22ème concours d’agrégation du CAMES : Le Pr. Mohamed Cissé dit tout…
CONAKRY- Pays membre fondateur du CAMES en 1968, la République de Guinée va abriter pour la première fois le 22ème concours d’agrégation de médecine humaine, pharmacie, odontostomatologie, médecine vétérinaire et production animale, les 14 et 15 novembre prochains à Conakry. Sur 19 pays membres, 13 présentent des candidats soit 366 postulants répartis en 34 sous-sections qui seront évalués par un jury composé de 173 membres. La Guinée, hôte, sera le pays le plus représenté à cette évaluation avec 22 candidats dont 21 pour la faculté des sciences et techniques de santé de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et 1 pour l’Institut des Sciences Vétérinaires de Dalaba. Pour parler de ce grand rendez-vous scientifique, Africaguinee.com est allé à la rencontre de Professeur Mohamed Cissé, enseignant-chercheur émérite, Doyen de la faculté des sciences et techniques de la santé, membre du comité d’organisation de 22ème concours d’agrégation de médecine humaine, pharmacie, odontostomatologie, médecine vétérinaire et production animale du CAMES.
AFRICAGUINEE.COM : La Guinée va abriter les 14 et 15 novembre prochains le 22ème concours d’agrégation de médecine humaine, pharmacie, odontostomatologie, médecine vétérinaire et production animale organisé par le CAMES. Parlez-nous-en !
Pr MOHAMED CISSÉ : Le CAMES a été créé en 1968 et la Guinée fait partie des pays fondateurs. Chaque année paire, il organise un concours d’agrégation pour les médecins, pharmaciens et odontostomatologie et les années impaires un concours pour les sciences juridiques politiques, économiques et gestions. Le 22ème concours d’agrégation va donc avoir lieu en Guinée cette année et c’est la première fois que notre pays l’organise en médecine humaine, pharmacie, odontostomatologie, médecine vétérinaire et production animale.
Je voudrais rappeler que la Guinée est membre fondateur et la première fois qu’un guinéen ait participé à un concours d’agrégation c’était en 1986. Il s’agissait de Pr Charles Diané qui vivait à l’époque au Gabon mais qui s’était présenté au compte de la Guinée. La 2ème c’était en 1990. C’était le Pr Mamadou Saliou Diallo, ancien Ministre de la santé et ancien Maire de la Commune de Ratoma. Il a été donc le premier guinéen de l’intérieur à être agrégé du CAMES. Après ceux-là, il y a eu beaucoup qui l’ont été.
Je voudrais rappeler que cette année (2024), la Guinée présente son plus grand contingent parce qu’elle a 22 candidats répartis comme suit : 21 pour la Faculté des Sciences et Techniques de la Santé de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et 1 de l’Institut des Sciences Vétérinaire de Dalaba. Le CAMES compte 19 pays membres et pour cette édition 2024, 13 pays présentent des candidats. Nous avons 366 candidats répartis en 34 sous-sections ou jurys et nous avons 173 membres de jury qui vont évaluer ces différents candidats.
Le CAMES a décidé cette année, depuis qu’on a commencé la dématérialisation du concours d’organiser la première épreuve en distanciel et cette première épreuve qui avait démarré le 12 octobre dernier a pris fin ce vendredi 25 octobre 2024. Le sujet portait sur ce qu’on appelle ‘’l’épreuve des titres et travaux’’. Tous les candidats qui ont réussi à cette première épreuve ont la possibilité de passer à la 2ème épreuve qui va se dérouler du 4 au 12 novembre 2024. Celle-ci est une épreuve de leçon parce qu’il s’agit d’évaluer les enseignants chercheurs, pour voir et connaitre leur capacité de transmettre le savoir, le savoir-faire et le savoir être à des apprenants en respectant les règles de la pédagogie.
La troisième et dernière épreuve porte sur la pratique. Pour les médecins, il s’agit de leur donner par exemple un malade à examiner, à poser un diagnostic et de proposer un traitement et venir présenter cela devant le jury qui à son tour évalue. En ce qui concerne les biologistes et ceux qui sont dans les laboratoires, on va par exemple leur demander de faire un examen en suivant les différentes étapes pour voir si les étapes sont respectées pour pouvoir donner un résultat correct et validé. Voilà comment les choses vont se dérouler pendant ces jours-ci.
Le 10 octobre dernier, le Secrétaire Général du CAMES était là, nous avons fait le lancement académique du concours pour nous permettre de faire la première épreuve. Donc il y aura un lancement politique et administratif qui va avoir lieu le 4 novembre au Palais du Peuple le matin et les épreuves vont démarrer à partir de midi.
Quels sont les objectifs du CAMES ?
