles 496 et 548 du Code de procédure pénale.
À la sortie de l’audience, les réactions des différentes parties n’ont pas tardé. L’avocat de la défense, Me Ibrahima Kalil Kanté, s’est félicité de la réduction de la peine par rapport aux réquisitions du ministère public, qui demandait 20 ans de réclusion criminelle.
« Je crois que le tribunal est parti sur ma plaidoirie, parce que j’avais demandé qu’on ait pitié de mon client. La loi prévoit une peine de 10 à 20 ans. Le procureur avait requis 20 ans et j’ai demandé qu’il bénéficie des circonstances atténuantes. Les 15 ans prononcés montrent que le tribunal a pris cela en compte », a-t-il expliqué.
Estimant toutefois que cette condamnation demeure sévère, Me Kanté a annoncé qu’il saisirait la Cour d’appel afin d’obtenir une réduction de la peine.
Le procureur de la République près le TPI de Mandiana, Abdoulaye Soumah, s’est pour sa part déclaré satisfait du verdict. Même si les réquisitions du parquet n’ont pas été entièrement suivies, il estime que cette condamnation constitue un message de fermeté contre les auteurs de violences sexuelles.
« Nous sommes satisfaits de cette décision. Certes, nous avions requis 20 ans de réclusion criminelle, mais les 15 ans de prison ferme et les 700 millions de francs guinéens d’amende constituent un signal fort adressé à tous ceux qui seraient tentés de commettre de telles infractions », a-t-il déclaré.
Le procureur a également indiqué que le ministère public ne fera pas appel, estimant que la décision atteint les objectifs de répression et de dissuasion. Il a enfin rappelé que toute relation sexuelle doit reposer sur le consentement, insistant sur la nécessité de lutter contre les violences sexuelles et de garantir que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice.
Facély Sanoh
Correspondant régional d’Africaguinee.com
En Haute Guinée
Créé le 30 juillet 2026 18:14









