Situation des doctorants, subventions, engagement des enseignants-chercheurs : le Syndicat saisit Dre Diaka Sidibé (Exclusif)
CONAKRY-Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) a adressé un mémorandum revendicatif à la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation. Ce document porte sur le règlement de questions académiques, financières, statutaires et sociales au sein des Établissements Publics à caractère Scientifique (EPS).
Dans ce mémorandum parvenu à la rédaction d’Africaguinee.com ce jeudi 23 juillet 2026, l’organisation syndicale formule plusieurs exigences, notamment concernant la prise en charge des enseignants-chercheurs bénéficiaires du programme « 1 000 PhD et 500 Masters ».
Dans sa plateforme de revendications, le SNAESURS rappelle que l’autonomie administrative, financière et académique des universités et institutions de recherche n’est pas une faveur, mais un principe organique du droit guinéen régissant l’enseignement supérieur.
« Le SNAESURS constate cependant que cette autonomie demeure, en pratique, largement contrariée. Des attributions élémentaires des établissements — telles que l’inscription et la réinscription des étudiants, la production des cartes d’étudiants, la gestion des bibliothèques numériques, la protection sanitaire des étudiants et la réforme des programmes — continuent d’être gérées au niveau du Ministère, en dépit des textes régissant la matière et des accords signés.
À cela s’ajoutent les retards récurrents dans le versement des subventions, qui paralysent le fonctionnement des institutions et fragilisent les personnels d’appui, ainsi que la multiplication des postes vacants et des intérims, source d’instabilité administrative.
L’article 3 de la Loi L/2023/0016/CNT confère aux IES, IRS et CDI la personnalité juridique ainsi que l’autonomie administrative et financière ; les articles 6 et 7 garantissent les franchises et libertés universitaires et la faculté de générer des ressources propres ; l’article 23 institue la subvention annuelle de l’État ; l’article 2 du Décret D/2024/0025 réaffirme la personnalité morale, le patrimoine propre et l’autonomie de gestion des universités, dont le Recteur est l’ordonnateur du budget », mentionnent les syndicalistes.

Le SNAESURS exigent de :
- Rendre effective l’autonomie de gestion des EPS par le transfert intégral et régulier des subventions annuelles prévues à l’article 23 de la Loi 0016 ;
- Assurer la déconcentration effective des actes de gestion (inscriptions, cartes d’étudiants, bibliothèques numériques, santé estudiantine, réforme des programmes) vers les rectorats et directions générales ;
- Garantir le respect strict des attributions des Conseils d’Administration et des Conseils d’Institution ;
- Procéder à la nomination diligente de responsables aux postes vacants afin de mettre fin aux intérims prolongés.
Concernant la Formation des formateurs — Programme « 5 000 Masters et 1 000 PhD (Axe II), le syndicat de l’enseignement supérieur formule plusieurs griefs. Les conditions de vie et d’études particulièrement difficiles des enseignants-chercheurs bénéficiaires du programme de formation « 1 000 PhD et 5 000 Masters » avaient déjà été révélées par Africaguinee.com la semaine dernière. Ce sujet critique figure également au cœur du mémorandum du SNAESURS.
Pour le syndicat, la formation des formateurs constitue la clé de voûte de la qualité de l’enseignement supérieur et du renouvellement de la relève scientifique nationale. Or, interrompu depuis près de trois ans, le programme national place les formateurs dans une grande précarité académique et financière, selon le SNAESUR. Il ajoute que plusieurs enseignants inscrits en Master ou en Doctorat, en Guinée comme à l’étranger, se voient contraints d’autofinancer leurs études ou d’abandonner leur cursus.
“Cette rupture menace la relève scientifique, affaiblit la capacité des institutions à conduire des formations de Master et de Doctorat, accélère la fuite des compétences et accroît la dépendance vis-à-vis de l’extérieur, au détriment de la souveraineté scientifique nationale et des standards du CAMES”, dénonce le bloc syndical. Selon lui, deux catégories sont particulièrement affectées :
- Les formateurs déjà inscrits en Master et en Doctorat dont la formation n’est plus financée, ce qui compromet l’achèvement de leurs travaux ;
- Les formateurs en attente de l’appel à candidatures, attendu depuis 2024 et jamais lancé, qui ne peuvent soumettre leur demande de financement.
Le SNAESURS rappelle que l’article 4 de la Loi 0016 assigne aux EPS la mission de formation initiale et continue et de promotion de la recherche ; tandis que la Recommandation de l’UNESCO de 1997 impose aux États de soutenir le perfectionnement continu du personnel de l’enseignement supérieur. Pour le syndicat, le financement de la formation des formateurs relève ainsi d’une obligation de moyens à la charge de l’État. C’est pourquoi le SNAESURS exige en outre de :
- Débloquer sans délai le financement du programme « 5 000 Masters et 1 000 PhD » ;
- Assurer la prise en charge effective des formateurs déjà inscrits en Master et en Doctorat ;
- Publier immédiatement l’appel à candidatures attendu depuis 2024, assorti d’un calendrier et d’une enveloppe budgétaire clairement identifiés.
Appel au dialogue et menace de grève
Bien que d’autres revendications figurent dans le mémorandum, le SNAESURS tient à rassurer que sa démarche ne procède d’aucune volonté de confrontation. Elle exprime plutôt l’attachement des enseignants-chercheurs et chercheurs à la légalité, à la qualité de l’enseignement supérieur et au respect des engagements pris par l’État, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya.
Se posant en partenaire responsable et attaché au dialogue social, le syndicat sollicite l’ouverture immédiate de séances de travail afin d’aboutir à un chronogramme de mise en œuvre assorti d’échéances précises. Il demande également que des mesures concrètes soient prises avant la fin des vacances universitaires en cours.
Toutefois, le SNAESURS avertit : « À défaut de suite satisfaisante, le SNAESURS se réserve le droit de recourir aux voies légitimes d’action syndicale garanties par la Constitution du 26 septembre 2025 et par les Conventions n° 87 et n° 98 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), afin de défendre les intérêts légitimes des travailleurs et de préserver l’avenir de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en République de Guinée. » Ci-dessous, le mémorandum.
Dossier à suivre
Dansa Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 juillet 2026 14:36Nous vous proposons aussi
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