Radiation de 6 678 agents de l’État : Aboubacar Soumah réagit (Entretien)
En Guinée, le gouvernement, à travers le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, a annoncé le licenciement de 6 678 agents de l’État issus de divers services de l’administration publique. Ces fonctionnaires ont été radiés des effectifs pour « abandons de poste », « absences prolongées injustifiées » ou encore « décès non déclarés ». Interrogé sur cette décision, le président du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée salue la mesure, tout en exprimant des réserves.
AFRICAGUINEE.COM : Plus de 6 000 fonctionnaires viennent d’être radiés de l’administration publique guinéenne. Comment accueillez-vous cette décision, alors que le syndicat plaide pour la régularisation des enseignants contractuels communautaires ?
ABOUBACAR SOUMAH : Écoutez, si, comme les autorités l’ont déclaré, il s’agit effectivement d’agents fictifs, alors cette décision ne peut être que salutaire.
En revanche, si ce ne sont pas des agents fictifs, les accusations portées contre certaines personnes sont très graves. Dans ce cas, nous réagirons.
Au niveau du secteur de l’éducation, nous examinons actuellement tous les cas des enseignants dont les salaires sont bloqués depuis 2023-2024. Nous avons transmis une liste au ministère du Travail et de la Fonction publique et procédons à un examen au cas par cas de la situation de chaque concerné.
Si certains de ces enseignants figurent parmi les personnes radiées, nous prendrons position. En attendant, une commission est déjà à pied d’œuvre pour examiner les dossiers des agents dont les salaires sont bloqués.
Nous avons toujours exigé l’assainissement du fichier de la Fonction publique. À chaque fois que nous revendiquions une augmentation des salaires, on nous répondait que la masse salariale était déjà trop élevée, alors que le fichier était rempli d’agents fictifs.
C’est pourquoi nous avons salué la mise en place du FUGAS. Le processus d’assainissement est engagé depuis plusieurs années et a déjà permis de récupérer plusieurs milliards de francs guinéens. Ces économies pourront contribuer à une revalorisation des salaires des agents qui travaillent réellement.
Nous saluons donc cette mesure de manière générale. Toutefois, si elle est appliquée de façon arbitraire, nous réagirons.
Vous réagirez même si les personnes concernées sont radiées pour abandon de poste ?
Oui. Lorsqu’une personne abandonne son poste et ne veut plus travailler, il est normal qu’elle ne soit plus rémunérée. On paie le travail effectué. Si quelqu’un ne travaille plus, on ne peut ni continuer à le payer ni le maintenir dans les effectifs.
Ces mesures sont donc nécessaires. Elles permettront de libérer des postes afin de recruter d’autres personnes qui en ont besoin.
Combien d’enseignants sont concernés par le blocage de leurs salaires ?
Je ne peux pas vous communiquer un chiffre exact pour le moment. En revanche, nous disposons d’un recensement des enseignants concernés jusqu’en 2024, dont les salaires sont bloqués et qui n’ont pas encore été rétablis.
La commission poursuit actuellement son travail. Une première opération a déjà permis de rétablir certains agents. Il fallait ensuite ouvrir d’autres dossiers dans le système FUGAS afin que les autres puissent également être réintégrés.
C’est ce travail que nous menons avec la commission. Une fois ce processus achevé, nous saurons si certains de nos membres sont concernés ou non par cette opération d’assainissement.
Dans tous les cas, nous saluons l’assainissement du fichier de la Fonction publique, car il permettra d’éliminer les agents fictifs ainsi que les cas d’abandon de poste, afin de recruter de nouveaux enseignants.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
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