Capital humain : la SAG, l’État guinéen et l’Université de Moncton s’allient pour former une nouvelle génération de talents
CONAKRY– Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la politique de valorisation du capital humain en Guinée. Le ministère des Mines et de la Géologie, la Société AngloGold Ashanti de Guinée (SAG), le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation et l’Université de Moncton (Canada) ont signé, ce mercredi 1er juillet 2026 un partenariat stratégique portant sur la mise en œuvre du Programme de Bourse d’Excellence AngloGold Ashanti de Guinée.
La cérémonie présidée par le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, marque le lancement officiel d’un programme destiné à offrir chaque année des bourses d’études à de jeunes Guinéens, principalement issus des communautés riveraines des zones minières, afin de poursuivre des études supérieures au Canada dans des filières scientifiques et techniques.

Prenant la parole lors de cette cérémonie de signature, le ministre des mines et de la géologie a présenté cette initiative comme la traduction concrète de la vision du président Mamadi Doumbouya, qui fait du développement du capital humain une priorité nationale.
« Au lieu de mettre des fonds dans les comptes bancaires, nous investissons dans le capital humain. Le minerai, une fois exporté, ne reviendra plus. En revanche, les compétences restent au service du pays », a déclaré Bouna Sylla.
Selon le ministre, l’ambition des autorités est de faire de la Guinée un pays attractif non seulement grâce à ses ressources minières, mais surtout grâce à la qualité de ses ressources humaines, à l’image de pays comme Singapour ou la Corée du Sud qui ont misé sur l’éducation pour accélérer leur développement.
Lutter contre le décrochage scolaire dans les zones minières
Le ministre des mines et de la géologie a également évoqué le défi du décrochage scolaire dans la région nord-est de la Guinée, fortement touchée par l’exploitation artisanale de l’or. « Nous voulons envoyer un message fort aux jeunes : il vaut mieux aller à l’école que dans les mines. L’éducation ouvre désormais les portes des universités internationales », a-t-il insisté.

Bouna Sylla a précisé que six étudiants seront sélectionnés chaque année jusqu’à la fin de la concession minière de la SAG. Les bénéficiaires effectueront leurs études au Canada avec un financement intégral assuré par la compagnie minière.
Les six premiers lauréats s’envoleront dès le mois de septembre prochain après avoir suivi une préparation académique au Centre préparatoire aux grandes écoles de Dalaba.
Plus de 1 400 bourses en négociation
Au-delà du partenariat avec AngloGold Ashanti, le ministre des Mines a annoncé que le Gouvernement multiplie les discussions avec les sociétés minières afin de renforcer les investissements dans la formation des jeunes Guinéens.
Selon Bouna Sylla, plus de 1 400 bourses d’études sont actuellement en cours de négociation avec plusieurs entreprises du secteur.
Il a notamment cité :
- la CBG, qui financera un programme d’un million de dollars par an pour les meilleurs élèves ;
- Chalco, qui offrira 25 bourses annuelles pendant vingt ans ;
- CD Mining, Red Rock et SPIC, qui ont déjà permis à 14 jeunes Guinéens de poursuivre des études d’ingénierie en Chine.
Toutes ces initiatives, a-t-il rappelé, s’inscrivent dans la dynamique du programme Simandou 2040 et de la future Simandou Academy, destinée à former une nouvelle génération de cadres guinéens.
« Le plus grand héritage, ce sont les compétences »
Pour AngloGold Ashanti de Guinée, cette convention dépasse le simple financement d’études. Le vice-président chargé de la durabilité et de l’engagement avec les parties prenantes, a expliqué que ce programme est né de la volonté de prolonger le Graduate Programme déjà mis en place par la société pour recruter les meilleurs jeunes diplômés.

« Aujourd’hui, nous ne signons pas uniquement un accord de financement. Nous lançons une vision qui place la jeunesse, le savoir et l’excellence au cœur du développement durable », a déclaré Abdoulamane Diaby avant de rappeler que la SAG intervient depuis plusieurs années dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable ou encore de la lutte contre le paludisme.
« Le plus grand héritage qu’une entreprise puisse laisser aux communautés n’est pas uniquement des infrastructures, mais des femmes et des hommes qualifiés capables de transformer durablement leur pays », a-t-il souligné.
Abdoulamane Diaby a également précisé que la sélection des six premiers bénéficiaires a été réalisée avec l’appui des services du ministère de l’Éducation nationale et que leur préparation sera renforcée avant leur départ pour le Canada.
Former des compétences au service de la Guinée
Présent à la cérémonie, le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur a salué une initiative qui selon lui, répond aux ambitions nationales de développement. « Nous souhaitons que ces jeunes reviennent avec une formation de qualité qu’ils mettront au service de la nation », a déclaré Dr Facinet Conté, réaffirmant l’engagement de son département à accompagner le programme.

L’Université de Moncton s’engage
Représentant l’Université de Moncton, Mohammed Chekkouri, chargé des initiatives internationales, s’est réjoui de ce partenariat avec la Guinée. Il a assuré que l’université mettra tout en œuvre pour favoriser l’intégration et la réussite académique des étudiants guinéens.
« Nous sommes heureux de collaborer au développement des ressources humaines de la République de Guinée et de contribuer à former les futurs cadres du pays », a affirmé Mohammed Chekkouri.

Un investissement sur plusieurs années
Mamadou Oury Diallo représentant CLEDU Canada a rappelé que les six premiers bénéficiaires passeront entre quatre et cinq années au Canada avant de revenir exercer en Guinée. Pour lui, cette initiative constitue un investissement durable dans le développement économique du pays à travers la formation d’une nouvelle génération de compétences nationales.

« Ce projet est extrêmement important pour à la fois la jeunesse guinéenne mais aussi pour les communautés bénéficiaires. Ce projet s’inscrit dans une perspective durable de contribuer au développement économique même dans une perspective du capital humain aussi de nos communautés », a lancé Mamadou Oury Diallo.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 2 juillet 2026 12:41Nous vous proposons aussi
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