8 mars : A la rencontre de Binta Barry, une femme qui casse les codes du carrelage
MAMOU– Binta Barry est diplômée en carrelage au Centre de Formation Professionnelle de Mamou. Mariée et mère de plusieurs enfants, elle est la seule femme au sein de l’équipe dans laquelle elle évolue.
En marge de la journée mondiale des droits des femmes, notre correspondant régional est allé à la rencontre de cette dame qui a avait pour ambition de devenir carreleuse depuis son enfance. Elle n’a donc jamais manqué de courage, de détermination et de motivation pour embrasser ce métier.

« J’ai appris ce métier ici, à Mamou. J’étais étudiante au CFP lorsque j’ai rencontré mon maître. Comme j’aimais ce métier, je lui ai parlé et il a accepté que j’intègre son groupe. Aujourd’hui, je suis mariée et mère de plusieurs enfants. J’ai acquis une grande maîtrise du métier.

Les gens m’encouragent beaucoup à persévérer et à me perfectionner. J’aime ce que je fais. Actuellement, j’ai besoin de matériel. Je peux poser des carreaux facilement et je le fais avec fierté. C’est un métier que j’admire depuis toujours. Je ressentais un grand plaisir en voyant les autres le pratiquer.
J’ai obtenu mon diplôme au Centre de Formation Professionnelle de Mamou. Au départ, nous étions plus de cinq femmes apprenties dans l’équipe, mais les autres ont abandonné à cause des moqueries. Par honte, elles ont renoncé, mais moi, je suis restée. J’exerce ce métier par conviction. Je suis carreleuse à vie.
Je viens parfois de Tamagaly pour travailler ici. Je fais beaucoup de sacrifices, mais je compte sur vous pour me soutenir », explique Fatoumata Binta Barry.
Son maître, Abdoulaye Diallo, loue son courage, une qualité qu’il juge rare de nos jours.

« Nous nous sommes rencontrés au CFP. Elles étaient plusieurs à faire un stage avec moi, mais les autres ont abandonné. Binta, elle, est revenue avec des colas pour me montrer sa détermination. Depuis, elle est là, et tout se passe très bien.
Elle fait souvent de longs trajets, notamment depuis Tamagaly, pour venir travailler. Quand j’ai des contrats, je l’appelle et elle répond toujours présente.

Elle aime ce métier. J’ai pris soin de lui demander si son mari était d’accord, et elle m’a assuré que oui. Elle apprend vite. Bientôt, elle aura la maîtrise de tous les aspects du métier. Elle est avec nous chaque jour jusqu’à 16h, mais parfois, je la libère plus tôt, même si elle n’aime pas cela », témoigne maître Diallo.
Habib Samaké
Pour Africaguinee.com
Créé le 8 mars 2025 13:06









