Amadou Oury Bah : « Chaque ministre devra rendre compte… »

CONAKRY – Pour sa première grande interview depuis sa nomination en tant que chef du Gouvernement de la Ve République, Amadou Oury Bah a affiché une détermination sans faille. Face à un pool de journalistes ce jeudi 14 mai 2026, le Premier ministre a détaillé sa méthode : une gouvernance articulée autour de la culture du résultat, de la coordination interministérielle et de la mise en œuvre accélérée du programme national de développement Simandou 2040.

D’entrée de jeu, le chef du Gouvernement a clarifié son rôle de “chef d’orchestre”. Pour lui, la dispersion des efforts n’est plus de mise. « En tant que chef du gouvernement, j’ai l’obligation d’assurer une cohérence par rapport à la mise en œuvre de beaucoup d’aspects de la politique publique qui est segmentée dans différents ministères sectoriels », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que son action vise à « assurer la coordination de cet ensemble pour que ça se fasse de manière concertée, de manière cohérente pour donner des résultats. »

Exigence de résultats tangibles

Le Premier ministre a martelé que l’époque des effets d’annonce est révolue. L’action gouvernementale est désormais balisée par des instruments de mesure précis : la Déclaration de Politique Générale (DPG), les lettres de mission et les contrats de performance.

« Ces résultats doivent être mesurables pour qu’on sache si ce que nous sommes en train de faire va dans le bon sens ou s’il y a des contraintes, des blocages », a-t-il précisé avant d’ajouter avec fermeté : « C’est cela qui fait que nous sommes dans une logique de la recherche de culture de résultats et non pas de faire semblant de s’agiter. Non, le gouvernement est un gouvernement responsable. La Ve République est une république d’exigence, de résultats, de redevabilité conformément au vœu du Président de la République. »

Simandou 2040, boussole de l’action publique

Interrogé sur les orientations données aux ministres, Amadou Oury Bah a rappelé que tout part de la vision présidentielle, désormais gravée dans le marbre législatif via le programme Simandou 2040. Ce projet colossal n’est pas seulement minier, il est le socle de la loi-programme 2026-2030 qui définit l’action immédiate du pays.

« La déclaration de politique générale du Premier ministre découle de la vision du Président de la République qui se concentre dans la période historique que nous sommes en train de vivre à travers le programme Simandou 2040 », a expliqué le locataire de la Primature. Pour garantir le succès de ce plan, une unité spéciale, la « Delivery Unit », veille au grain : « Cette unité a pour rôle de veiller au pilotage pour s’assurer que tous les chantiers majeurs, structurants […] se déroulent conformément au calendrier, conformément aux objectifs assignés. »

Une redevabilité « en cascade » et des sanctions possibles

Le Premier ministre ne veut pas être le seul à porter le fardeau de la performance. Il exige que les cabinets ministériels et les administrations locales s’approprient cette dynamique. « Une seule personne ne peut pas réussir, c’est une équipe qui réussit », a-t-il rappelé.

Concernant les ministres qui ne rempliraient pas leurs objectifs, le Premier ministre s’est montré très clair sur le rôle d’arbitre du Chef de l’État : « Le Président de la République a déjà instruit à l’ensemble des membres du gouvernement qu’ils ont à lancer les chantiers qui sont inscrits dans la première phase du programme Simandou 2040 […]. Il jugera, à la fin des élections, si oui ou non il y a eu des résultats probants, et chaque ministre devra rendre compte de sa gestion et de son action à ce moment-là. »

Il a prévenu que les conséquences seront tirées sans complaisance : « Ceux qui s’inscrivent dans cette action auront les remerciements, les félicitations, les encouragements nécessaires […]. Ceux pour lesquels il y a des contrats majeurs qui font que les résultats ne sont pas au rendez-vous, le Président de la République, bien entendu, prendra ses dispositions. »

Le Premier ministre a également abordé de front les maux qui gangrènent l’administration guinéenne : la lenteur bureaucratique et la corruption passive. Il a pointé du doigt la « faible capacité d’absorption » des projets et les retards suspects dans le traitement des dossiers.

Une Primature « active » pour une gouvernance globale

Amadou Oury Bah annonce une transformation interne de ses propres services. Les conseillers de la Primature ne doivent plus être des spectateurs, mais des acteurs de la surveillance des projets nationaux.

« Le conseiller du premier ministre n’est plus un conseiller passif, c’est un conseiller actif qui doit assumer une totale responsabilité pour permettre d’alerter le premier ministre sur tous les projets qu’ils ont en charge pour faire en sorte que la performance publique soit supérieure », a-t-il martelé, réaffirmant sa volonté de porter les ambitions du Président avec une rigueur absolue.

Nous y reviendrons!

Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 14 mai 2026 16:40

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