Performance des projets en Guinée : « Chaque dollar non décaissé est une école non construite », alerte la Banque Mondiale

CONAKRY- À l’occasion de l’ouverture de la revue annuelle de performance du portefeuille actif des projets financés par les partenaires techniques et financiers (PTF), Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque Mondiale en Guinée, a tenu un discours de vérité. Entre urgence sociale et ambition économique liée à Simandou, il appelle à transformer les chiffres en impacts tangibles pour les populations.

Pour Issa Diaw, la performance ne doit plus être une simple affaire de statistiques budgétaires, mais une question de responsabilité face aux besoins des Guinéens. Il a notamment illustré son propos par l’impact direct du retard des projets sur l’éducation des jeunes filles.

« Le cadre de résultats de chaque projet devrait être notre boussole. On parle souvent de décaissement ; c’est un indicateur technique, mais ça reflète quand même une réalité. Chaque dollar non décaissé, c’est une école non construite, c’est un service de santé retardé, c’est une opportunité économique qui ne se réalise pas. Et ça, c’est notre responsabilité. L’année dernière, j’avais fait allusion à la petite fille qui a échoué deux fois au bac parce que l’eau n’arrivait pas dans sa concession. Alors aujourd’hui, on a encore des petites filles qui font la corvée d’eau à 4h-5h du matin et qui n’arrivent pas à être performantes à l’école. Et pourtant, on a des ressources pour régler ce problème. Donc c’est là qu’on doit mesurer notre responsabilité », a martelé M. Diaw.

La nécessité d’un changement d’échelle

Pour le représentant résident du Groupe de la Banque Mondiale, la Guinée se trouve à un tournant historique avec le projet Simandou. Selon lui, les structures actuelles de gestion de projets doivent évoluer pour absorber les financements colossaux qui s’annoncent.

« Il y a quand même une manne financière qui est là et qui demande à être mise en œuvre très rapidement (…). On a besoin d’aller à une autre échelle. Il faut qu’on regarde un peu aussi comment on met en œuvre les projets. La multiplication des PIU [Unités de Gestion de Projets] pose question. Je parlais tout de suite des 5 milliards de dollars. Pour la première vague de Simandou il va à 50 milliards de dollars. Donc il va falloir qu’on ait des structures beaucoup plus solides pour non seulement élaborer les projets, mais les mettre en œuvre de manière beaucoup plus efficace. C’est une réflexion qu’il faut avoir en parallèle pour accompagner le décollage économique », a préconisé le haut fonctionnaire.

Une feuille de route pour des impacts tangibles

Au-delà du constat, Issa Diaw a réitéré le soutien des partenaires financiers, tout en insistant sur le fait que la réussite dépendra de la rigueur dans l’exécution des recommandations issues de cette revue annuelle.

« Les engagements pris et les recommandations formulées constituent, pour nous, une feuille de route commune dont la mise en œuvre rigoureuse conditionnera l’amélioration de la performance du portefeuille et notre capacité collective à transformer ces ressources en impacts tangibles, en emplois, en services, en opportunités concrètes pour les populations guinéennes. Je peux vous assurer que tous les partenaires financiers restent pleinement engagés aux côtés de la Guinée avec toute la réactivité et le soutien technique nécessaire pour faire avancer l’agenda et la vision du gouvernement », a-t-il promis.

Vers une mesure réelle de la performance?

La Banque Mondiale propose d’axer la gestion sur les résultats physiques annuels plutôt que sur les seules prévisions. Issa Diaw a d’ailleurs rappelé que son institution est prête à financer le renforcement des capacités techniques nécessaires pour que chaque projet remplisse ses promesses envers les citoyens.

Nous y reviendrons!

Africaguinee.com

Créé le 7 mai 2026 13:06

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