Guinée: La position du parti de Kouyaté face aux nouvelles exigences du MATD

CONAKRY – En Guinée, les formations politiques “non dissous” doivent répondre à des critères stricts dictés par la nouvelle loi organique votée en novembre dernier par le CNT, sous peine de dissolution. L’ultimatum fixé est de trois mois.

Alors que l’échéance approche, le Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), dirigé par l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, exprime des inquiétudes face à ces nouvelles exigences de mise en conformité imposées  par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).  Pour le PEDN, le délai de 90 jours accordé par le département de tutelle est court.

Un manque de vulgarisation pointé du doigt

Interrogé ce mardi 17 mars 2026 par Africaguinee.com, le porte-parole du PEDN, a dénoncé le mode opératoire du MATD, regrettant que le contenu de la loi n’ait pas été partagé avec les acteurs concernés avant l’annonce de l’ultimatum.

« Par rapport à cette nouvelle loi, nous avons vu qu’il y a de la précipitation la concernant parce que c’était une loi qui aurait été adoptée en novembre dernier. Et maintenant, le mois passé, le MATD a fait un communiqué invitant tous les partis politiques à se conformer aux dispositions de cette loi au plus tard, le 25 mai prochain. Ce que nous avons trouvé trop juste. Parce que la loi n’a pas été assez vulgarisée pour que les partis politiques qui ont été déclarés dans les normes lors de l’évaluation dernière. En tout cas le PEDN n’a pas pris connaissance du contenu de cette loi jusqu’au moment où le MATD a passé son communiqué », a martelé Ousmane Kankou Kaba.

Ousmane Kankou Kaba

Le spectre de l’exclusion politique

Au-delà des contraintes logistiques pour organiser les congrès ou prouver un ancrage dans les 33 préfectures, le parti de Lansana Kouyaté formule une demande au MATD.

« Pour une question d’inclusivité, le PEDN demande au MATD de permettre aux partis politiques de prendre mieux connaissance du contenu de cette loi et également pour qu’ils puissent se conformer à ces dispositions. Mais à cette allure, si on veut imposer cela, ça veut dire qu’on opte pour l’exclusion et ce qui serait très déplorable. Et on donne un délai de trois mois pour ça. Maintenant, aller jusqu’à menacer de dissolution, c’est trop », déplore ce cadre du parti.

Une loi jugée « taillée sur mesure »

Pour le PEDN, le fait de soumettre à nouveau des partis déjà validés l’an dernier à une procédure identique interroge sur les intentions réelles du ministère.

« L’année dernière, il y a eu une évaluation des partis politiques. Et normalement, tout parti politique qui a été déclaré conforme et autorisé à mener ses activités ne devrait pas avoir de problème, parce que c’est le MATD qui a procédé à cette évaluation et c’est le même MATD qui parle de cette nouvelle loi. Donc à moins d’un an, on ne peut pas procéder à deux évaluations différentes, à notre avis. À lire le contenu de cette loi, c’est comme si elle était taillée sur mesure », analyse Ousmane Kankou Kaba.

A suivre !

Dansa Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 17 mars 2026 18:44

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,

TOTAL

YELLOWBET

UBA

LONAGUI

SONOCO

AGB2G

CBG

smb-2

Consortium SMB-Winning

Annonces

Recommandé pour vous

Annonces