Le CAMES, c’est le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur qui regroupe 19 pays francophones et lusophones (Guinée Bissau) et anglophone (Rwanda). Il permet à ses pays membres d’avoir des enseignants de rang A de qualité pour pouvoir donner un savoir de qualité à leurs apprenants dans leurs Institutions d’enseignement supérieur. Au-delà du concours d’agrégation, il y a aussi ce qu’on appelle les CCI, c’est le Comité Consultatif Interafricain qui est organisé aussi chaque année et qui permet aux différents enseignants d’obtenir des grades académiques parce que chaque pays a la possibilité de recruter ses enseignants qui deviennent des assistants en tenant compte des règles et à partir de ces grades les gens doivent postuler au niveau du CAMES pour devenir Maitre-assistant, Maitre de conférence donc c’est le concours d’agrégation pour devenir après Professeur titulaire, ça c’est pour les enseignants chercheurs.
Pour les Chercheurs, les pays recrutent donc les attachés de recherche qui postulent au niveau du CAMES pour devenir des Chargés de recherches après ils deviennent des Maitres de recherches et ensuite des Directeurs de recherches.
Au-delà du concours de médecine, il y a le concours pour les sciences juridiques, les sciences politiques, économiques et de gestion. Le concours pour la médecine ce sont les années paires comme 2024 et le concours pour les sciences juridiques, politiques, économiques et gestion ce sont les années impaires. Donc en 2021 il y a eu concours dans les sciences juridiques, politiques, économiques et gestion et en 2025 aussi il y aura un concours pour eux. Donc ce sont ces deux groupes qui font le concours. Les autres enseignants, leur évaluation se fait sur la base des dossiers au niveau des CCI (Comité Consultatif Interafricain), par exemple quelqu’un qui fait français, géographie, histoire, lui il ne fait pas un concours mais il dépose un dossier en tenant compte d’un certain nombre des critères et il est évalué pour devenir par exemple Maitre-assistant ou Maitre de conférences ou pour devenir Professeur.
Quels sont les pays attendus à ce 22ème concours d’agrégation ?
Il y a le Benin à travers deux universités : l’université d’Abomey Calavi de Cotonou et l’université de Parakou. Il y a le Burkina Faso à travers trois universités : l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, l’université Yayi Boni de Bobo-Dioulasso et l’Université Wiay Biïa qui présente des candidats. Ensuite vous avez le Congo, le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée à travers l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le Mali, le Niger, le Togo, le Sénégal et le Tchad.
Parlant spécifiquement de la Guinée, quelle est la plus-value qu’elle pourrait obtenir en abritant un tel concours à dimension internationale ?
D’ailleurs, nous avons beaucoup retardé. J’ai dit tout à l’heure que la Guinée fait partie des pays membres fondateurs du CAMES mais c’est la première fois qu’elle organise le concours. Or, le premier concours a eu lieu en 1982. Donc premièrement, cela permet de réunir l’intelligentsia africaine en matière des sciences de la santé. Imaginez 366 candidats vont découvrir notre pays, découvrir nos infrastructures, voir comment nous travaillons dans nos universités, parce que vous savez, nous avons l’habitude de penser que c’est ce qui se passe ailleurs qui est bon, donc c’est l’occasion de montrer qu’il y a quelque chose de bon en Guinée. Cela va nous permettre de montrer que nous avons aussi la capacité d’offrir des soins de qualité à nos populations. Cela permet aussi à nos collègues qui sont en train de suivre le chemin du CAMES qu’il est temps maintenant que tout le monde s’investisse. Le concours d’agrégation c’est comme la Coupe d’Afrique des Nations. Par exemple le 12 ce sera la cérémonie de clôture et on va donner les classements par pays, par université et je souhaite que la Guinée et l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry soient les premiers.
Un dernier mot ?
Je demande à nos collègues enseignants de se mobiliser tous, ils vont recevoir des lettres d’invitation. Je précise que l’épreuve de leçon est la seule publique. Elle consiste à tirer dans le programme d’enseignement du candidat une leçon qu’il va préparer pendant 5h du temps et qu’il va venir présenter devant le jury pendant 45 minutes. Cette épreuve est publique parce qu’il s’agit d’évaluer des enseignants. Donc il faudrait à cette occasion qu’on sache est-ce que ce monsieur qui a l’habitude d’enseigner depuis plusieurs années sait enseigner, est-ce qu’il respecte les règles pédagogiques ? Donc le jury aura la latitude d’évaluer cela. Donc cette épreuve, tout le monde a le droit d’assister et c’est la seule épreuve publique. Donc nos collègues peuvent venir assister pour leur permettre de mieux comprendre comment les choses se passent.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 octobre 2024 11:01Nous vous proposons aussi
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