Guinée : Le Gouvernement pose les jalons du futur Fonds souverain

Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présidé l’atelier de restitution sur le Fonds souverain de Guinée. Porté par la dynamique du projet Simandou 2040, cet instrument vise à stabiliser l’économie et préparer l’avenir.

CONAKRY- Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présidé ce mercredi 9 septembre 2026 l’atelier de restitution des travaux consacrés au Fonds souverain de Guinée. Organisée par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, le ministre secrétaire général à la Présidence ainsi que des experts techniques et cabinets-conseils. L’objectif : présenter les analyses conduites, recueillir les observations des parties prenantes et fixer la feuille de route avant le déploiement opérationnel.

Dans un contexte marqué par l’exploitation des ressources extractives, le gouvernement entend doter le pays d’un outil financier stratégique visant à convertir la manne minière en investissements durables.

Un cadre de gouvernance encadré

Lors de son intervention, Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de fixer des règles de gestion claires afin de prévenir tout risque de mauvaise gouvernance.

« Le Fonds souverain de Guinée devra contribuer à la stabilité de nos finances publiques, protéger l’économie contre la volatilité des recettes extractives, constituer une épargne de long terme et financer des investissements capables d’accroître durablement la richesse nationale », a déclaré le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a rappelé la nécessité d’une séparation stricte entre les objectifs de stabilisation, d’épargne et de développement. Il a appelé à mettre en place des règles de versement et de retrait prévisibles, tout en imposant des critères rigoureux de rentabilité, de sécurité et d’impact économique pour chaque décision d’investissement.

Les perspectives économiques portées par le projet Simandou

La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a rappelé que cette initiative s’inspire de modèles internationaux réussis.

« La Norvège l’a fait avec le pétrole, le Botswana avec le diamant, le Nigeria avec ses ressources pétrolières et gazières. Chacun de ces pays a compris une réalité essentielle : une ressource naturelle n’est pas inépuisable ; ce qui l’est, c’est l’institution qui en gère les bénéfices et ce sont les actes posés pour les générations futures. Notre ambition est de cette nature », a souligné Mariama Ciré Sylla.

Ce projet s’inscrit dans une conjoncture macroéconomique marquée par l’entrée en phase opérationnelle du mégaprojet minier de Simandou, dont la capacité de production visée est de 120 millions de tonnes d’ici 2028. La ministre a mis en avant les indicateurs économiques favorables qui entourent cette dynamique :

« Alors que le projet Simandou entre en phase opérationnelle avec une capacité de production de 120 millions de tonnes attendue d’ici 2028, que les investissements directs étrangers atteignent des niveaux historiques et que notre notation souveraine conforte notre crédibilité internationale […], cette opportunité s’appuie sur une dynamique de croissance remarquable : 7,1 % en 2025, une prévision de 8,6 % en 2026 et la perspective d’atteindre le seuil des deux chiffres d’ici 2030, tout en consolidant le retour à l’ordre constitutionnel », a précisé la ministre.

Structure et principes opérationnels

Le futur Fonds souverain reposera sur trois axes majeurs :

  • Le financement des infrastructures et des services essentiels (éducation, santé, emploi) à travers le territoire national.
  • La stabilisation des finances publiques pour faire face aux fluctuations des cours mondiaux des matières premières.
  • La constitution d’une épargne intergénérationnelle afin de préserver les ressources pour les générations futures.

Ibrahima Kalil Gueye, directeur général du Fonds Spécial d’Investissement (FSI) assurant le secrétariat technique, a précisé que la structure s’inscrira dans la dynamique du programme Simandou 2040. Sa mise en place respectera les standards internationaux en matière de gestion financière, notamment les Principes de Santiago.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 septembre 2026 17:26

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