Commande publique (MAPS II) : Le rapport d’évaluation du système de passation des marchés validé avec le soutien de la Banque Mondiale
Conakry a abrité, ce mercredi 24 juin 2026, l’atelier de validation du rapport provisoire sur le système de passation des marchés publics en Guinée, selon la méthodologie internationale MAPS II. Soutenu par la Banque mondiale, cet exercice d’évaluation vise à moderniser le cadre légal et institutionnel du pays, à renforcer la transparence et à accélérer les investissements publics majeurs à travers des réformes concrètes.

La rencontre qui a eu lieu dans un complexe hôtelier de la capitale a regroupé des acteurs étatiques et des experts en passation des marchés publics. L’objectif est situer le système guinéen par rapport aux meilleurs standards internationaux, à améliorer la crédibilité de la commande publique et à réduire les délais de passation des marchés.
La méthodologie MAPS II (Methodology for Assessing Procurement Systems), soutenue par la Banque mondiale, est un référentiel international utilisé pour évaluer, moderniser et rendre plus transparent le système de passation des marchés publics. Il s’agit d’évaluations menées de façon périodique au niveau de chaque pays.

En Guinée, cette évaluation a été sollicitée par le gouvernement guinéen, qui a émis une requête auprès de la Banque mondiale en novembre 2023. L’objectif était que le système national de la République de Guinée soit évalué conformément à cette méthodologie universelle d’évaluation des systèmes de marchés publics.

« Le dernier code des marchés publics datait de 2019. Après 2019, il y a eu un code révisé. Actuellement, on a cherché à savoir si le système dont nous disposons répond aux exigences du moment, face aux besoins de gros investissements que connaît le pays. L’un des éléments importants est que les seuils de passation des marchés étaient très bas. Le 6 mai dernier, ils ont été rehaussés au niveau national pour donner plus de responsabilités, par exemple aux ministères, afin qu’ils passent leurs marchés et que le système de contrôle soit décongestionné.
Nous avons donc mené une évaluation qui a conduit à analyser d’abord le système juridique global. Au niveau de chaque pilier, nous avons noté des aspects positifs et des aspects négatifs. Et qu’est-ce qui retient le plus souvent l’attention ? Ce sont les aspects négatifs, car ce sont eux qui conduisent aux améliorations du système », a expliqué Alpha Mamoudou Bah, spécialiste principal en passation des marchés à la Banque mondiale et membre de l’équipe d’évaluation MAPS, un processus mené depuis avril 2025.

Un rapport établi à l’unanimité
Les participants ont, de façon unanime, validé le rapport technique soumis au comité de pilotage. Ledit rapport dresse un diagnostic rigoureux du système de passation des marchés publics en République de Guinée. Selon ce document, les constats sont probants, avérés, et reposent essentiellement sur quatre piliers.

« Il y a le pilier 1 qui traite des textes, donc des dispositions législatives et réglementaires. Le deuxième pilier concerne les institutions, c’est-à-vis les organes chargés de la passation des marchés publics, du contrôle et de la régulation. Ensuite, le troisième pilier est relatif aux activités de passation. Vous comprendrez que là, cela s’adresse aux acteurs de première ligne en matière de passation des marchés publics. Enfin, vous avez le quatrième pilier qui aborde la transparence, les questions d’intégrité et de bonne gouvernance. C’est l’ensemble de ces éléments qui a été passé au crible et analysé pour en déceler les faiblesses. Au regard de ce diagnostic, des recommandations ont été formulées. Elles découleront sans doute sur des réformes déjà proposées et qui seront mises en œuvre dans l’intérêt de toute la Guinée », a détaillé Mamadou Baldé, inspecteur général adjoint des finances.

Cap sur la mise en œuvre des recommandations
Satisfait de la tenue de cet atelier et de l’appui important de la Banque mondiale, le directeur général de l’ARMP (Autorité de régulation des marchés publics) a exprimé son sentiment de réussite.

« C’est une grande satisfaction. Je tiens à remercier la Banque mondiale pour tous les efforts consentis pour en arriver là. Malgré la faible mobilisation des intrants qui ont servi au déroulement de cet exercice, l’équipe est tout de même parvenue à cette étape cruciale aujourd’hui. Nous allons tout mettre en œuvre pour assurer un suivi rigoureux de l’application de ces recommandations. C’est pour cela que nous avons proposé la mise sur pied d’un comité national composé d’experts nationaux, ainsi qu’un calendrier clair et précis pour élaborer rapidement le plan d’action. La prochaine étape, au niveau de notre direction, sera la mise en œuvre effective des recommandations issues de cet atelier », a rassuré Lamine Minos Camara, directeur général de l’ARMP.

Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 juin 2026 07:46
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