Bouna Sylla: “L’avenir de l’emploi se trouve dans les filières techniques…”
CONAKRY-Alors que la Guinée est dans un tournant dans le processus de son développement, le Gouvernement veut changer de paradigme pour endiguer le chômage chroninique, en orientant davantage les jeunes dans les filières techniques, professionnelles et scientifiques. Pour gagner ce pari, les autorités guinéennes veulent s’inspirer des modèles de développement de pays asiatiques ayant misé sur les compétences techniques pour accélérer leur transformation économique.
Le Gouvernement encourage les jeunes à intégrer davantage les Instituts universitaires de technologie (IUT), qu’il considère comme des établissements offrant des formations professionnalisantes et une meilleure insertion sur le marché du travail.
« Les jeunes doivent être plus nombreux à choisir les IUT. En deux ans, ils obtiennent un diplôme qui leur permet d’accéder rapidement à un emploi. Même en France, ceux qui suivent des études techniques ont souvent davantage de chances d’être recrutés que certains diplômés de longues études universitaires. Nous devons éviter la simple accumulation de diplômes sans débouchés réels », explique Bouna Sylla, ministre guinéen des Mines.
Sans dénigrer les sciences humaines
« Regardez Singapour ou la Chine. En quelques décennies, ces pays sont sortis de la pauvreté parce qu’ils ont formé davantage de producteurs que de gestionnaires. Je ne dénigre pas les sciences humaines, nous avons besoin de toutes les compétences, mais il faut changer de paradigme. L’avenir de l’emploi est dans les filières techniques, scientifiques et technologiques », a-t-il soutenu.
Abordant les perspectives économiques du pays, le ministre souligne que des projets industriels d’envergure sont en cours, notamment dans le secteur minier, qui nécessiteront une main-d’œuvre hautement qualifiée. « Au-delà du projet Simandou, la Guinée est entrée dans une phase d’industrialisation. Depuis l’indépendance, le pays n’a pratiquement pas connu de nouvelles raffineries. Aujourd’hui, trois raffineries sont en construction avec des échéances prévues entre 2027 et 2029. Nous aurons besoin de chimistes, de techniciens en automatisme, d’informaticiens de haut niveau, d’ingénieurs en génie civil et de spécialistes des métiers du futur, notamment dans l’intelligence artificielle. C’est pourquoi il est essentiel que davantage de jeunes choisissent les études techniques et scientifiques afin de répondre aux besoins de l’économie nationale », a-t-il indiqué alors qu’il s’exprimait lors d’une recontre avec des étudiants appelés à poursuivre leurs études en France.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 juillet 2026 07:30Nous vous proposons aussi
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